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ferme verticale : L’agence de création Framlab propose une solution innovante aux déserts alimentaires urbains avec son projet conceptuel Glasir. Ce système modulaire de fermes verticales vise à fournir un accès aux produits frais dans les quartiers défavorisés, une démarche essentielle face aux défis croissants de la sécurité alimentaire mondiale.
Glasir : Une ferme verticale pour repenser l’accès aux aliments frais en ville
Le concept Glasir, imaginé par l’architecte Andreas Tjeldflaat, prend la forme de cubes modulaires rappelant des serres, conçus pour être intégrés harmonieusement dans le paysage urbain, là où un arbre traditionnel trouverait sa place. Au-delà de leur esthétique, ces structures sont pensées pour être autosuffisantes. Elles fonctionnent grâce à des énergies renouvelables et exploitent l’eau de pluie, minimisant ainsi leur empreinte écologique. Une couche extérieure spécifique aux modules de serre contribue même à la purification de l’air, apportant un bénéfice environnemental supplémentaire aux zones urbaines.
L’ambition derrière Glasir est claire : “confronter les dommages environnementaux et les inégalités sociales au sein de nos systèmes alimentaires”, comme le souligne son créateur. Cette initiative répond directement à une préoccupation majeure soulevée par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, qui alerte régulièrement sur les risques de malnutrition et d’insécurité alimentaire dans les zones urbaines et rurales. L’agriculture urbaine, et en particulier le modèle de ferme verticale, apparaît comme une réponse prometteuse pour rapprocher la production alimentaire des consommateurs.
Pour optimiser l’utilisation des ressources, Glasir met en œuvre le principe de l’aéroponie. Ce système autorégulé permet aux cultures de se développer dans un environnement brumeux, sans recours à la terre. Les plantes absorbent les nutriments directement dans cette brume, un processus qui accélère la croissance et augmente l’efficacité par rapport aux méthodes agricoles traditionnelles. “Cela nous permet de réduire l’utilisation de l’eau et les besoins en terre d’environ 90 %”, explique Tjeldflaat. Cette économie drastique de ressources est particulièrement pertinente dans un contexte de raréfaction de l’eau et de pression foncière accrue.
L’insécurité alimentaire est une réalité frappante : “Aux États-Unis, un ménage sur dix connaît chaque année l’insécurité alimentaire. Et l’on estime que ce chiffre est en réalité plus proche de un et quatre, en raison de la crise économique provoquée par la pandémie”, précise M. Tjeldflaat. Ces statistiques soulignent l’urgence de trouver des solutions concrètes et accessibles. L’approche de Glasir, en proposant une ferme verticale directement intégrée au quartier, s’oppose aux modèles existants qui privilégient souvent des sites industriels éloignés. L’objectif est de “contourner ces exigences et de trouver des moyens de mettre en œuvre des solutions au sein du quartier”.
Les défis et opportunités du marché de la ferme verticale
Le marché mondial de la ferme verticale est en pleine expansion, stimulé par la demande croissante de produits frais, la nécessité de réduire l’empreinte carbone de l’agriculture et la recherche de solutions face au changement climatique. Les investissements dans ce secteur sont en hausse constante, attirant aussi bien des startups innovantes que des acteurs agroalimentaires établis. Cependant, cette croissance n’est pas sans obstacles. Les coûts d’installation initiaux, la consommation énergétique, bien que de plus en plus gérée par les énergies renouvelables, et la complexité de la gestion agronomique restent des points cruciaux à adresser. L’innovation continue est donc essentielle pour améliorer la rentabilité et l’accessibilité de ces systèmes.
Les défis agronomiques dans une ferme verticale, bien que limités par rapport à l’agriculture traditionnelle, ne sont pas négligeables. La gestion précise des nutriments est primordiale ; un déséquilibre peut rapidement affecter la croissance des cultures et leur qualité. Le stress hydrique, bien que contrôlé par l’aéroponie, nécessite une surveillance constante pour maintenir l’humidité optimale sans sur-arroser. De plus, la lutte contre les maladies et les parasites, bien que facilitée par l’environnement clos, demande des protocoles stricts pour éviter toute contamination. L’optimisation des paramètres environnementaux (lumière, température, humidité, CO2) est un équilibre délicat à trouver pour chaque type de culture afin de maximiser le rendement et la qualité. L’utilisation de substrats inertes, comme la laine de roche ou la fibre de coco, bien que recyclables, représente un coût et une gestion de fin de vie à considérer.
