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Irrigation : 503 M€ mobilisés pour sécuriser l’approvisionnement en eau dans le nord du Maroc.
Vingt-trois ans après avoir été initialement programmée, la construction du barrage M’dez Ain Timedrine, stratégiquement situé sur l’Oued Sebou dans la fertile plaine du Saiss, au nord du Maroc, entre le Rif et le Moyen Atlas, est enfin lancée. Cet investissement colossal, qui s’élève à 503 millions d’euros (environ 5,5 milliards de dirhams), témoigne de la volonté ferme du royaume de répondre à un défi hydrique croissant et d’assurer la pérennité de son agriculture. La cérémonie de lancement, présidée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI à Tazouta le lundi 13 janvier 2015, marque une étape cruciale dans la politique hydraulique du pays.
L’enjeu majeur de l’Irrigation : assurer la productivité face au stress hydrique
Le projet ne se limite pas à la seule construction du barrage, dont le coût est évalué à 137 millions d’euros (1,5 milliard de dirhams). Il englobe également la réalisation d’un adducteur d’eau de 90 km. Cet ouvrage vital permettra de relier le nouveau réservoir à la plaine du Saiss, une zone agricole d’une grande importance mais qui souffre d’un déficit en eau chronique. La mise en place d’un réseau d’adduction d’eau d’irrigation associé à cet adducteur vise à corriger cette vulnérabilité et à garantir un approvisionnement suffisant pour les cultures. Sans une irrigation adéquate, la viabilité à long terme de ces exploitations agricoles serait sérieusement compromise, impactant directement la sécurité alimentaire et les revenus des agriculteurs.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte mondial où la pression sur les ressources en eau s’intensifie. La croissance démographique, le changement climatique et l’expansion des pratiques agricoles à plus forte consommation d’eau exercent une demande sans précédent sur les disponibilités hydriques. Des organisations comme l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture tirent régulièrement la sonnette d’alarme quant à la nécessité d’une gestion plus efficiente de l’eau dans le secteur agricole. Le Maroc, comme de nombreux autres pays, doit impérativement anticiper ces défis pour maintenir sa capacité de production agricole.
Les défis agronomiques et économiques de l’Irrigation
La plaine du Saiss, bien que reconnue pour sa fertilité, est intrinsèquement liée à la disponibilité de l’eau. Le stress hydrique chronique auquel elle est confrontée engendre une série de défis agronomiques majeurs. Les agriculteurs doivent faire face à des rendements potentiellement réduits, à une qualité des cultures altérée et à une susceptibilité accrue aux maladies et aux ravageurs, souvent exacerbée par les conditions de sécheresse. L’augmentation des coûts des intrants, qu’il s’agisse de fertilisants, de semences ou d’énergie pour les systèmes d’irrigation existants, ajoute une pression financière supplémentaire sur les exploitations.
La dynamique entre le coût de production et le prix de vente des produits agricoles devient particulièrement tendue dans ces conditions. Les agriculteurs doivent supporter des coûts d’irrigation de plus en plus élevés, qu’il s’agisse du coût de l’eau elle-même (lorsqu’elle est tarifée) ou de l’énergie nécessaire pour pomper et distribuer cette eau. Si les prix de vente ne suivent pas cette augmentation des coûts, la marge bénéficiaire des producteurs s’érode, menaçant leur viabilité économique. Dans le cas du Maroc, l’investissement dans des infrastructures d’irrigation modernes, comme le projet du barrage M’dez Ain Timedrine, vise à stabiliser ces coûts à long terme et à améliorer l’efficacité de l’utilisation de l’eau, contribuant ainsi à une meilleure rentabilité.
Le projet du barrage M’dez Ain Timedrine, bien que programmé dès 1992 dans le cadre du plan directeur intégré d’aménagement des eaux des bassins du Sebou, Bou Regreg et Oum Er Rbia, met en lumière la complexité et la longueur des processus de planification et de mise en œuvre des grands projets hydrauliques. La politique des grands barrages initiée au Maroc en 1967 a permis la construction de plus de 128 barrages, mais la fragilité du système agricole persiste, avec seulement 13% des terres cultivées irriguées (un chiffre parfois cité à 4% par la Banque Mondiale). Cette réalité souligne l’importance capitale de projets comme celui-ci pour renforcer la résilience du secteur agricole national. Le Maroc développe par ailleurs un Plan national de l’eau doté d’un budget conséquent pour anticiper et gérer l’augmentation attendue du déficit en eau.
