
Le Maroc vise l’augmentation de ses exportations vers la Russie
15 September 2016
Tomate : le coût de production a augmenté de 8,7% en cinq ans en Espagne
15 September 2016
Greening des agrumes : une menace grandissante pour l’agriculture tanzanienne.
Des scientifiques en Tanzanie ont récemment profité de l’organisation d’un atelier pour demander la mise en place de mesures urgentes afin de contenir la menace potentielle de la maladie du Greening des agrumes, selon un rapport publié par All Africa. Cette maladie, causée par une bactérie phytopathogène, représente un défi majeur pour les producteurs d’agrumes du monde entier, et la Tanzanie n’est pas épargnée par cette préoccupation croissante.
Comprendre le Greening des agrumes et son impact mondial
La maladie du Greening, également connue sous le nom de Huanglongbing (HLB), est considérée comme l’une des maladies les plus dévastatrices des agrumes. Elle se transmet principalement par le psylle asiatique des agrumes (Diaphorina citri), un insecte vecteur qui a malheureusement été découvert pour la première fois en Tanzanie l’année dernière. Ce petit puceron peut causer des dommages considérables aux vergers, entraînant une baisse drastique de la production et une dégradation de la qualité des fruits. Les symptômes typiques incluent la déformation des fruits, leur amertume accrue, et le jaunissement des feuilles, qui finit par entraîner la mort de l’arbre. La propagation rapide du Greening des agrumes est une préoccupation majeure pour la sécurité alimentaire et les économies basées sur l’exportation d’agrumes.
Lors de l’atelier, le Dr Chris Materu a souligné l’impact dévastateur que cette maladie a déjà eu dans d’autres pays, notamment aux États-Unis et au Brésil, où elle a causé des pertes économiques considérables. Bien qu’il ait précisé que le Greening des agrumes n’est pas encore massivement propagé en Tanzanie, le climat chaud et humide du pays offre des conditions idéales pour la dissémination du psylle vecteur et, par conséquent, de la maladie. Les intervenants ont convenu qu’un plan d’action complet est indispensable. Ce plan doit inclure une sensibilisation accrue de la population et des agriculteurs aux symptômes et aux modes de transmission du Greening des agrumes, ainsi qu’une enquête nationale approfondie pour établir précisément la présence et l’étendue de la maladie dans les différentes régions. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) recommande d’ailleurs des mesures de confinement strictes face à de telles menaces phytosanitaires.
Défis agronomiques et pressions du marché mondial
La lutte contre le Greening des agrumes s’inscrit dans un contexte plus large de défis agronomiques auxquels sont confrontés les producteurs d’agrumes en Tanzanie et ailleurs. La gestion de l’eau, essentielle pour la santé des arbres et la qualité des fruits, devient de plus en plus complexe avec les changements climatiques. Le stress hydrique peut affaiblir les arbres, les rendant plus vulnérables aux maladies comme le Greening. Parallèlement, les coûts des intrants agricoles, tels que les engrais et les pesticides, sont en constante augmentation, exerçant une pression supplémentaire sur les marges des producteurs. L’intégration de pratiques culturales durables et de méthodes de gestion intégrée des ravageurs et des maladies est donc cruciale. Cela inclut la surveillance régulière des vergers, l’utilisation de variétés résistantes lorsque cela est possible, et l’application ciblée de traitements. Le Greening des agrumes ajoute une couche de complexité à cette gestion déjà ardue.
Le marché mondial des agrumes est caractérisé par une forte concurrence et des exigences de qualité strictes. Les maladies comme le Greening des agrumes peuvent avoir un impact direct sur la compétitivité des pays producteurs. Les marchés d’exportation imposent souvent des normes sanitaires et phytosanitaires rigoureuses, et la présence de maladies peut entraîner des restrictions commerciales, affectant ainsi les revenus des agriculteurs et l’économie nationale. Le Greening des agrumes, en altérant la qualité et la quantité des récoltes, met sous pression la chaîne d’approvisionnement et peut influencer les prix à tous les niveaux. La capacité d’un pays à gérer efficacement le Greening des agrumes est donc directement liée à sa position sur le marché international des agrumes.
La dynamique du prix : Coût de production versus prix de vente
La maladie du Greening des agrumes affecte directement la dynamique entre le coût de production et le prix de vente des agrumes. Lorsque les vergers sont touchés, les rendements diminuent considérablement. Cela signifie que les agriculteurs doivent investir davantage pour obtenir une récolte moindre. Les coûts de production augmentent en raison de la nécessité de traitements supplémentaires pour tenter de contrôler le psylle vecteur et la bactérie responsable du Greening des agrumes. De plus, les arbres infectés produisent des fruits de moindre qualité, moins attrayants pour les consommateurs et donc vendus à un prix inférieur, voire invendables pour certains marchés. Cette réduction de la quantité et de la qualité des fruits récoltés, combinée à l’augmentation des dépenses de lutte, érode les margens bénéficiaires des producteurs. Le prix de revient par fruit augmente, tandis que le prix de vente potentiel diminue, créant un cercle vicieux.
