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Exportations tomates : Le Maroc fait face à un ralentissement significatif de ses expéditions vers l’Union Européenne, une tendance qui suscite des interrogations quant à l’avenir du secteur horticole marocain sur les marchés internationaux. Les données récentes du Ministère de l’Agriculture du Maroc font état d’une baisse des exportations horticoles globales, s’établissant à 512 862 tonnes au 23 février dernier, soit un recul de 6% par rapport à la période correspondante de l’année précédente. Ce déclin est attribué par les autorités agricoles à une vague de froid intense qui a sévi durant les mois de décembre et janvier, impactant négativement le rendement des cultures et, par conséquent, les volumes disponibles pour l’exportation.
L’impact du climat sur les exportations tomates
La tomate, produit phare de l’horticulture marocaine et pilier de ses exportations vers l’UE, n’a pas été épargnée par ces intempéries. Les exportations de tomates ont ainsi enregistré une diminution de 5%, atteignant 319 373 tonnes. Ce chiffre, bien que représentant une baisse, souligne néanmoins la prédominance de la tomate dans le panier des exportations marocaines, puisqu’elle représente encore 63% des ventes globales de produits horticoles. Les conditions météorologiques extrêmes ont non seulement réduit la quantité disponible, mais ont également pu affecter la qualité des fruits, rendant une partie de la production moins conforme aux standards des marchés européens.
Ce contexte met en lumière la vulnérabilité du secteur agricole marocain face aux aléas climatiques. Les vagues de froid, de plus en plus fréquentes et intenses sous l’effet du changement climatique, constituent un défi majeur pour les producteurs. La gestion de l’eau, le coût croissant des intrants agricoles (engrais, pesticides, énergie) et la nécessité de maintenir des normes de qualité élevées pèsent également sur la compétitivité des exportations tomates marocaines. L’Union Européenne, principal marché d’exportation, est de plus en plus exigeante en matière de traçabilité, de sécurité sanitaire et de durabilité environnementale, ajoutant une couche de complexité pour les exportateurs.
Face à ces défis, le secteur doit impérativement innover et s’adapter. L’adoption de techniques agricoles plus résilientes, l’investissement dans les infrastructures de protection des cultures (serres, tunnels) et la diversification des marchés d’exportation sont autant de pistes à explorer. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) met régulièrement en avant l’importance de ces stratégies d’adaptation pour assurer la sécurité alimentaire et la pérennité des filières agricoles à l’échelle mondiale. Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture joue un rôle crucial dans la diffusion de bonnes pratiques et le soutien aux pays en développement agricole.
Les exportations agrumes : une embellie contrastée
Dans ce tableau contrasté, les exportations d’agrumes marocains affichent une nette amélioration. Durant la même période, les expéditions d’agrumes ont grimpé à 462 241 tonnes, enregistrant une augmentation significative de 15%. Cette performance positive des agrumes offre un certain réconfort au secteur agricole, mais ne compense pas entièrement le recul constaté sur les produits horticoles, et notamment les exportations tomates.
Le secteur agricole demeure le moteur principal de l’économie marocaine, contribuant à hauteur d’au moins 14% du PIB national et constituant le principal employeur du pays. Les prévisions du gouvernement marocain tablaient sur une croissance économique de 4,5% pour l’année en cours, largement soutenue par les perspectives d’une bonne saison agricole, contrastant fortement avec la faible croissance de 1,6% enregistrée en 2016 suite à une grave sécheresse. La fluctuation des rendements agricoles, exacerbée par les conditions climatiques, a un impact direct et substantiel sur la performance économique globale du pays.
La dynamique des prix et le coût de production des exportations tomates
La question du prix est centrale dans l’analyse des exportations tomates. Le coût de production d’une tonne de tomates est un calcul complexe qui intègre de nombreux éléments. Il faut compter les coûts des semences ou plants, des engrais, des produits phytosanitaires, de l’eau (dont le coût devient de plus en plus critique), de l’énergie (pour le chauffage des serres, le pompage de l’eau, l’irrigation), de la main-d’œuvre (semis, repiquage, entretien, récolte, conditionnement), ainsi que l’amortissement des infrastructures (serres, systèmes d’irrigation, chambres froides). À cela s’ajoutent les coûts de transport jusqu’aux ports d’embarquement, les frais de manutention et les droits de douane à l’exportation.
