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loi sur l’eau : Le Maroc vient de franchir une étape décisive dans la gestion de ses précieuses ressources hydriques avec l’adoption de la loi N°36.15 relative à l’eau. Cette nouvelle législation, promulguée au Bulletin officiel 6494, marque un renforcement significatif de l’arsenal juridique marocain en matière de valorisation et de protection des eaux, particulièrement à l’approche d’événements internationaux majeurs comme la COP22. Loin d’être une simple mise à jour, cette loi introduit des nouveautés substantielles qui reflètent une vision intégrée et durable de la gestion de l’eau, un enjeu crucial pour le développement du royaume et la résilience de son agriculture face aux défis climatiques globaux.
Les fondements et les nouveautés de la loi sur l’eau
La loi N°36.15 repose sur des principes fondamentaux qui visent à garantir un accès équitable et durable à cette ressource vitale. Au cœur de cette législation, on retrouve la notion de propriété générale de l’eau, reconnaissant ainsi qu’elle appartient à la collectivité et doit être gérée dans l’intérêt général. Ce principe est indissociable du droit de tous les citoyens à l’eau et à un environnement sain, des droits fondamentaux qui placent la préservation des écosystèmes aquatiques au premier plan des préoccupations. La loi prône une gestion de l’eau conforme aux pratiques de la bonne gouvernance, impliquant une participation active et une concertation étroite avec l’ensemble des acteurs concernés, des agriculteurs aux citoyens en passant par les industriels et les collectivités locales. La gestion intégrée et décentralisée des ressources en eau est également un pilier central, visant à une meilleure coordination entre les différentes instances et territoires, tout en consolidant la solidarité territoriale pour une répartition plus juste des ressources disponibles. La protection du milieu naturel et le développement d’une gestion durable sont au cœur de cette approche, tout comme l’adoption de l’approche genre, reconnaissant le rôle essentiel des femmes dans la gestion et la préservation de l’eau.
Sur le plan technique, la loi N°36.15 innove en renforçant le cadre juridique existant pour la valorisation des eaux pluviales et des eaux usées. Cette disposition est particulièrement importante dans un contexte où les pluies se font de plus en plus irrégulières. Elle vise à encourager des pratiques agricoles plus résilientes et à réduire la dépendance aux sources d’eau conventionnelles. Parallèlement, elle met en place un cadre juridique clair pour le dessalement de l’eau de mer, ouvrant la voie à de nouvelles infrastructures et technologies pour pallier les déficits hydriques dans les régions côtières. De plus, des mécanismes de protection et de préservation des ressources en eau sont renforcés, incluant des dispositions spécifiques pour améliorer la protection contre les phénomènes extrêmes liés aux changements climatiques, tels que les sécheresses prolongées et les inondations soudaines. Une nouveauté marquante réside dans la création de conseils consultatifs au niveau des bassins hydrauliques. Ces organes auront pour mission d’étudier et d’émettre des avis sur les plans d’action relatifs à la gestion intégrée des ressources en eau, assurant ainsi une meilleure prise en compte des spécificités locales et des besoins des différents bassins.
Les défis agronomiques et économiques de la nouvelle loi sur l’eau
La mise en œuvre de cette loi sur l’eau intervient dans un contexte agronomique marqué par des défis croissants. Le stress hydrique, exacerbé par le changement climatique, constitue une menace sérieuse pour la productivité agricole, pilier de l’économie marocaine. Les coûts des intrants, y compris l’eau elle-même, ont tendance à augmenter, rendant la gestion des exploitations plus complexe. Dans ce cadre, la nouvelle loi sur l’eau vise à encourager une utilisation plus rationnelle et efficace de l’eau, par le biais de techniques d’irrigation économes, de la réutilisation des eaux usées traitées et de la promotion de cultures moins consommatrices d’eau. La gestion de ces ressources n’est pas seulement une question environnementale, mais aussi économique. Les agriculteurs sont confrontés à une dynamique délicate entre le “coût prix” et le “prix de vente”. Le coût prix englobe toutes les dépenses liées à la production : semences, fertilisants, main-d’œuvre, énergie, et bien sûr, l’eau. L’augmentation des coûts de l’eau, due à des investissements dans les infrastructures de dessalement ou de traitement, ou simplement à une tarification plus réaliste de cette ressource rare, peut peser lourdement sur la rentabilité des exploitations. Le prix de vente, quant à lui, dépend des marchés locaux et internationaux, ainsi que de la demande. Un déséquilibre entre ces deux éléments peut mettre en péril la viabilité économique des exploitations agricoles, particulièrement pour les petits et moyens producteurs.
