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tomates : Le Maroc a considérablement renforcé sa position sur le marché de l’Union Européenne au cours de la dernière décennie, doublant pratiquement ses exportations. Cette performance remarquable souligne l’importance croissante des tomates marocaines dans le panier de consommation européen. Les chiffres issus d’Euroestacom (ICEX-Eurostat) révèlent une augmentation spectaculaire, passant de 355,42 millions de kilos lors de la campagne 2005-2006 à 608,73 millions de kilos pour la campagne la plus récente. Cette croissance témoigne d’une stratégie agricole et commerciale efficace de la part du Royaume, capable de répondre à la demande croissante de l’UE.
L’évolution du marché européen des tomates
Ces dernières années, le paysage des fournisseurs de tomates pour l’Union Européenne a connu des changements significatifs. Si l’Espagne a longtemps détenu la première place, elle a dû céder son leadership au profit des Pays-Bas au cours des deux dernières campagnes. Ensemble, ces deux nations représentent près de 60% (57,84%) du volume total de tomates importées par l’UE. La campagne la plus récente (août 2014 à mai 2015) illustre cette tendance avec un volume total de 4249,53 millions de kilos de tomates achetées par l’UE. Les Pays-Bas se sont positionnés en tête avec 1242,33 millions de kilos, suivis de près par l’Espagne avec 1215,8 millions de kilos. Le Maroc se classe en troisième position avec ses 608,73 millions de kilos, démontrant ainsi sa capacité à concurrencer les acteurs historiques. La France (299,85 millions de kilos) et la Belgique (206,99 millions de kilos) complètent le top cinq des fournisseurs.
Au sein de l’Espagne, la région d’Almería s’affirme comme le pilier de l’exportation de tomates. Elle a écoulé 506,25 millions de kilos sur le marché européen lors de la dernière campagne, représentant à elle seule 41,64% des exportations espagnoles. Murcia suit avec 115,68 millions de kilos (9,51%), suivie par Grenade (68,45 millions de kilos, 5,63%), Las Palmas (52,86 millions de kilos, 4,34%) et Valence (45,88 millions de kilos, 3,77%). Ces chiffres soulignent la concentration géographique de la production et de l’exportation de tomates en Espagne, avec une prédominance marquée de certaines régions.
Pression globale et défis agronomiques pour les tomates
Le marché mondial des tomates est soumis à une pression constante. La demande des consommateurs, notamment en Europe, reste forte, mais elle se heurte à une série de défis qui impactent directement les coûts de production et, par conséquent, les prix de vente. Les changements climatiques exacerbent les difficultés pour les producteurs de tomates. Les périodes de sécheresse plus longues et plus intenses entraînent un stress hydrique accru, nécessitant des stratégies d’irrigation plus efficaces et coûteuses. Parallèlement, l’augmentation des coûts des intrants agricoles – engrais, énergie pour le chauffage des serres, main-d’œuvre – pèse lourdement sur la rentabilité. Les producteurs sont donc contraints de trouver des solutions pour optimiser leurs rendements et réduire leurs dépenses, tout en maintenant une qualité de produit irréprochable. L’innovation agronomique et l’adoption de nouvelles techniques de culture, comme l’agriculture de précision ou le développement de variétés plus résistantes, deviennent essentielles pour naviguer dans cet environnement complexe. La gestion de l’eau est un enjeu crucial, particulièrement dans les régions où la ressource est limitée. Les producteurs doivent investir dans des systèmes d’irrigation goutte à goutte, la récupération des eaux de pluie, et le recyclage des eaux usées, des mesures qui ont un coût initial non négligeable.