L’avenir de l’Irrigation : investissements et innovations
Face aux défis persistants, le Maroc démontre une approche proactive pour sécuriser son avenir hydrique. Le lancement du barrage M’dez Ain Timedrine n’est qu’une facette d’une stratégie plus large. L’ambition est de transformer le paysage de l’irrigation au Maroc. Des innovations technologiques, telles que les systèmes d’irrigation goutte à goutte, l’utilisation de capteurs pour optimiser l’apport en eau, ou encore le recours à des eaux non conventionnelles (traitement des eaux usées pour l’irrigation), sont explorées et déployées pour une gestion plus efficiente et durable des ressources. HortiTecNews suit de près ces avancées et partage les bonnes pratiques du secteur.
Cet investissement massif dans l’irrigation n’est pas seulement une réponse aux besoins immédiats de la plaine du Saiss, mais une vision à long terme pour le développement agricole du nord du Maroc. Il s’agit de construire une agriculture plus résiliente, plus productive et plus rentable, capable de faire face aux aléas climatiques et aux fluctuations du marché mondial. L’objectif est de passer d’une agriculture vulnérable à une agriculture qui contribue pleinement au développement économique et social du pays. L’irrigation est véritablement la pierre angulaire de cette transformation.
Les alternatives pour les producteurs
Outre l’amélioration des infrastructures d’irrigation à grande échelle, les producteurs peuvent explorer diverses alternatives pour optimiser leur utilisation de l’eau et réduire leurs coûts. La diversification des cultures vers des variétés moins gourmandes en eau, l’adoption de techniques agroécologiques qui améliorent la rétention d’eau dans les sols (comme le paillage ou la couverture végétale), et le recours à des systèmes d’irrigation de précision à l’échelle de l’exploitation sont des pistes prometteuses. La formation et l’accompagnement technique des agriculteurs sont également essentiels pour faciliter l’adoption de ces pratiques innovantes.
FAQ sur la crise actuelle de l’Irrigation
Pourquoi le prix de l’irrigation augmente-t-il ?
L’augmentation du prix de l’irrigation est multifactorielle. Elle peut être due à la hausse des coûts de l’énergie nécessaire au pompage et à la distribution de l’eau, à la rareté croissante de la ressource hydrique qui entraîne une valorisation de celle-ci, ou encore aux investissements nécessaires pour moderniser et maintenir les infrastructures d’irrigation. Les changements climatiques et la demande accrue exercent également une pression sur les prix.
Quelles sont les solutions pour réduire le coût de l’irrigation ?
Les solutions incluent l’adoption de systèmes d’irrigation plus économes en eau (goutte à goutte, micro-aspersion), l’utilisation d’énergies renouvelables pour le pompage (solaire), l’optimisation des calendriers d’irrigation grâce à des données météorologiques et des capteurs d’humidité du sol, et le choix de cultures moins consommatrices d’eau.
Comment le Maroc gère-t-il la problématique de l’eau pour l’agriculture ?
Le Maroc adopte une stratégie intégrée qui comprend la construction de grands barrages et de systèmes d’irrigation, la promotion de techniques d’irrigation efficientes, la réutilisation des eaux usées traitées, et des plans nationaux pour la gestion de l’eau afin de faire face au déficit hydrique croissant.
Quel est l’impact des grands barrages sur l’irrigation ?
Les grands barrages jouent un rôle crucial dans l’irrigation en stockant l’eau pendant les périodes pluvieuses pour la restituer pendant les saisons sèches. Ils permettent d’irriguer de vastes surfaces agricoles et de sécuriser la production, mais leur construction et leur gestion doivent tenir compte des impacts environnementaux et sociaux.