La loi sur l’eau, en encourageant la valorisation des eaux non conventionnelles et en instaurant des mécanismes de gestion plus transparents, peut potentiellement aider à maîtriser certains coûts à moyen terme. Par exemple, le recours à l’eau usée traitée pour l’irrigation peut représenter une alternative moins coûteuse que l’eau d’irrigation conventionnelle, une fois les investissements initiaux réalisés. De plus, en promouvant une meilleure gestion et une utilisation plus efficiente, la loi peut contribuer à réduire le gaspillage et donc les coûts inutiles pour les agriculteurs. Le rôle de la loi sur l’eau dépasse le cadre national. À l’échelle internationale, la pression pour une gestion durable de l’eau s’intensifie. Des organisations comme l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture appellent à des politiques audacieuses pour faire face à la raréfaction de l’eau. Les pays voisins, comme la Tunisie, font également face à des enjeux similaires et adaptent leurs cadres législatifs. Il est donc crucial que le Maroc, en adoptant cette nouvelle loi sur l’eau, s’aligne sur les meilleures pratiques mondiales et renforce sa position en tant qu’acteur engagé dans la sécurité hydrique et alimentaire mondiale. Il est important de noter que le prix de l’eau, bien qu’essentiel, n’est qu’une composante du “coût prix”. L’optimisation des autres intrants et l’amélioration de l’efficacité globale de la production sont également des leviers importants pour la rentabilité agricole. L’HortiTecNews suit de près ces évolutions.
Les alternatives pour les producteurs face à la nouvelle loi sur l’eau
Face aux implications de la nouvelle loi sur l’eau, les producteurs agricoles sont appelés à adopter une stratégie proactive et diversifiée. L’investissement dans des technologies d’irrigation de précision, telles que le goutte-à-goutte, est essentiel pour optimiser l’usage de l’eau et réduire les pertes par évaporation ou percolation. La sélection de cultures adaptées aux conditions locales et moins gourmandes en eau devient également une priorité. La recherche de nouvelles variétés plus résistantes à la sécheresse et aux maladies est un axe de développement important, souvent soutenu par des programmes de recherche et développement. La diversification des sources d’approvisionnement en eau est une autre stratégie clé. Au-delà des eaux pluviales et du dessalement, la valorisation des eaux usées traitées, notamment pour les cultures non alimentaires ou à haute valeur ajoutée, offre une opportunité significative. Les producteurs peuvent également explorer des techniques d’agriculture de conservation des sols qui améliorent la rétention d’eau et réduisent le ruissellement. La formation et l’accès à l’information sont cruciaux pour aider les agriculteurs à comprendre et à appliquer les nouvelles dispositions de la loi sur l’eau et à adopter les meilleures pratiques. Les chambres d’agriculture et les coopératives jouent un rôle majeur dans la diffusion de ces connaissances et dans le soutien technique aux producteurs. Enfin, une meilleure organisation des filières agricoles et une valorisation plus poussée des produits peuvent permettre d’améliorer la marge bénéficiaire, afin de mieux absorber les coûts liés à une gestion plus rigoureuse de l’eau. Les politiques de soutien gouvernementales, visant à encourager l’adoption de technologies durables et à accompagner les agriculteurs dans la transition, sont également déterminantes pour le succès de cette nouvelle ère de gestion de l’eau.
FAQ sur la crise actuelle et la loi sur l’eau
Pourquoi le prix de l’eau pour l’agriculture augmente-t-il ?
L’augmentation du prix de l’eau pour l’agriculture est multifactorielle. Elle est souvent due aux coûts croissants liés à la mobilisation de nouvelles ressources hydriques, comme le dessalement de l’eau de mer ou la construction de nouveaux barrages. Les infrastructures de traitement et de distribution nécessitent des investissements considérables. De plus, une tarification plus réaliste de l’eau vise à encourager une utilisation plus efficiente et à refléter la rareté croissante de cette ressource, en tenant compte des coûts environnementaux et de la nécessité de préserver les écosystèmes.
Quels sont les impacts de la nouvelle loi sur l’eau pour les petits agriculteurs ?
La nouvelle loi sur l’eau peut représenter un défi pour les petits agriculteurs, qui disposent souvent de ressources financières limitées pour investir dans de nouvelles technologies. Cependant, elle offre aussi des opportunités. Les aides et subventions gouvernementales pour l’acquisition d’équipements économes en eau, ainsi que l’accès à des formations sur les bonnes pratiques agricoles, peuvent les aider à s’adapter. La valorisation des eaux usées peut également leur offrir une source d’eau alternative et moins coûteuse. Il est crucial que les politiques mises en place prennent en compte les spécificités des petites exploitations pour assurer une transition juste et équitable.
Comment la loi sur l’eau contribue-t-elle à la lutte contre les changements climatiques ?
La loi sur l’eau intègre des mesures visant à renforcer la résilience face aux changements climatiques. En encourageant la gestion intégrée des ressources, la protection des écosystèmes aquatiques et l’utilisation efficiente de l’eau, elle permet de mieux faire face aux périodes de sécheresse et aux inondations. La promotion de la valorisation des eaux non conventionnelles réduit la pression sur les sources d’eau douce, qui sont particulièrement vulnérables aux variations climatiques. De plus, une gestion durable de l’eau contribue à la préservation des sols et à la réduction de l’érosion, des facteurs importants dans la lutte contre le changement climatique.
Qu’est-ce que la gestion intégrée des ressources en eau ?
La gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) est une approche holistique qui vise à coordonner la gestion et le développement de l’eau, des terres et des ressources connexes, afin de maximiser les bénéfices économiques et sociaux qui en résultent de manière équitable, sans compromettre la durabilité des écosystèmes vitaux. Elle implique une collaboration entre tous les secteurs utilisateurs de l’eau et toutes les parties prenantes, en tenant compte des aspects sociaux, économiques et environnementaux.




