
Une collaboration entre le Maroc et la Russie pour la construction d’un grand projet de serres
15 June 2015
L’Espagne exporte de plus en plus de fruits rouges
15 June 2015
tomates : une étude révolutionnaire dévoile des gains de production significatifs grâce à l’eau dessalée. L’Université d’Almería a présenté des conclusions prometteuses qui pourraient transformer la culture de la tomate, particulièrement dans les régions confrontées à des défis hydriques. Cette recherche, menée sur dix ans, met en lumière les avantages économiques et agronomiques de l’utilisation de l’eau dessalée par rapport à l’eau de puits, offrant un nouvel espoir aux producteurs de légumes sous serre.
L’eau dessalée : un catalyseur pour la production de tomates
Les résultats de l’étude « capture de données de terrain et analyse pour la prise de décision sur la consommation d’eau, dessalée et de puits, pour la culture de tomates », réalisés par des professeurs de l’Université d’Almería, ont été révélés le 2 juin lors d’une conférence technique. Organisée par les usagers de l’eau communautaire de la Région de Nijaren, en Espagne, cette rencontre a marqué le dixième anniversaire de l’arrivée de l’eau dessalée dans la région, grâce à l’usine de dessalement « Carboneras ». L’expérimentation, menée dans les installations de la ferme expérimentale de la fondation UAL-Anecoop, a directement comparé l’eau des puits locaux avec l’eau dessalée. Le projet, lancé en août 2014, a d’abord évalué l’impact sur la culture de la pastèque. Les premiers retours sur le poivron et la courgette seront disponibles lors de la prochaine campagne. Le rapport est formel : « l’eau dessalée est plus rentable par rapport à l’eau de puits pour l’irrigation des fruits et légumes cultivés dans les serres ». Plus spécifiquement pour la culture de tomates, l’étude a quantifié un surcroît de production estimé à 44,35%, se traduisant par une augmentation de 3,73 kilos par mètre carré. Au-delà du simple rendement, l’eau dessalée améliore également l’uniformité des paramètres de qualité des fruits, offrant ainsi des tomates plus homogènes et répondant aux exigences du marché. L’eau dessalée s’avère donc une solution clé pour la durabilité des cultures sous serre, non seulement dans la région d’Almería mais potentiellement bien au-delà. En effet, Almería est aujourd’hui un modèle dans la lutte contre la surexploitation des aquifères et la salinisation alarmante, deux problématiques majeures affectant l’agriculture mondiale.
Les défis du marché mondial des tomates et la pression sur les ressources hydriques
Le marché mondial des tomates est soumis à une pression croissante. La demande, alimentée par une population mondiale en augmentation et des habitudes de consommation favorisant les produits frais et sains, ne cesse de croître. Parallèlement, les changements climatiques exacerbent les problèmes de disponibilité de l’eau douce, ressource essentielle à l’agriculture. Dans de nombreuses régions, l’eau de puits, autrefois une source fiable, devient de plus en plus rare, sa qualité se dégradant en raison de la surexploitation et de la salinisation. Cette situation crée un cercle vicieux pour les producteurs : la diminution de la disponibilité en eau entraîne une baisse des rendements, augmentant les coûts de production par unité, ce qui impacte directement la rentabilité. La culture de tomates, particulièrement gourmande en eau, est en première ligne de ces défis. L’adoption de technologies et de pratiques innovantes, comme l’utilisation de l’eau dessalée, devient alors impérative pour assurer la pérennité de la production.
Enjeux agronomiques et économiques de l’eau dessalée pour les tomates
Les défis agronomiques liés à la culture des tomates sont multiples. Le stress hydrique, qu’il soit dû à une pénurie d’eau ou à une mauvaise qualité de celle-ci, affecte directement la croissance des plantes, la floraison et la nouaison des fruits. Une irrigation inadéquate peut entraîner des malformations, une réduction de la taille des fruits et une sensibilité accrue aux maladies. Les coûts des intrants, notamment les engrais qui sont souvent appliqués par fertigation, sont également un facteur déterminant dans la rentabilité. L’eau dessalée, par sa pureté, permet une gestion plus précise et efficiente de la fertilisation. Elle réduit le risque d’apport d’éléments indésirables présents dans l’eau de puits, qui pourraient interagir négativement avec les nutriments apportés. Sur le plan économique, la dynamique entre le “coût de revient” et le “prix de vente” des tomates est cruciale. Le coût de revient englobe tous les facteurs de production : semences, main-d’œuvre, énergie, engrais, eau, protection des cultures, emballage, transport, etc. Une augmentation du rendement, comme celle observée avec l’eau dessalée, a un impact direct sur la réduction du coût de revient par kilo de tomate. Si le prix de vente reste stable ou augmente légèrement, la marge bénéficiaire du producteur s’accroît significativement. De plus, l’amélioration de la qualité et de l’uniformité des tomates peut permettre d’accéder à des marchés plus rémunérateurs ou de mieux négocier les prix avec les distributeurs. L’investissement dans une usine de dessalement ou l’accès à une source d’eau dessalée peut donc être rapidement amorti par les gains de productivité et la meilleure valorisation des récoltes de tomates.
Les alternatives pour les producteurs
Face aux contraintes liées à l’eau, les producteurs de tomates explorent diverses stratégies. L’irrigation goutte à goutte de précision, combinée à des systèmes de suivi de l’humidité du sol et des besoins de la plante, permet d’optimiser chaque goutte d’eau. La sélection de variétés de tomates plus résistantes à la sécheresse et à la salinité est également une piste explorée. La réutilisation des eaux usées traitées, lorsqu’elle est autorisée et sécurisée, représente une autre alternative prometteuse. Enfin, la diversification des cultures peut permettre de répartir les risques et de mieux gérer les cycles de production en fonction de la disponibilité des ressources. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) souligne l’importance de ces innovations pour garantir la sécurité alimentaire mondiale. Pour les agriculteurs tunisiens, par exemple, le Ministère de l’Agriculture propose des programmes de soutien à l’adoption de technologies agricoles durables.
FAQ sur la crise actuelle
Pourquoi le prix de la tomate augmente-t-il ?
Plusieurs facteurs expliquent la hausse du prix de la tomate : les conditions climatiques difficiles qui affectent les rendements, la hausse des coûts de production (énergie, intrants), la pression sur les ressources en eau qui rend l’irrigation plus coûteuse, et une demande toujours soutenue. La spéculation peut également jouer un rôle dans certaines situations. La recherche de solutions comme l’eau dessalée vise à stabiliser et à réduire ces coûts à long terme.
L’eau dessalée est-elle adaptée à toutes les cultures de tomates ?
L’eau dessalée s’est montrée particulièrement bénéfique pour la culture de tomates en serre, comme le confirme l’étude d’Almería. Cependant, son adaptation à d’autres cultures ou à des systèmes de production en plein champ nécessite une évaluation spécifique des besoins des plantes et des conditions locales. Des ajustements dans la gestion des nutriments peuvent être nécessaires.
Quels sont les coûts associés à l’utilisation de l’eau dessalée ?
Les coûts initiaux d’une installation de dessalement peuvent être élevés. Ils comprennent l’investissement dans la technologie (membranes, pompes) et l’énergie nécessaire au processus. Cependant, une gestion optimisée et les gains de productivité significatifs peuvent rendre cette solution économiquement viable à moyen et long terme, comme le démontre l’étude de HortiTecNews.