Cette situation peut devenir intenable pour les petits exploitants, qui constituent souvent la majorité des producteurs en Tanzanie. Ils peuvent se retrouver dans l’incapacité de couvrir leurs coûts, menant à l’abandon de leurs vergers, à la perte de revenus et à un impact négatif sur les communautés rurales qui dépendent de la production d’agrumes. Les efforts pour lutter contre le Greening des agrumes, bien qu’essentiels pour la survie à long terme de l’industrie, nécessitent des investissements importants en recherche, en extension agricole et en infrastructures. La recherche menée par des institutions comme HortiTecNews joue un rôle crucial dans le développement de stratégies de lutte efficaces. La gestion de la maladie du Greening des agrumes est donc un enjeu économique et social majeur.
Le Greening des agrumes : une urgence pour les autorités
Face à la menace croissante du Greening des agrumes, les autorités tanzaniennes sont appelées à agir rapidement et de manière coordonnée. Le rapport d’All Africa souligne la nécessité d’un plan d’action concerté. Ce plan devrait idéalement impliquer les ministères concernés, les instituts de recherche agricole, les organisations paysannes et les acteurs du secteur privé. La collaboration est essentielle pour la mise en œuvre de stratégies de lutte efficaces contre le Greening des agrumes.
Il est impératif d’établir des protocoles de surveillance rigoureux pour détecter rapidement l’apparition du psylle vecteur et de la maladie dans de nouvelles zones. Cela pourrait inclure la mise en place de réseaux de surveillance participative avec les agriculteurs, la formation d’inspecteurs phytosanitaires et le renforcement des capacités de diagnostic des laboratoires. Des mesures de quarantaine et de confinement doivent être appliquées pour empêcher la propagation du Greening des agrumes d’une région à l’autre. L’accès à des informations fiables et à des recommandations techniques est également crucial. Des pays comme la Tunisie ont mis en place des structures dédiées à la protection des cultures, avec des programmes spécifiques pour les maladies des agrumes (Ministère de l’Agriculture de la Tunisie est un exemple de la structure qui pourrait être mise en place).
Les alternatives pour les producteurs
Face à la propagation du Greening des agrumes, les producteurs sont encouragés à diversifier leurs cultures et à adopter des pratiques agricoles résilientes. L’exploration de cultures alternatives qui sont moins sensibles aux maladies ou qui ont une demande de marché stable peut aider à réduire la dépendance à l’égard des agrumes. Le développement de systèmes agroforestiers, l’intégration de cultures intercalaires et la promotion de la biodiversité dans les exploitations agricoles peuvent également contribuer à renforcer la résilience des écosystèmes agricoles et à limiter la propagation des maladies.
FAQ sur la crise actuelle
- Pourquoi le prix de la Greening des agrumes augmente-t-il ? Le terme “prix de la Greening des agrumes” dans ce contexte fait référence au coût accru pour combattre la maladie et aux pertes de récolte qu’elle entraîne. Ces coûts supplémentaires et la réduction de l’offre globale poussent à la hausse les prix des agrumes sur le marché.
- Quels sont les symptômes visibles du Greening des agrumes sur les arbres ? Les symptômes incluent le jaunissement des feuilles, souvent de manière asymétrique, la chute prématurée des feuilles et des fruits, et la déformation des fruits qui deviennent souvent petits, asymétriques et amers.
- Comment le Greening des agrumes se propage-t-il ? La maladie se propage principalement par le psylle asiatique des agrumes (Diaphorina citri), qui transmet la bactérie lorsqu’il se nourrit des arbres. Elle peut également se propager via du matériel végétal infecté.
- Existe-t-il un remède contre le Greening des agrumes ? Malheureusement, il n’existe pas de remède curatif pour le Greening des agrumes une fois qu’un arbre est infecté. La gestion se concentre donc sur la prévention, le contrôle du vecteur et l’élimination des arbres infectés pour limiter la propagation.
- Quelles sont les mesures urgentes recommandées pour la Tanzanie face au Greening des agrumes ? Les mesures urgentes incluent la sensibilisation accrue, la mise en place d’une enquête nationale pour cartographier la présence de la maladie, le renforcement des inspections phytosanitaires, le contrôle du psylle vecteur, et l’adoption de bonnes pratiques agricoles.




