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Royaume-Uni. Le choix historique du Royaume-Uni de quitter l’Union Européenne, communément appelé le Brexit, a déclenché une cascade de conséquences économiques et politiques, dont les répercussions sur le secteur agroalimentaire sont particulièrement scrutées. L’impact sur les produits alimentaires, tant pour les importations que pour les exportations, est une question complexe qui soulève de nombreuses interrogations pour les consommateurs, les producteurs et les entreprises. L’effondrement de la valeur de la livre sterling, déjà observé suite au vote, rendra mécaniquement les importations britanniques de nourriture plus coûteuses. En 2015, le Royaume-Uni a exporté des denrées alimentaires et des boissons d’une valeur de 18 milliards de livres sterling, tandis que ses importations ont atteint environ 38,5 milliards de livres sterling, soulignant une dépendance significative aux marchés extérieurs.
Les défis du Royaume-Uni face à de nouvelles réalités commerciales
À moyen terme, la trajectoire du secteur agricole et alimentaire du Royaume-Uni reste empreinte d’incertitude. Selon Sarah Boumphrey, analyste chez Euromonitor, les perspectives dépendront largement des négociations de sortie, rendant toute estimation économique précise particulièrement ardue. Avant le Brexit, une politique agricole commune régissait les échanges entre le Royaume-Uni et l’UE, fluidifiant les transactions. Désormais, le Royaume-Uni doit renégocier ses accords commerciaux et ses relations avec chaque État membre de l’UE individuellement. Ce processus s’annonce crucial, étant donné que près de 70% des produits alimentaires et agricoles britanniques sont destinés aux marchés de l’UE. David Hughes, professeur des affaires alimentaires à l’Université Imperial de Londres, souligne l’incertitude qui pèse sur le secteur agricole, évoquant le soutien financier que l’UE apportait aux agriculteurs, un soutien que le Royaume-Uni seul pourrait avoir du mal à répliquer.
La pression sur le marché mondial, exacerbée par les changements politiques comme le Brexit, affecte directement le Royaume-Uni. La concurrence accrue, les variations des taux de change et l’évolution des accords commerciaux internationaux créent un environnement volatile. Les pays producteurs dépendent de marchés stables pour planifier leurs investissements et garantir la rentabilité de leurs exploitations. La sortie du Royaume-Uni de l’UE introduit un élément de prévisibilité réduit pour les partenaires commerciaux, potentiellement les incitant à diversifier leurs débouchés. De plus, les normes sanitaires et phytosanitaires, ainsi que les réglementations relatives à l’étiquetage, pourraient devenir des points de friction dans les futures négociations, entraînant des coûts supplémentaires pour les importateurs et exportateurs.
Au niveau agronomique, les défis sont également significatifs. Les conditions climatiques extrêmes, le stress hydrique et la hausse des coûts des intrants (engrais, pesticides, énergie) pèsent déjà lourdement sur les agriculteurs du monde entier, y compris au Royaume-Uni. Le Brexit pourrait accentuer ces difficultés en modifiant les chaînes d’approvisionnement de ces intrants ou en rendant leur acquisition plus coûteuse en raison des fluctuations monétaires. L’accès aux technologies et aux innovations agricoles, souvent partagées au sein de blocs économiques comme l’UE, pourrait également être réévalué. Les agriculteurs britanniques devront peut-être s’adapter à de nouvelles contraintes ou explorer des solutions locales et innovantes pour maintenir leur productivité et leur compétitivité.
Impact sur les consommateurs et les dynamiques de prix
Dans les semaines à venir, les consommateurs britanniques ne devraient pas ressentir de changements radicaux. De nombreux grands fabricants et transformateurs de produits alimentaires ayant déjà sécurisé leurs commandes pour le trimestre, il faudra plusieurs mois avant que des modifications de prix ne se fassent sentir. Cependant, à plus long terme, l’augmentation des coûts d’importation, due à la faiblesse de la livre sterling et aux nouvelles barrières commerciales potentielles, se traduira inévitablement par une hausse des prix pour les consommateurs. La chaîne d’approvisionnement alimentaire est complexe et interconnectée ; chaque maillon affecté par le Brexit aura des répercussions sur le prix final payé par le consommateur.
