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filiere des agrumes : La filière des agrumes, pilier de l’économie agricole marocaine, traverse une période charnière marquée par des défis d’envergure mondiale et des enjeux internes cruciaux. L’Association des stations de conditionnement des agrumes au Maroc (ASCAM) joue un rôle central dans la structuration et la représentation de cette filière stratégique. Récemment, Khalid Bounejma a été reconduit à la présidence de l’ASCAM pour un nouveau mandat, un signe de continuité dans un contexte qui exige stabilité et vision stratégique. Cette réélection s’est déroulée lors de l’assemblée générale élective tenue à Agadir, où la nouvelle composition du bureau de l’association, ainsi que les délégués à Maroc Citrus, ont été validés. L’un des points majeurs à l’ordre du jour concernait le transfert du siège de l’ASCAM de Casablanca à Agadir, une décision qui témoigne du déplacement du cœur de l’activité et de l’importance croissante de la région d’Agadir pour la filiere des agrumes. Fondée en 2009, l’association compte aujourd’hui 63 stations de conditionnement, auxquelles se sont ajoutées quatre nouvelles adhésions, reflétant une dynamique de croissance et d’intégration au sein de la filiere des agrumes.
Les enjeux globaux et locaux de la filiere des agrumes
La filiere des agrumes opère dans un environnement mondialisé et hyper-concurrentiel. Les producteurs marocains, comme leurs homologues d’autres pays exportateurs, sont confrontés à une pression constante de la part des marchés internationaux. Les exigences en matière de qualité, de sécurité alimentaire, de traçabilité et de durabilité ne cessent d’augmenter. Les normes sanitaires et phytosanitaires fixées par les pays importateurs, notamment l’Union Européenne, représentent des défis constants. De plus, les aléas climatiques globaux, tels que les vagues de chaleur extrêmes ou les gelées tardives, peuvent impacter significativement les rendements et la qualité des fruits, engendrant une volatilité des prix et des revenus pour les agriculteurs. L’accès à l’eau, ressource de plus en plus rare, devient un enjeu majeur pour la pérennité de la filiere des agrumes, qui est une culture relativement gourmande en eau. Les coûts de production, incluant les intrants agricoles (engrais, produits de protection des cultures), la main-d’œuvre et l’énergie, ont également connu une augmentation significative ces dernières années, érodant les marges bénéficiaires des producteurs.
Face à ces pressions, l’ASCAM joue un rôle essentiel en tant que plateforme de concertation et de défense des intérêts de ses membres. Elle œuvre à représenter la filiere des agrumes auprès des pouvoirs publics et des partenaires internationaux, à promouvoir les bonnes pratiques agricoles et industrielles, et à faciliter l’accès aux marchés. L’association participe activement aux discussions au sein de Maroc Citrus, une organisation qui fédère l’ensemble des acteurs de la filière pour coordonner les actions et renforcer la compétitivité du Maroc sur la scène mondiale. Les nouvelles adhésions à l’ASCAM témoignent de la reconnaissance par les professionnels de l’importance de cette structure pour naviguer dans un environnement complexe et pour relever les défis inhérents à la filiere des agrumes.
Défis agronomiques et économiques au sein de la filiere des agrumes
Sur le plan agronomique, la filiere des agrumes est particulièrement sensible aux défis liés à la gestion de l’eau. Le stress hydrique, exacerbé par le changement climatique, impose une adaptation des techniques d’irrigation, avec une transition vers des systèmes plus économes en eau, comme le goutte-à-goutte, et une meilleure gestion des ressources hydriques disponibles. La lutte contre les ravageurs et les maladies, tout en minimisant l’usage des produits phytosanitaires pour répondre aux exigences des marchés et à la préoccupation environnementale, représente un autre défi technique. Les coûts des intrants, qu’il s’agisse d’engrais ou de produits de protection, constituent une part importante du coût de production et leur volatilité impacte directement la rentabilité des exploitations. La recherche et le développement de variétés plus résistantes aux maladies et au stress hydrique, ainsi que des techniques culturales innovantes, sont essentiels pour assurer la résilience et la compétitivité de la filiere des agrumes.
