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Huile d’olive : Les demandes d’importation de l’huile d’olive tunisienne ont dépassé les quantités disponibles pour le mois de juillet 2015, un signe révélateur des tensions croissantes sur le marché mondial de ce produit emblématique du bassin méditerranéen. Les informations relayées par le Journal officiel de l’Union européenne, daté du samedi 4 juillet, confirment cette situation. La Commission européenne a dû suspendre le dépôt de nouvelles demandes de certificats d’importation dès le 1er juillet, face à un afflux qui excédait le quota mensuel alloué. Ce mécanisme, encadré par le règlement 1918/2006 de la Commission européenne, vise à établir un contingent tarifaire annuel pour les importations d’huile d’olive provenant directement de Tunisie et acquise “entièrement” sur le territoire tunisien. L’article 2 de ce règlement détaille précisément des limites quantitatives mensuelles pour la gestion de la délivrance des licences d’importation, un système dont les limites se sont brutalement révélées en ce début d’été 2015.
La pression sur le marché mondial de l’huile d’olive
Cette situation n’est pas isolée et s’inscrit dans un contexte de demande mondiale de plus en plus forte pour l’huile d’olive. Les consommateurs européens, mais aussi ceux d’autres continents, reconnaissent de plus en plus les bienfaits de l’huile d’olive pour la santé, la plaçant au cœur d’une alimentation équilibrée et méditerranéenne. Cependant, cette popularité accrue se heurte à des réalités de production qui peinent à suivre. Les aléas climatiques, tels que les sécheresses ou les gelées tardives, peuvent avoir un impact dévastateur sur les récoltes d’olives, affectant directement les volumes disponibles. La Tunisie, acteur majeur sur le marché de l’huile d’olive, voit ainsi ses capacités d’exportation mises à rude épreuve par une demande qui excède les disponibilités, créant un déséquilibre qui se répercute sur les prix et les flux commerciaux. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) suit de près ces dynamiques mondiales, conscientes des enjeux de sécurité alimentaire et de développement économique liés à des produits agricoles stratégiques comme l’huile d’olive.
Défis agronomiques et coûts de production de l’huile d’olive
Les défis auxquels sont confrontés les producteurs d’huile d’olive en Tunisie, et par extension dans de nombreuses régions méditerranéennes, sont multiples. Le stress hydrique est une préoccupation constante. Avec des ressources en eau souvent limitées et une variabilité pluviométrique accrue due au changement climatique, l’irrigation des oliveraies devient une nécessité, mais aussi un coût supplémentaire significatif. Les intrants agricoles, qu’il s’agisse d’engrais, de produits phytosanitaires ou de carburant pour les machines, ont également vu leurs prix fluctuer à la hausse, impactant directement la rentabilité des exploitations. Le coût de production de l’huile d’olive ne se limite donc plus à la simple récolte et à l’extraction, mais intègre une série de dépenses qui pèsent sur les marges des oléiculteurs. Cette pression sur les coûts est d’autant plus critique que le prix de vente de l’huile d’olive doit rester compétitif sur un marché international où la concurrence est rude. L’atteinte d’un prix juste et rémunérateur pour le producteur est un équilibre délicat à trouver face aux exigences des marchés importateurs et aux coûts de production.
La dynamique “Coût Prix” vs “Prix de Vente” pour l’huile d’olive
La relation entre le coût de production et le prix de vente est au cœur des préoccupations de tout agriculteur, et cela est particulièrement vrai pour l’huile d’olive. Le coût réel pour produire un litre d’huile d’olive de qualité comprend une multitude de facteurs : l’entretien des arbres (taille, fertilisation, traitements), la récolte (main-d’œuvre, mécanisation), le transport des olives vers le moulin, la trituration (énergie, entretien des machines), le stockage de l’huile, et les coûts administratifs et de commercialisation. Lorsque la demande excède l’offre, comme observé avec l’huile d’olive tunisienne, une pression à la hausse s’exerce naturellement sur le prix de vente. Les importateurs, confrontés à des quotas limités et à une forte concurrence pour obtenir des volumes, sont prêts à payer un prix plus élevé. Inversement, en période de surproduction ou de demande faible, le prix de vente peut chuter en dessous du coût de production, entraînant des pertes pour les agriculteurs. Le règlement européen, en instaurant des quotas mensuels, tente de lisser ces fluctuations, mais il peut aussi, comme en juillet 2015, créer des points de saturation où les demandes dépassent soudainement les capacités d’absorption du marché dans un laps de temps donné. Cette dynamique complexe souligne la nécessité de plans d’action visant à stabiliser la production et à mieux anticiper les demandes du marché pour l’huile d’olive.