Le prix de vente sur les marchés internationaux, en particulier sur le marché européen, est déterminé par une multitude de facteurs : l’offre et la demande mondiales, les prix pratiqués par les pays concurrents (Espagne, Italie, Turquie, Égypte, etc.), les promotions et les exigences des distributeurs, et bien sûr, la saisonnalité. Lorsque la demande est forte et l’offre limitée, les prix augmentent. Inversement, une surproduction ou une baisse de la demande entraînent une pression à la baisse sur les prix. La tension entre un coût de production qui ne cesse d’augmenter et un prix de vente qui peut fluctuer considérablement est le défi quotidien des producteurs de exportations tomates.
Les alternatives pour les producteurs
Face aux difficultés rencontrées, les producteurs marocains explorent diverses stratégies. La diversification des cultures est une piste sérieuse. Si la tomate reste un produit d’exportation majeur, d’autres fruits et légumes, tels que les fraises, les courgettes, les poivrons ou encore les avocats, connaissent également une demande croissante sur les marchés internationaux. Le développement de l’agriculture sous serre et en hydroponie permet de mieux maîtriser les conditions de culture, de réduire la consommation d’eau et de mieux protéger les cultures des aléas climatiques, bien que ces techniques nécessitent des investissements initiaux plus importants.
Par ailleurs, la recherche de nouveaux marchés d’exportation est cruciale. Si l’UE reste un marché privilégié en raison de sa proximité géographique et de sa forte demande, d’autres marchés en Afrique, au Moyen-Orient, ou même en Amérique du Nord, pourraient représenter des opportunités. Pour cela, il est essentiel de s’assurer de la conformité des produits aux normes sanitaires et phytosanitaires de ces nouvelles destinations. L’innovation dans les techniques de conservation et de transport post-récolte peut également permettre d’élargir la portée géographique des exportations tomates.
Enfin, l’amélioration de la logistique et de la chaîne d’approvisionnement est un levier essentiel pour optimiser les coûts et les délais. Une meilleure coordination entre les producteurs, les transporteurs, les exportateurs et les distributeurs peut réduire les pertes et améliorer la compétitivité. Il est également important de renforcer le rôle des coopératives agricoles, qui peuvent jouer un rôle clé dans la mutualisation des moyens, la négociation des prix d’achat et de vente, et l’accès à l’information technique et commerciale.
FAQ sur la crise actuelle des exportations tomates
Pourquoi le prix de la exportations tomates augmente-t-il ?
Le prix des exportations tomates peut augmenter pour plusieurs raisons, notamment une offre réduite due à des conditions climatiques défavorables (froid, sécheresse), une demande accrue sur les marchés, une hausse des coûts de production (énergie, main-d’œuvre, intrants), ou encore des perturbations dans la chaîne d’approvisionnement.
Quels sont les principaux marchés d’exportation des tomates marocaines ?
L’Union Européenne est le marché principal pour les exportations tomates marocaines, absorbant une large part de la production. D’autres marchés sont également ciblés, notamment en Afrique et au Moyen-Orient.
Comment le changement climatique affecte-t-il les exportations de tomates ?
Le changement climatique entraîne des conditions météorologiques plus extrêmes, comme des vagues de froid ou des périodes de sécheresse prolongées, qui affectent négativement le rendement et la qualité des cultures de tomates. Cela peut entraîner une diminution des volumes disponibles pour l’exportation et une augmentation des coûts de production pour protéger les cultures.
Quelles sont les alternatives pour les producteurs face à la baisse des exportations tomates ?
Les producteurs peuvent diversifier leurs cultures, investir dans des techniques agricoles plus résilientes comme l’agriculture sous serre, rechercher de nouveaux marchés d’exportation, améliorer leur logistique, ou encore renforcer la coopération au sein de coopératives agricoles.
Le secteur agricole marocain, et en particulier la filière des exportations tomates, traverse une période de défis importants. L’adaptation aux changements climatiques, la maîtrise des coûts de production et la compétitivité sur les marchés internationaux exigent une stratégie globale et coordonnée. L’innovation technologique, la diversification et la recherche de nouveaux débouchés seront les clés pour assurer la pérennité et la croissance de ce secteur vital pour l’économie marocaine. Vous pouvez suivre les actualités et analyses du secteur sur HortiTecNews.




