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Dechets poisson : une révolution silencieuse dans l’agriculture égyptienne. À Gizeh, en Égypte, une ferme hydroponique innovante nommée NatureWorks transforme ce qui était autrefois considéré comme un simple sous-produit de l’élevage de poissons en un atout précieux pour la culture de légumes. Cette approche, alliant pisciculture et agriculture en circuit fermé, redéfinit la gestion des ressources et la durabilité dans le secteur agroalimentaire.
Le système mis en place par NatureWorks est un exemple remarquable d’aquaponie, une méthode symbiotique où les déjections des poissons fertilisent les plantes, qui à leur tour purifient l’eau pour les poissons. Abdelrahman Ahmed, l’un des responsables, décrit ce processus : « Notre système ici est un cercle fermé, composé de réservoirs à poissons et de pots de plantes. Les poissons libèrent leurs œufs, qui sont très petits. Nous nourrissons les poissons. Les poissons grossissent et rejettent des déchets. À ce stade, les déchets sont considérés comme un engrais naturel, qui passe par un processus de filtrage. Nous filtrons l’eau, puis l’eau va vers les plantes. Les plantes utilisent l’eau et absorbent tous les nutriments provenant des poissons, puis l’eau retourne aux poissons sous forme d’eau propre ».
L’exploitation des dechets poisson dans un contexte de marché mondial
L’initiative égyptienne de valoriser les dechets poisson s’inscrit dans un contexte mondial de pression croissante sur les ressources agricoles. La demande alimentaire mondiale ne cesse d’augmenter, tandis que les terres arables se raréfient et que les ressources en eau douce sont de plus en plus sollicitées. Dans ce paysage, les méthodes d’agriculture innovantes comme l’aquaponie gagnent en importance. La gestion des sous-produits de l’aquaculture, tels que les déjections de poissons, devient alors un enjeu économique et environnemental majeur. L’utilisation des dechets poisson comme engrais dans un système hydroponique permet non seulement de réduire les coûts des intrants, mais aussi de minimiser la pollution potentielle des eaux par les nutriments excédentaires. C’est une approche qui répond aux défis de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui œuvre pour des systèmes alimentaires plus durables et résilients. L’optimisation de l’utilisation de chaque élément, même les dechets poisson, est la clé d’une agriculture performante et respectueuse de l’environnement.
Défis agronomiques et économiques liés à l’utilisation des dechets poisson
Bien que prometteur, ce système d’utilisation des dechets poisson présente des défis agronomiques et économiques spécifiques. L’un des principaux défis agronomiques réside dans le contrôle précis des nutriments disponibles pour les plantes. Les déjections de poissons contiennent une concentration élevée d’azote, de phosphore et de potassium, mais les ratios peuvent varier en fonction de l’alimentation des poissons et de leur stade de développement. Il est crucial d’équilibrer ces apports pour éviter un stress hydrique ou un déséquilibre nutritif pour les légumes. De plus, le processus de filtration doit être efficace pour éliminer les particules solides et les pathogènes potentiels, garantissant ainsi la santé des plantes et la qualité de l’eau retournant aux poissons. Sur le plan économique, le coût initial d’installation d’un système aquaponique peut être significatif, incluant les réservoirs, les systèmes de filtration, les pompes et l’infrastructure hydroponique. Cependant, la réduction des coûts d’engrais et d’eau à long terme peut compenser cet investissement. La dynamique entre le coût de production et le prix de vente est également un facteur clé. En transformant les dechets poisson en un engrais précieux, NatureWorks optimise sa chaîne de valeur. Ils réduisent leur dépendance vis-à-vis des fournisseurs d’engrais conventionnels, dont les prix peuvent fluctuer. Le rendement obtenu grâce à une fertilisation naturelle et constante peut permettre de proposer des produits de haute qualité à un prix compétitif, assurant ainsi une marge bénéficiaire saine. L’expertise développée dans la gestion de ces flux de nutriments permet de maîtriser le “coût prix” (coût de production) et d’influencer favorablement le “selling price” (prix de vente).
Les alternatives pour les producteurs
Face aux défis posés par la gestion des ressources et la recherche de solutions agricoles durables, les producteurs disposent de plusieurs alternatives pour optimiser l’utilisation des sous-produits et réduire leur dépendance aux intrants traditionnels. L’aquaponie, telle que pratiquée par NatureWorks, est une voie privilégiée, mais d’autres approches existent. La méthanisation des déjections de poissons peut permettre de produire du biogaz, une source d’énergie renouvelable, tout en générant un digestat riche en nutriments utilisable comme engrais organique. Le compostage des déchets organiques, y compris ceux issus de la pisciculture, est une autre méthode éprouvée pour produire un amendement de sol de qualité. Pour les producteurs qui ne souhaitent pas s’engager dans des systèmes complexes, l’achat d’engrais organiques disponibles sur le marché, tels que le fumier composté, le guano ou les farines de poisson issues de sources certifiées, reste une option. Les entreprises spécialisées dans le traitement et la valorisation des biodéchets proposent également des solutions innovantes. Le site HortiTecNews est une excellente ressource pour découvrir les dernières innovations dans ce domaine. De plus, se renseigner auprès des ministères de l’agriculture nationaux, comme le Ministère de l’Agriculture en Tunisie (http://www.agriculture.tn), peut fournir des informations précieuses sur les programmes de soutien et les bonnes pratiques disponibles pour les agriculteurs cherchant à adopter des méthodes plus durables.
FAQ sur la crise actuelle
Pourquoi le prix de la dechets poisson augmente-t-il ?
Le prix des dechets poisson, ou plus précisément des sous-produits de la pisciculture qui peuvent être valorisés, peut augmenter pour plusieurs raisons. Premièrement, la demande croissante pour des engrais naturels et des méthodes d’agriculture durable pousse les agriculteurs à rechercher ces matériaux. Deuxièmement, les coûts de traitement et de transformation de ces déchets pour les rendre utilisables comme fertilisants peuvent augmenter. Enfin, les réglementations environnementales plus strictes peuvent rendre leur élimination plus coûteuse pour les pisciculteurs, entraînant une répercussion sur leur prix de vente lorsqu’ils sont utilisés comme matière première.
Quels sont les principaux nutriments trouvés dans les dechets poisson ?
Les dechets poisson sont riches en nutriments essentiels pour la croissance des plantes, notamment l’azote, le phosphore et le potassium. Ils contiennent également d’autres micronutriments importants comme le calcium, le magnésium, et une variété d’oligo-éléments. Ces éléments sont généralement disponibles sous des formes facilement assimilables par les plantes dans un système aquaponique bien géré.
L’utilisation des dechets poisson est-elle sûre pour la consommation de légumes ?
Oui, lorsqu’elle est pratiquée dans un système aquaponique contrôlé comme celui de NatureWorks, l’utilisation des dechets poisson est sûre. Le processus de filtration et le cycle de l’eau garantissent que les nutriments sont convertis en formes non nocives pour les plantes et les consommateurs. De plus, l’eau purifiée par les plantes retourne aux poissons, créant un environnement sain pour tous les organismes impliqués.