Les alternatives pour les producteurs
Face à ces défis et à la volatilité du marché, les producteurs d’huile d’olive tunisiens explorent diverses stratégies pour sécuriser leurs revenus et améliorer leur compétitivité. La diversification des marchés d’exportation, au-delà de l’Union Européenne, est une piste explorée. Le développement de circuits de vente plus courts, comme la vente directe ou en ligne, peut également permettre de mieux valoriser le produit et de réduire la dépendance aux intermédiaires. L’amélioration des pratiques culturales, notamment l’adoption de techniques d’irrigation plus efficientes et la lutte intégrée contre les ravageurs, peut contribuer à réduire les coûts de production et à améliorer la qualité de l’huile d’olive. L’investissement dans des outils de transformation modernes et des technologies d’extraction sophistiquées est également crucial pour obtenir une huile d’olive de haute qualité, capable de se démarquer sur les marchés internationaux. La collaboration entre producteurs, par le biais de coopératives par exemple, permet de mutualiser les moyens, de négocier de meilleurs prix pour les intrants et d’accéder plus facilement aux marchés d’exportation. Ces efforts sont essentiels pour assurer la pérennité de la filière de l’huile d’olive.
FAQ sur la crise actuelle
Pourquoi le prix de la huile d’olive augmente-t-il ?
Le prix de la huile d’olive augmente principalement en raison d’une combinaison de facteurs : une demande mondiale croissante, des aléas climatiques affectant les récoltes, une augmentation des coûts de production (eau, intrants, énergie) et des mécanismes de régulation comme les quotas d’importation qui, lorsqu’ils sont atteints, limitent l’offre disponible sur certains marchés.
Qu’est-ce qu’un contingent tarifaire pour l’huile d’olive ?
Un contingent tarifaire est une limite quantitative sur le volume d’un produit (ici, l’huile d’olive) qui peut être importé à un tarif douanier préférentiel sur une période donnée. Au-delà de ce contingent, les droits de douane peuvent être plus élevés, rendant l’importation moins avantageuse.
Quel est l’impact de la suspension des demandes d’importation sur les producteurs tunisiens ?
Lorsque les demandes d’importation excèdent les quantités disponibles et entraînent une suspension, cela peut créer une incertitude pour les producteurs tunisiens quant à la quantité de leur production qui sera exportée et au prix qu’ils obtiendront. Cela peut également générer des retards dans les transactions commerciales.
Comment l’Union Européenne régule-t-elle l’importation d’huile d’olive ?
L’Union Européenne utilise des règlements, comme le règlement 1918/2006 mentionné, pour établir des contingents tarifaires annuels et mensuels. Ces mesures visent à équilibrer l’approvisionnement du marché européen tout en protégeant les producteurs européens et en tenant compte des accords commerciaux avec des pays partenaires comme la Tunisie. Le site de la HortiTecNews publie régulièrement des analyses sur ces réglementations.
Quelles sont les perspectives pour l’huile d’olive tunisienne ?
Malgré les défis conjoncturels, la Tunisie possède un savoir-faire ancestral dans la production d’huile d’olive de qualité. Les perspectives dépendent de sa capacité à innover, à s’adapter aux changements climatiques, à maîtriser ses coûts de production et à diversifier ses marchés. Le Ministère de l’Agriculture tunisien travaille activement à soutenir la filière. Pour en savoir plus sur les politiques agricoles, vous pouvez consulter le site du Ministère de l’Agriculture tunisien.