Sur le plan économique, la dynamique entre le “coût prix” et le “prix de vente” est au cœur des préoccupations. Le coût prix englobe toutes les dépenses engagées par le producteur pour cultiver, récolter, conditionner et transporter ses agrumes. Il inclut le coût de la terre, de l’eau, de la main-d’œuvre, des intrants, de l’amortissement du matériel, des coûts de conditionnement et de transport. Le prix de vente, quant à lui, est déterminé par les forces du marché, l’offre et la demande, la concurrence internationale et le pouvoir de négociation des différents maillons de la chaîne de valeur. Souvent, les coûts de production ont tendance à augmenter de manière plus rapide que les prix de vente, comprimant ainsi les marges des producteurs et menaçant leur viabilité économique. Il est donc crucial d’améliorer l’efficience de la production, de réduire les pertes tout au long de la chaîne d’approvisionnement, et de renforcer le pouvoir de négociation des producteurs, notamment à travers des structures comme l’ASCAM et des organisations de producteurs. Pour des informations plus approfondies sur l’agriculture et son rôle, vous pouvez consulter l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture.
Les alternatives pour les producteurs
Face à ces défis, les producteurs de la filiere des agrumes explorent diverses stratégies. L’amélioration de la génétique par le choix de variétés plus productives et mieux adaptées aux conditions locales est une piste importante. L’adoption de techniques d’agriculture de précision, grâce à l’utilisation de drones, de capteurs et de logiciels de gestion, permet d’optimiser l’usage des intrants et de l’eau, réduisant ainsi les coûts et l’impact environnemental. La diversification des marchés d’exportation, au-delà des marchés traditionnels, peut aider à réduire la dépendance à l’égard de quelques clients et à mieux négocier les prix. Le développement de la transformation des agrumes, que ce soit pour la production de jus, de confitures ou d’huiles essentielles, permet de valoriser les fruits moins qualitatifs pour le marché du frais et d’accéder à de nouvelles niches de marché. Le renforcement de la coopération entre agriculteurs, via des coopératives ou des associations, permet de mutualiser les moyens, de partager les risques et d’améliorer le pouvoir de négociation face aux acheteurs. La plateforme HortiTecNews offre régulièrement des éclairages sur ces innovations et les bonnes pratiques dans le secteur.
FAQ sur la crise actuelle
Pourquoi le prix de la filiere des agrumes augmente-t-il ?
L’augmentation du prix des agrumes est généralement le résultat d’une combinaison de facteurs : une hausse des coûts de production (engrais, eau, énergie, main-d’œuvre), des conditions climatiques défavorables qui réduisent les récoltes, une demande accrue sur certains marchés, et des difficultés logistiques qui renchérissent le transport. La spéculation sur les marchés internationaux peut également jouer un rôle.
Quels sont les principaux défis pour la filiere des agrumes au Maroc ?
Les défis majeurs incluent le stress hydrique, la volatilité des prix des intrants, la concurrence internationale accrue, l’évolution des normes sanitaires et environnementales, et la nécessité d’améliorer la compétitivité de la chaîne de valeur. La gestion des aléas climatiques est également une préoccupation constante.
Comment l’ASCAM contribue-t-elle à l’avenir de la filiere des agrumes ?
L’ASCAM représente les stations de conditionnement et participe à la définition des stratégies de la filière. Elle œuvre à la promotion des bonnes pratiques, à la défense des intérêts de ses membres auprès des instances nationales et internationales, et à l’adaptation aux exigences des marchés mondiaux. Son rôle est de structurer et de renforcer la position de la filière.
L’eau est-elle une ressource suffisante pour la filiere des agrumes ?
Dans de nombreuses régions, l’eau devient une ressource de plus en plus rare. Les pratiques d’irrigation doivent évoluer vers des systèmes plus économes pour garantir la durabilité de la culture des agrumes face au changement climatique. Des investissements importants dans les infrastructures hydrauliques et dans des techniques d’irrigation avancées sont nécessaires.
Quelles sont les perspectives pour l’exportation des agrumes marocains ?
Les perspectives dépendent de la capacité du Maroc à maintenir sa compétitivité, à respecter les normes de qualité et de sécurité alimentaire des marchés cibles, et à diversifier ses débouchés. L’adaptation aux exigences des consommateurs, notamment en matière de produits durables et respectueux de l’environnement, sera également déterminante. Pour plus de contexte sur les politiques agricoles, vous pouvez vous référer aux ministères de l’agriculture des pays producteurs. Par exemple, pour la Tunisie, le site est : Ministère de l’Agriculture de la Tunisie.