La dynamique entre le “coût de revient” et le “prix de vente” est au cœur de ces préoccupations. Le coût de revient pour un producteur ou un importateur britannique comprendra désormais de manière plus marquée les taxes douanières potentielles, les frais de transport accrus (si les routes commerciales changent), les fluctuations monétaires défavorables et les coûts administratifs liés aux nouvelles réglementations. Si ces coûts augmentent, l’entreprise sera confrontée à un dilemme : absorber ces coûts, ce qui réduira ses marges bénéficiaires, ou répercuter ces augmentations sur le consommateur final, ce qui risque de diminuer la demande. Pour les produits dont le Royaume-Uni est fortement importateur, comme certains fruits, légumes ou produits laitiers, l’impact sur les prix pourrait être plus immédiat et plus prononcé. Il est crucial pour les entreprises de mettre en place des stratégies d’approvisionnement résilientes et d’explorer des partenariats avec des fournisseurs hors UE pour diversifier les risques.
Les consommateurs peuvent également explorer des alternatives. Privilégier les produits locaux et de saison, lorsque cela est possible, peut aider à atténuer l’impact des hausses de prix sur les produits importés. Les chaînes de supermarchés et les marques devront faire preuve de transparence quant à l’origine de leurs produits et aux facteurs influençant leurs prix. Le soutien aux petits producteurs locaux et aux marchés de producteurs pourrait également devenir une option plus attrayante pour les consommateurs soucieux de leur budget et souhaitant soutenir l’économie nationale. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) propose des ressources et des analyses sur les marchés mondiaux et les stratégies d’adaptation pour les pays face aux perturbations économiques.
Les alternatives pour les producteurs
Face à ces défis, les producteurs britanniques et européens cherchent activement des solutions. L’innovation dans les méthodes de culture, l’optimisation de l’utilisation des ressources, et le développement de nouvelles variétés plus résistantes pourraient jouer un rôle clé. Pour les producteurs qui exportent massivement vers l’UE, il sera essentiel de comprendre et de s’adapter aux futures réglementations commerciales de l’UE. Cela pourrait impliquer des investissements dans de nouvelles certifications ou l’ajustement des processus de production. Parallèlement, l’exploration de nouveaux marchés hors UE, bien que potentiellement longue et coûteuse, pourrait offrir des opportunités de diversification. HortiTecNews suit de près ces évolutions et propose des analyses approfondies sur les stratégies adoptées par les professionnels du secteur.
FAQ sur la crise actuelle
Pourquoi le prix des produits alimentaires au Royaume-Uni risque-t-il d’augmenter ?
L’augmentation des prix est principalement due à la dévaluation de la livre sterling face aux autres devises, ce qui rend les importations plus coûteuses. De plus, l’instauration de nouvelles barrières douanières et réglementaires entre le Royaume-Uni et l’UE peut également entraîner des surcoûts qui seront répercutés sur les consommateurs.
Quels produits seront les plus touchés par ces augmentations ?
Les produits alimentaires fortement dépendants des importations européennes, tels que certains fruits, légumes, produits laitiers, ou encore des viandes spécifiques, sont les plus susceptibles de voir leurs prix augmenter. Les produits transformés dont les ingrédients proviennent de l’UE pourraient également être affectés.
Les agriculteurs britanniques recevront-ils toujours des subventions ?
Le système de subventions agricoles de l’UE, qui soutenait de nombreux agriculteurs britanniques, prendra fin. Le gouvernement britannique s’est engagé à mettre en place de nouveaux systèmes de soutien, mais la nature, l’étendue et l’efficacité de ces mesures restent à définir et feront l’objet de négociations et de politiques futures.
Quelles sont les solutions pour les consommateurs ?
Les consommateurs peuvent envisager de privilégier les produits locaux et de saison, de diversifier leurs sources d’approvisionnement en explorant des alternatives aux produits importés, et de rester attentifs aux promotions et aux marques proposant des prix plus abordables. Le soutien aux producteurs locaux est également une piste à considérer.




