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Exportations agricoles : le Maroc, acteur majeur sur la scène internationale, est confronté à une dynamique de marché en constante évolution, appelant à une stratégie proactive de prospection de nouveaux débouchés. La diversification des marchés pour les produits agricoles, en particulier les fruits et légumes, est devenue une nécessité impérieuse pour assurer la pérennité et la croissance du secteur. Des experts et professionnels marocains du secteur, réunis récemment à Aït Melloul dans la région Souss Massa, ont souligné l’importance cruciale de cette démarche. L’objectif est double : consolider les positions sur les marchés traditionnels tout en ouvrant de nouvelles voies d’exportation, notamment vers le continent africain, un marché plein de promesses.
Exportations agricoles : l’Afrique, un levier de croissance stratégique
La rencontre nationale organisée par la BMCE Bank, en partenariat avec l’Association marocaine des exportations (ASMEX), a clairement mis en évidence le potentiel inexploité des marchés africains. Ces marchés, en plein essor économique, offrent des opportunités d’affaires considérables pour les producteurs marocains. L’intérêt marqué pour l’Afrique s’aligne parfaitement avec la politique étrangère du Royaume, axée sur le renforcement de ses liens avec sa “profondeur africaine”, comme en témoignent les récentes visites royales dans plusieurs pays d’Afrique de l’Est, Centrale et de l’Ouest. Cette synergie politique et économique crée un environnement favorable à l’intensification des exportations agricoles marocaines sur ce continent.
La pression mondiale sur les exportations agricoles est de plus en plus palpable. Les marchés européens, bien que traditionnels, sont saturés et soumis à des réglementations strictes et des exigences de qualité élevées. De plus, l’augmentation des coûts de production, les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales et les fluctuations des taux de change pèsent sur la compétitivité des produits. Dans ce contexte, la prospection de marchés émergents, tels que ceux en Afrique, représente une stratégie essentielle pour atténuer les risques et capter de nouvelles parts de marché. Les exportations agricoles ne peuvent plus se reposer sur les acquis, une veille stratégique et une adaptabilité sont désormais les maîtres mots.
Les défis de la production et la dynamique des prix dans les exportations agricoles
Au-delà des enjeux de marché, les producteurs marocains font face à des défis agronomiques de taille. Le stress hydrique, exacerbé par le changement climatique, met à rude épreuve les ressources en eau, un intrant vital pour l’agriculture. Parallèlement, l’augmentation des coûts des intrants, qu’il s’agisse des engrais, des produits phytosanitaires ou de l’énergie, grève la rentabilité des exploitations. Cette conjonction de facteurs rend la maîtrise des coûts de production plus complexe que jamais, impactant directement la compétitivité des exportations agricoles.
La dynamique entre le “coût de revient” et le “prix de vente” est au cœur des préoccupations des exportateurs. Le coût de revient englobe toutes les dépenses engagées depuis la production jusqu’à la mise sur le marché international : semis, fertilisation, irrigation, protection des cultures, main-d’œuvre, emballage, transport, certification, etc. Le prix de vente, quant à lui, est déterminé par l’offre et la demande sur les marchés internationaux, la qualité des produits, la concurrence des autres pays exportateurs, et les marges des intermédiaires. Une pression à la hausse sur les coûts de revient, sans une augmentation proportionnelle du prix de vente, érode la marge bénéficiaire des producteurs, menaçant ainsi leur capacité à investir et à innover pour maintenir la qualité et la compétitivité de leurs exportations agricoles.
Les initiatives de soutien aux exportateurs se multiplient. Des établissements publics et privés, tels que l’établissement autonome de contrôle et de coordination des exportations (EACCE), œuvrent activement au développement et à la diversification des exportations, qu’elles soient agricoles ou halieutiques. La BMCE Bank, de son côté, a lancé de nouveaux services adaptés à la nouvelle dynamique des opérateurs économiques marocains en Afrique, capitalisant sur sa présence dans une vingtaine de pays du continent. Ces dispositifs visent à fournir l’accompagnement financier et logistique nécessaire pour conquérir de nouveaux marchés africains et asiatiques, renforçant ainsi la position du Maroc en tant qu’acteur majeur des exportations agricoles.
