
Lutte contre les thrips présents sur les fleurs et les feuilles
7 March 2026
CMGP Group renforce son pôle agroéquipement avec l’acquisition de SODIPIRE
9 March 2026
Le déclenchement du conflit au Moyen-Orient samedi dernier, accompagné d’un retour des tensions en mer Rouge, intervient à un moment particulièrement sensible pour les exportateurs d’oranges égyptiens. Alors que le secteur attendait avec impatience le début du mois de mars pour relancer les exportations, cette situation crée une forte incertitude sur les marchés et dans la logistique internationale.
Une saison déjà difficile
La campagne d’exportation des oranges égyptiennes avait commencé de manière mitigée. Les exportations d’oranges Navel ont été ralenties par des vagues de froid inhabituelles dans plusieurs régions du monde, qui ont affecté la consommation, ainsi que par une concurrence importante en provenance de Chine.
Par la suite, la saison des oranges Valencia a débuté plus tôt que prévu, ce qui avait permis de redonner une dynamique au marché et d’anticiper une fin de campagne plus favorable.
Selon Mostafa Ali, directeur général de Premium Sourcing, les exportateurs s’attendaient à une reprise marquée au début du mois de mars, notamment avec la fin du Nouvel An chinois et l’épuisement des stocks d’oranges Navel en Chine. Dans ce contexte, la demande asiatique devait se tourner davantage vers les oranges égyptiennes.
Cependant, l’apparition soudaine du conflit régional a bouleversé ces perspectives.
Des incertitudes logistiques
Les exportateurs et les compagnies maritimes se retrouvent aujourd’hui dans une situation incertaine. Les opérateurs tentent d’évaluer les risques et d’adapter leurs opérations, mais les conditions de transport restent difficiles à anticiper.
Le conflit entraîne notamment une nouvelle perturbation du trafic maritime en mer Rouge, avec des risques accrus sur la route reliant le canal de Suez au détroit de Bab el-Mandeb. Plusieurs compagnies maritimes envisagent d’éviter cette zone, tandis que celles qui continuent à l’emprunter appliquent des assurances de risque supplémentaires pouvant atteindre 4 000 dollars par conteneur.
Perturbations des flux commerciaux
Ces contraintes logistiques pourraient entraîner un allongement des délais de transport vers l’Asie et même l’arrêt temporaire de certaines expéditions, notamment vers l’Afrique de l’Est. Un chargement destiné au port de Mombasa, par exemple, aurait été interrompu dès le début des hostilités.
Les exportations vers les pays du Golfe sont également affectées. L’Égypte exporte vers cette région une grande variété de produits frais et congelés, notamment des fraises, des oranges et des pommes de terre. Les perturbations concernent à la fois le transport maritime via la mer Rouge et les circuits logistiques terrestres transitant par l’Arabie saoudite.
Dans les ports des Émirats arabes unis, certaines cargaisons se retrouveraient actuellement bloquées, tandis que le transport aérien connaît également de fortes perturbations.
Impact sur certains marchés dépendants des importations
Les difficultés touchent aussi des marchés plus petits qui dépendent largement des hubs aériens du Golfe pour leurs importations de produits frais. C’est notamment le cas de pays comme les Maldives ou l’île Maurice, qui importent une grande partie de leurs fruits et légumes.
Risque de pression sur les prix en Europe
Dans le passé, lorsque les exportations vers l’Asie étaient perturbées, une partie des volumes destinés à ces marchés se retrouvait redirigée vers l’Europe, entraînant parfois une situation de surapprovisionnement et une baisse des prix.
Certains exportateurs craignent que certains acheteurs européens profitent de cette situation pour imposer des prix plus bas, même avant que ce surplus ne se matérialise réellement.
Un optimisme prudent
Malgré ces difficultés, les exportateurs égyptiens restent relativement confiants. La demande pour les oranges égyptiennes reste solide dans plusieurs régions d’Asie du Sud et de l’Est.
Les opérateurs ont également acquis une certaine expérience face aux perturbations en mer Rouge. Certaines compagnies maritimes ont réussi à réduire les délais de transport via la route alternative du cap de Bonne-Espérance, passant d’environ 90 jours à 60-70 jours.
Dans ce contexte, les exportateurs misent notamment sur une préparation plus rigoureuse des cargaisons, avec un tri, un conditionnement et une gestion logistique adaptés aux durées de transit plus longues.