Analyse économique : Coût de production versus prix de vente des tomates
La dynamique entre le coût de production et le prix de vente est au cœur des préoccupations des producteurs de tomates. Le coût de production englobe une multitude de dépenses : l’achat des semences ou des plants, les engrais, les produits phytosanitaires, l’eau, l’énergie (gaz, électricité), la main-d’œuvre pour le semis, la plantation, le palissage, la taille, la récolte et le conditionnement, ainsi que les frais de transport et de commercialisation. À cela s’ajoutent les amortissements des infrastructures (serres, systèmes d’irrigation, chambres froides) et les coûts administratifs. La volatilité des prix de l’énergie et des matières premières peut faire fluctuer ce coût de production de manière significative d’une saison à l’autre. Le prix de vente, quant à lui, est déterminé par l’offre et la demande sur les marchés, la qualité des tomates, leur calibre, leur origine, et bien sûr, la saisonnalité. Les accords commerciaux, les quotas d’importation et la concurrence entre les différents pays producteurs jouent également un rôle déterminant. Lorsque le coût de production dépasse le prix de vente moyen, les marges des producteurs se réduisent, voire deviennent négatives, menant à des situations économiques difficiles. C’est dans ce contexte que l’efficacité des processus de production, l’optimisation des intrants, et la négociation de prix de vente plus justes deviennent primordiales pour assurer la pérennité des exploitations.
Les alternatives pour les producteurs
Face aux défis économiques et agronomiques, les producteurs de tomates explorent diverses stratégies pour améliorer leur rentabilité. L’optimisation des coûts passe par une gestion rigoureuse des intrants, l’utilisation d’énergies renouvelables pour le chauffage des serres, et l’amélioration de l’efficacité de la main-d’œuvre grâce à la mécanisation lorsque cela est possible. Le développement de circuits de commercialisation plus courts, comme la vente directe ou les groupements de producteurs, peut permettre de capter une plus grande part de la valeur ajoutée. La diversification vers d’autres cultures ou produits agricoles peut également offrir une sécurité financière accrue. L’investissement dans la recherche et le développement pour adopter des variétés de tomates plus résistantes aux maladies et aux stress environnementaux, ou des techniques de culture plus économes en ressources, est également une voie d’avenir. Pour les producteurs, il est essentiel de se tenir informés des évolutions du marché et des nouvelles technologies. La collaboration avec des instituts de recherche et le partage d’expériences au sein de HortiTecNews sont précieux.
Le rôle des organisations internationales
Des organisations comme l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) jouent un rôle crucial dans le soutien aux producteurs agricoles à travers le monde. Elles fournissent une expertise technique, promeuvent des pratiques agricoles durables, et facilitent l’accès aux marchés pour les produits agricoles, y compris les tomates. Ces organisations contribuent à la diffusion des connaissances sur les nouvelles technologies, la gestion des ressources naturelles, et l’adaptation aux changements climatiques, aidant ainsi les pays producteurs à améliorer leur compétitivité et leur résilience. Elles jouent un rôle de conseiller auprès des gouvernements et des acteurs du secteur pour élaborer des politiques agricoles favorables au développement.
FAQ sur la crise actuelle des tomates
Pourquoi le prix de la tomate augmente-t-il ?
Plusieurs facteurs expliquent la hausse du prix de la tomate : l’augmentation des coûts de production (énergie, engrais, main-d’œuvre), les aléas climatiques affectant les rendements, la demande soutenue des consommateurs, et la pression concurrentielle sur les marchés internationaux. La gestion de l’eau est également un coût croissant pour les producteurs.
Quel est le rôle du Maroc dans l’approvisionnement européen en tomates ?
Le Maroc est devenu un fournisseur majeur de tomates pour l’Union Européenne, augmentant significativement ses exportations au cours de la dernière décennie et se positionnant comme le troisième plus grand exportateur vers l’UE.
Quels sont les principaux défis pour les producteurs de tomates aujourd’hui ?
Les producteurs font face à des défis tels que le stress hydrique dû au changement climatique, l’augmentation des coûts des intrants agricoles, la nécessité d’innover pour améliorer les rendements et la qualité, et la volatilité des prix sur les marchés.
Comment les producteurs peuvent-ils améliorer leur rentabilité ?
Ils peuvent optimiser leurs coûts de production, diversifier leurs productions, développer des circuits de commercialisation plus directs, investir dans des technologies durables et des variétés plus résistantes, et se tenir informés des évolutions du marché.