Les alternatives pour les producteurs
Face à ces défis, les producteurs ont plusieurs pistes à explorer. La diversification des cultures peut permettre de réduire la dépendance à un seul produit et de mieux répartir les risques. L’adoption de techniques agricoles plus durables et efficientes en eau, comme l’irrigation goutte-à-goutte ou l’agriculture de précision, est également cruciale. L’investissement dans la recherche et le développement pour améliorer la qualité des produits, leur résistance aux maladies et aux conditions climatiques extrêmes, est une autre voie essentielle. Le recours aux innovations technologiques, comme celles proposées par des plateformes telles que HortiTecNews, peut également offrir des solutions pour optimiser la production et la commercialisation.
La valorisation des produits par la transformation et la création de produits à plus forte valeur ajoutée, plutôt que la simple exportation de matières premières, est une stratégie prometteuse. Le développement de labels de qualité et de certifications reconnues internationalement peut améliorer la perception et la compétitivité des produits marocains. Enfin, la formation continue des agriculteurs et des professionnels de l’exportation aux nouvelles techniques et aux exigences des marchés cibles est un investissement indispensable pour l’avenir du secteur.
Il est important de considérer l’avis d’organismes internationaux reconnus dans le domaine agricole. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, par exemple, publie régulièrement des rapports sur les tendances des marchés agricoles mondiaux et les défis auxquels sont confrontés les pays producteurs. Ces analyses offrent des perspectives précieuses pour l’élaboration de stratégies d’exportation efficaces.
La coopération avec d’autres pays producteurs, notamment sur le continent africain, peut également ouvrir de nouvelles perspectives. Par exemple, un partenariat avec le Ministère de l’Agriculture de la Tunisie pourrait permettre d’échanger des bonnes pratiques, de mutualiser les efforts de recherche et développement, et de mieux appréhender les spécificités des marchés nord-africains.
FAQ sur la crise actuelle
Pourquoi le prix des exportations agricoles marocaines peut-il augmenter ?
Les prix des exportations agricoles peuvent augmenter pour plusieurs raisons, notamment l’augmentation des coûts de production (engrais, énergie, main-d’œuvre), les perturbations des chaînes d’approvisionnement, une demande accrue sur les marchés internationaux, une diminution de l’offre due à des conditions climatiques défavorables, ou encore la mise en place de normes de qualité plus strictes qui impliquent des coûts supplémentaires.
Quels sont les principaux marchés traditionnels pour les exportations agricoles marocaines ?
Historiquement, les principaux marchés traditionnels pour les exportations agricoles marocaines, en particulier pour les fruits et légumes, sont les pays européens, notamment la France, l’Espagne, le Royaume-Uni et les pays-Bas. Cependant, la tendance est à la diversification vers d’autres régions.
Comment les défis climatiques affectent-ils les exportations agricoles ?
Les défis climatiques, tels que la sécheresse, les fortes chaleurs ou les inondations, peuvent entraîner une baisse des rendements agricoles, une détérioration de la qualité des produits et une augmentation des maladies. Cela réduit la quantité et la qualité des produits disponibles pour l’exportation, et peut engendrer une hausse des prix.
Quel rôle jouent les institutions bancaires dans l’accompagnement des exportateurs agricoles ?
Les institutions bancaires jouent un rôle essentiel en offrant des financements adaptés aux besoins des exportateurs, en proposant des solutions de gestion des risques de change, en facilitant les transactions internationales et en apportant un soutien financier et logistique pour l’expansion sur de nouveaux marchés, comme le fait la BMCE Bank en Afrique.
Qu’est-ce que l’EACCE et quelle est sa mission ?
L’EACCE (Établissement Autonome de Contrôle et de Coordination des Exportations) est un établissement public marocain dont la mission est de développer et de diversifier les exportations marocaines, qu’elles soient agricoles, halieutiques ou autres. Il assure le contrôle qualité, le conseil aux exportateurs et la promotion des produits marocains à l’étranger.




