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glyphosate : Le rapprochement de Monsanto vers Syngenta peut signifier une remise en question stratégique de son produit phare, le glyphosate. L’entreprise, qui a bâti une part significative de ses revenus sur cet herbicide, se trouve à un carrefour potentiellement coûteux, où les pressions du marché et les innovations concurrentes pourraient dicter un changement de cap majeur. Les 5 milliards de dollars générés l’année dernière par la gamme de produits à base de glyphosate, représentant un tiers du chiffre d’affaires total de Monsanto, soulignent l’enjeu colossal de cette décision. Cet article explore les ramifications potentielles de cette stratégie, les défis agronomiques et économiques liés au glyphosate, et les alternatives émergentes pour les agriculteurs mondiaux.
Les pressions mondiales sur le marché du glyphosate
L’utilisation généralisée du glyphosate comme agent de désherbage de premier plan à l’échelle mondiale, bien qu’efficace, a inévitablement conduit à des défis majeurs. L’un des plus préoccupants est l’émergence accrue de la résistance des mauvaises herbes. Cette évolution naturelle, exacerbée par l’application répétée du même produit, oblige les agriculteurs à utiliser des doses plus élevées ou à se tourner vers des mélanges plus complexes pour obtenir les mêmes résultats. Cette situation crée un cercle vicieux où l’efficacité du glyphosate diminue progressivement, rendant son utilisation moins rentable et plus problématique sur le plan environnemental et agronomique. Les rivaux de Monsanto ont déjà capitalisé sur ces faiblesses, en développant et en promouvant activement des options d’herbicides alternatives, créant ainsi une concurrence accrue qui fragilise la position dominante du glyphosate. Le rapport de Piper Jaffray, soulignant que la valeur du glyphosate est susceptible de diminuer à mesure que la résistance s’intensifie, corrobore cette analyse. L’industrie agrochimique est en constante évolution, et l’incapacité à s’adapter aux nouvelles réalités du marché peut avoir des conséquences désastreuses pour les acteurs historiques.
La décision potentielle de Monsanto de se désengager, en partie ou en totalité, de sa gamme de produits à base de glyphosate s’inscrit dans ce contexte de mutation. Kerry Preete, vice-président de la stratégie mondiale de Monsanto, a clairement indiqué aux investisseurs que l’entreprise envisageait la vente “de certains produits de protection des plantes qui représentent des ressemblances” dans le cadre de son objectif d’acquisition de Syngenta. Cette mention spécifique suggère une volonté stratégique de rationaliser le portefeuille et de se concentrer sur des domaines jugés plus prometteurs ou moins exposés aux risques réglementaires et concurrentiels liés au glyphosate. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) suit de près ces évolutions et leurs impacts sur la sécurité alimentaire mondiale.
Les défis agronomiques et les réalités économiques du glyphosate
Au-delà de la résistance des mauvaises herbes, l’utilisation intensive du glyphosate soulève d’autres défis agronomiques. La dépendance à un seul type d’herbicide peut déséquilibrer les écosystèmes agricoles, affectant la biodiversité du sol et favorisant la prolifération d’organismes pathogènes spécifiques. De plus, les conditions environnementales, telles que le stress hydrique des cultures, peuvent influencer l’efficacité du glyphosate, obligeant les agriculteurs à des ajustements coûteux dans leurs pratiques. Les coûts des intrants, y compris les herbicides comme le glyphosate, représentent une part non négligeable du budget des exploitations agricoles. La fluctuation des prix de ces produits, influencée par la demande mondiale, les coûts de production des matières premières et les politiques commerciales, impacte directement la rentabilité des agriculteurs. Cette dynamique de “coût de production” versus “prix de vente” est cruciale. Lorsque le coût de production d’un herbicide augmente, soit en raison de la hausse des prix des ingrédients actifs, soit en raison de la nécessité d’augmenter les doses pour contrer la résistance, le prix de vente doit suivre pour que le fabricant maintienne sa marge. Cependant, pour l’agriculteur, une augmentation du prix de vente signifie une réduction de sa marge bénéficiaire, s’il ne peut pas répercuter cette hausse sur le prix de ses propres produits. Cela peut contraindre certains agriculteurs à rechercher des alternatives moins coûteuses ou plus efficaces, même si elles impliquent un changement de leurs pratiques culturales habituelles. Les producteurs tunisiens, par exemple, doivent jongler avec ces réalités économiques pour assurer la viabilité de leurs exploitations, en tenant compte des recommandations du Ministère de l’Agriculture.
glyphosate : Les alternatives pour les producteurs
Face aux défis posés par le glyphosate et à la potentielle restructuration stratégique de Monsanto, le marché explore activement des alternatives. Ces options se divisent en plusieurs catégories :
- Nouveaux herbicides : Le développement de nouvelles molécules herbicides avec des modes d’action différents est en cours. Ces produits visent à cibler les mauvaises herbes de manière plus spécifique, à réduire le risque de résistance et à offrir une meilleure compatibilité avec les pratiques agricoles durables.
- Cultures tolérantes à d’autres herbicides : L’innovation dans le domaine des semences permet de développer des cultures génétiquement modifiées pour être tolérantes à des herbicides autres que le glyphosate. Cela offre aux agriculteurs une flexibilité accrue dans leur stratégie de désherbage.
- Méthodes de désherbage mécaniques et biologiques : Le retour à des pratiques culturales plus traditionnelles, comme le désherbage mécanique (labour, sarclage) ou l’utilisation d’agents biologiques de lutte contre les adventices, gagne en intérêt. Ces méthodes, bien que souvent plus exigeantes en main-d’œuvre ou en investissement en équipement, peuvent être une alternative durable et respectueuse de l’environnement. La recherche dans ce domaine est encouragée par des plateformes comme HortiTecNews.
- Gestion intégrée des adventices (GIA) : L’approche la plus prometteuse consiste en une combinaison de différentes méthodes. La GIA intègre la rotation des cultures, l’utilisation judicieuse d’herbicides, les pratiques culturales et le suivi des populations de mauvaises herbes pour optimiser le contrôle tout en minimisant les impacts négatifs.
FAQ sur la crise actuelle
Pourquoi le prix du glyphosate pourrait-il augmenter ?
Plusieurs facteurs peuvent entraîner une augmentation du prix du glyphosate : une demande mondiale accrue, une hausse des coûts de production des matières premières nécessaires à sa fabrication, des réglementations plus strictes qui augmentent les coûts de conformité, ou encore une diminution de l’offre due à des problèmes de production ou à des désinvestissements stratégiques par les grands fabricants.
Le glyphosate est-il toujours efficace ?
Le glyphosate reste efficace dans de nombreuses situations, mais son efficacité est de plus en plus compromise par le développement de mauvaises herbes résistantes. Cela oblige les agriculteurs à ajuster leurs pratiques, soit en utilisant des doses plus élevées, soit en combinant le glyphosate avec d’autres herbicides, soit en se tournant vers des alternatives.
Quelles sont les alternatives les plus prometteuses au glyphosate ?
Les alternatives les plus prometteuses incluent le développement de nouveaux herbicides avec des modes d’action différents, les cultures tolérantes à d’autres herbicides, les méthodes de désherbage mécaniques et biologiques, et surtout, une approche de gestion intégrée des adventices qui combine plusieurs de ces stratégies.




