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Maroc : La question des engrais, un enjeu de santé publique et économique majeur, prend une tournure alarmante au Maroc. Des experts agricoles issus du syndicat national des petits paysans et exploitants forestiers tirent la sonnette d’alarme, dénonçant la présence de substances cancérigènes dans certains engrais commercialisés sur le territoire national. Ces produits, loin d’apporter les nutriments nécessaires aux cultures, représenteraient une menace sérieuse tant pour l’environnement que pour la santé des Marocains, impactant directement la vie de près de 99% d’entre eux, dont la subsistance est étroitement liée au secteur agricole.
La menace insidieuse des engrais cancérigènes au Maroc
« Permettre l’importation de ces produits est un crime vis-à-vis du peuple marocain… Les opérateurs de ce secteur accordent un grand intérêt aux gains par n’importe quel moyen, sans se soucier de l’intérêt des Marocains », affirme Tahar Ounsi, président du syndicat, dans des propos rapportés par Bladi.net. Cette déclaration résonne avec la gravité de la situation. La commercialisation d’engrais contenant des éléments cancérigènes n’est pas considérée comme un simple manquement aux normes, mais comme un acte criminel délibéré visant à fragiliser l’écosystème marocain et à saper l’économie agricole nationale. Le constat a été corroboré par des experts marocains, dont un ancien cadre de la Société Nationale de Commercialisation de Semences (SONACOS). Selon leurs analyses, tous les engrais utilisés au Maroc contiendraient potentiellement des produits cancérigènes, mais les engrais importés présenteraient un danger accru, comme l’explique Abderrahim El Agzi, l’un des dirigeants du syndicat.
Cette situation soulève des interrogations quant aux mécanismes de contrôle et d’importation des intrants agricoles. Le marché mondial des engrais est soumis à des pressions considérables, entre la recherche de coûts de production bas et la demande croissante des marchés internationaux. Pour des pays comme le Maroc, l’importation d’engrais représente une solution souvent plus accessible en termes de coût que la production locale, mais elle expose le pays aux dérives des marchés mondiaux, où les normes de qualité et de sécurité peuvent être contournées. La dépendance vis-à-vis des importations rend le Maroc particulièrement vulnérable aux produits de moindre qualité, potentiellement plus dangereux pour la santé des citoyens et la pérennité de son agriculture.
Le syndicat a lancé un appel urgent aux ministères de la Santé, de l’Agriculture, ainsi qu’à l’association nationale de protection du consommateur. L’objectif est de déclencher une analyse approfondie de ces engrais et d’évaluer l’étendue de cette catastrophe sanitaire et économique. Il est impératif de comprendre la composition exacte de ces produits et leur impact sur la santé des consommateurs finaux, ainsi que sur la fertilité des sols marocains.
Les défis agronomiques et économiques du secteur agricole marocain
Le secteur agricole marocain est confronté à des défis de taille, exacerbés par le changement climatique et les fluctuations des marchés mondiaux. Le stress hydrique est une préoccupation constante, nécessitant des pratiques culturales économes en eau et l’utilisation d’intrants adaptés. Parallèlement, le coût des intrants agricoles, y compris les engrais, a connu une augmentation significative ces dernières années. Cette hausse du « coût prix » des engrais, souvent due à des facteurs internationaux tels que le prix des matières premières et l’énergie, met une pression énorme sur les agriculteurs marocains. Ils se retrouvent face à un dilemme : absorber ces coûts, ce qui réduit drastiquement leurs marges bénéficiaires, ou chercher des alternatives moins chères, qui peuvent malheureusement s’avérer moins sûres ou moins efficaces.
La dynamique entre le « coût prix » et le « prix de vente » est particulièrement tendue. Les agriculteurs doivent vendre leurs récoltes à des prix qui leur permettent de couvrir leurs charges et de réaliser un profit raisonnable, tout en restant compétitifs sur le marché. Lorsque le coût des intrants explose, le prix de vente doit logiquement suivre. Cependant, les marchés de gros et les circuits de distribution ne répercutent pas toujours ces augmentations de manière équitable, laissant les producteurs avec des bénéfices érodés, voire des pertes. Dans ce contexte, la tentation d’opter pour des engrais moins coûteux, même s’ils sont potentiellement plus dangereux, devient une option attrayante pour certains exploitants désespérés de maintenir leur activité.
Les alternatives pour les producteurs au Maroc
Face à cette situation préoccupante, le développement d’une agriculture biologique au Maroc apparaît comme une voie d’avenir prometteuse. « Si les Marocains défavorisés sont affectés par ces produits, ce serait catastrophique », souligne Abderrahim El Agzi, rappelant le cas d’une ouvrière agricole atteinte d’une grave affection, dont le parcours de soins, même avec une couverture comme le RAMED, est marqué par de longs délais d’attente pour obtenir un rendez-vous médical.
L’agriculture biologique, en excluant l’usage d’intrants chimiques de synthèse potentiellement nocifs, offre une solution durable pour la santé humaine et environnementale. Le Maroc dispose des ressources naturelles et du potentiel pour développer significativement cette filière. Cela implique un soutien accru aux agriculteurs désirant opérer cette transition, notamment par des formations, des subventions pour l’achat d’intrants biologiques certifiés et un accompagnement technique. Il est également crucial de renforcer la traçabilité et le contrôle des produits agricoles, qu’ils soient destinés à la consommation intérieure ou à l’exportation, afin de garantir la sécurité alimentaire des citoyens marocains.
Cette transition vers des pratiques agricoles plus saines et durables est en phase avec les objectifs de développement durable fixés par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. Le renforcement des capacités locales, l’innovation technologique et la sensibilisation des consommateurs joueront un rôle clé dans le succès de cette démarche. HortiTecNews suit de près ces évolutions.
FAQ sur la crise actuelle des engrais au Maroc
Quels sont les risques pour la santé liés à l’utilisation de ces engrais ?
Les risques principaux sont liés à la présence de substances cancérigènes, qui peuvent contaminer les cultures, les sols, les eaux et, par conséquent, les aliments consommés par les Marocains. À long terme, cela peut entraîner une augmentation des maladies chroniques, notamment des cancers.
Pourquoi le prix des engrais est-il si élevé ?
L’augmentation des prix est généralement due à des facteurs mondiaux tels que le coût des matières premières (gaz naturel, phosphate, potasse), le prix de l’énergie nécessaire à leur production et à leur transport, ainsi que la demande internationale croissante.
Que font les autorités marocaines face à ce problème ?
Suite aux alertes des syndicats et experts, les ministères concernés ont été sollicités pour mener des analyses et évaluer l’ampleur du problème. Il est essentiel que des mesures réglementaires soient prises pour interdire l’importation et la commercialisation des engrais dangereux, et renforcer les contrôles.
Quelles sont les alternatives aux engrais chimiques pour les agriculteurs au Maroc ?
Les principales alternatives incluent le compostage, les engrais verts, les biofertilisants, la rotation des cultures, et l’adoption de pratiques d’agriculture biologique. Le développement de l’agriculture biologique au Maroc est fortement encouragé.
Comment les consommateurs peuvent-ils se protéger ?
Privilégier les produits issus de l’agriculture biologique et locale, se renseigner sur l’origine des produits, et soutenir les initiatives visant à une agriculture plus saine sont des gestes importants pour les consommateurs. Le secteur agricole est vital pour le Maroc, et sa durabilité passe par une vigilance collective.
Source : bladi.net