Sur le plan économique, la dynamique entre le prix de revient et le prix de vente est un facteur déterminant pour la viabilité d’une ferme verticale. Le prix de revient est influencé par de nombreux facteurs : le coût de l’énergie, celui des semences et des intrants nutritifs, l’amortissement des équipements sophistiqués (éclairage LED, systèmes de contrôle climatique, automatisation), la main-d’œuvre spécialisée et les coûts de maintenance. Le prix de vente doit être compétitif tout en permettant une marge bénéficiaire. C’est un équilibre complexe à trouver, surtout lorsque l’on vise à rendre ces produits accessibles aux populations à faibles revenus. La recherche de subventions, les partenariats public-privé et l’optimisation des processus de production sont des leviers essentiels pour réduire le coût final et ainsi démocratiser l’accès aux produits frais issus de l’agriculture verticale.
Dans un contexte où les coûts de production peuvent fluctuer, il est essentiel d’analyser les différentes composantes du prix. Par exemple, une augmentation du coût de l’électricité ou des engrais spécifiques peut directement impacter le prix de vente. Les producteurs doivent donc anticiper ces variations et chercher des solutions pour les atténuer. L’innovation continue dans les technologies de production, l’amélioration de l’efficacité énergétique et le développement de circuits courts de distribution sont des pistes pour maintenir des prix abordables. La ferme verticale est donc un secteur où la recherche constante d’optimisation économique et technologique est la clé du succès.
Les alternatives pour les producteurs
Face aux défis de l’agriculture traditionnelle (aléas climatiques, coûts des intrants, pression foncière), les producteurs explorent diverses voies. L’agriculture en serres traditionnelles reste une option viable pour contrôler certains paramètres environnementaux. La permaculture et l’agroécologie offrent des modèles plus durables et résilients, axés sur la régénération des sols et la biodiversité. L’aquaponie, qui combine élevage de poissons et culture de plantes, présente également un intérêt pour son efficacité en eau et ses cycles de nutriments fermés. Cependant, la ferme verticale se distingue par son potentiel d’intensification et de localisation au cœur des zones de consommation, offrant une réponse unique aux problématiques d’accès aux aliments frais en milieu urbain. Les producteurs ont donc le choix entre plusieurs modèles, chacun avec ses avantages et ses contraintes.
FAQ sur la ferme verticale
Pourquoi le prix de la ferme verticale peut sembler élevé ?
- Les coûts initiaux d’installation des infrastructures (bâtiments, éclairage LED spécifique, systèmes de contrôle climatique, automatisation) sont importants.
- La consommation d’énergie, bien que de plus en plus basée sur les énergies renouvelables, reste une dépense significative.
- Les intrants spécifiques (nutriments hydroponiques ou aéroponiques, substrats) peuvent être coûteux.
- La recherche et le développement continus pour optimiser les rendements et la qualité nécessitent des investissements.
Quels sont les principaux avantages de la ferme verticale ?
- Production locale et accès aux produits frais toute l’année, indépendamment des saisons.
- Réduction significative de la consommation d’eau (jusqu’à 90% par rapport à l’agriculture traditionnelle).
- Utilisation minimale voire nulle de pesticides et d’herbicides.
- Optimisation de l’espace grâce à la culture en couches superposées.
- Réduction des émissions de gaz à effet de serre liées au transport.
Quels types de cultures sont les plus adaptés à la ferme verticale ?
Les cultures les plus adaptées sont généralement celles qui ont un cycle de croissance rapide et qui ne nécessitent pas d’énormes surfaces, comme les légumes-feuilles (laitues, épinards, roquette), les herbes aromatiques (basilic, menthe, persil), les fraises, et certaines variétés de tomates ou de poivrons. Les céréales ou les cultures racines à croissance lente sont moins courantes dans les fermes verticales classiques.
La ferme verticale est-elle la solution à tous les problèmes alimentaires ?
La ferme verticale est une solution prometteuse et complémentaire pour améliorer la sécurité alimentaire, en particulier dans les zones urbaines. Elle ne remplacera pas totalement l’agriculture traditionnelle mais offre une alternative précieuse pour diversifier les sources d’approvisionnement, réduire l’impact environnemental de la production alimentaire et lutter contre les déserts alimentaires. HortiTecNews suit de près ces développements innovants.




