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couloirs prioritaires : une nécessité face aux perturbations du commerce mondial
La pandémie de COVID-19 a révélé la fragilité des chaînes d’approvisionnement mondiales. Face aux fermetures de frontières et aux restrictions de circulation, l’Union européenne, comme de nombreux autres blocs économiques, a dû réagir rapidement pour assurer la continuité du flux des marchandises essentielles. Dans ce contexte, l’idée de mettre en place des couloirs prioritaires pour le transport de marchandises a émergé comme une solution cruciale pour éviter les pénuries et soutenir l’économie. Ces couloirs visent à fluidifier le passage des biens, notamment ceux nécessaires à la production agricole et alimentaire, tout en maintenant des contrôles sanitaires stricts.
L’importance des couloirs prioritaires pour la résilience des chaînes d’approvisionnement
Alors que les frontières extérieures de l’Union européenne et de l’espace Schengen étaient fermées pour une période initiale de 30 jours, des contrôles renforcés ont été instaurés. Simultanément, plusieurs pays membres, tels que le Danemark, la Pologne, la République tchèque, l’Autriche, l’Allemagne, la Slovénie, la Suisse, la Hongrie, l’Espagne, l’Estonie, la Grèce, la Slovaquie, la Roumanie, la Bulgarie et la Norvège, ont rétabli des contrôles à leurs frontières internes. Cette situation a créé une pression considérable sur le transport de marchandises. Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a souligné l’impératif de maintenir la circulation des biens vers l’UE et au sein de celle-ci. Il ne s’agit pas seulement d’assurer l’approvisionnement en articles essentiels comme les médicaments, mais aussi en nourriture et en composants industriels indispensables au fonctionnement des usines. La mise en place de couloirs prioritaires est ainsi apparue comme une mesure indispensable pour débloquer les embouteillages aux frontières et garantir une circulation fluide et efficace des biens, minimisant ainsi les risques de rupture d’approvisionnement pour les consommateurs et les entreprises.
Le concept de couloirs prioritaires s’inscrit dans une démarche plus globale de gestion de crise et de renforcement de la résilience des marchés. À l’échelle mondiale, les acteurs économiques ont été confrontés à des défis sans précédent. Les restrictions de mouvement ont non seulement affecté le transport routier, mais aussi le transport maritime et aérien, essentiels pour acheminer les produits agricoles et agroalimentaires d’une région du monde à une autre. La mise en place de ces couloirs a permis de distinguer les flux de marchandises jugés critiques de ceux qui pouvaient être temporairement suspendus ou ralentis, optimisant ainsi l’utilisation des infrastructures logistiques disponibles et assurant que les produits périssables, tels que les fruits et légumes, parviennent aux consommateurs en bon état. La coordination internationale, impliquant des organisations comme l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, est devenue essentielle pour harmoniser ces mesures et éviter un enchevêtrement de réglementations divergentes qui auraient pu entraver davantage le commerce.
Les défis agronomiques et économiques exacerbés par la crise
Au-delà des enjeux logistiques, la crise a également mis en lumière des défis agronomiques et économiques préexistants dans le secteur agricole. Les producteurs se sont retrouvés confrontés à une pression accrue, notamment en ce qui concerne le stress hydrique dans certaines régions, nécessitant une gestion optimisée des ressources en eau. Parallèlement, le coût des intrants agricoles, tels que les engrais, les semences et les produits phytosanitaires, a connu une hausse significative, largement influencée par les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales et l’augmentation des coûts de l’énergie. Cette flambée des coûts de production a eu un impact direct sur la viabilité économique des exploitations agricoles. Les prix d’achat des produits agricoles ont parfois peiné à suivre cette courbe ascendante des coûts, créant un déséquilibre croissant entre le “coût prix” et le “prix de vente”.
L’analyse de la dynamique entre le “coût prix” et le “prix de vente” est fondamentale pour comprendre les répercussions de telles crises sur le secteur agricole. Le “coût prix” englobe l’ensemble des dépenses engagées par un producteur pour cultiver, récolter et préparer ses produits. Il inclut le coût des semences, des engrais, des produits phytosanitaires, de l’eau, de l’énergie, de la main-d’œuvre, de l’amortissement du matériel, et des frais généraux de l’exploitation. Le “prix de vente”, quant à lui, est le prix auquel le producteur écoule sa marchandise, que ce soit auprès de grossistes, de transformateurs, de distributeurs ou directement auprès des consommateurs. En temps normal, une marge raisonnable entre ces deux prix assure la rentabilité de l’exploitation et sa pérennité. Cependant, lors de crises comme celle du COVID-19, plusieurs facteurs peuvent déséquilibrer cette relation. La fermeture des frontières et les difficultés logistiques peuvent entraîner des pertes de récoltes ou des retards dans la commercialisation, augmentant le coût unitaire de production. Simultanément, la demande peut fléchir dans certains segments, ou les distributeurs peuvent tenter de répercuter leurs propres surcoûts sur les producteurs, exerçant une pression à la baisse sur les prix de vente. Ce décalage peut conduire à des situations où le prix de vente ne couvre plus, ou ne couvre que très difficilement, les coûts de production, mettant en péril la survie de nombreuses exploitations agricoles. La mise en place de couloirs prioritaires, en tentant de maintenir un flux régulier de marchandises, contribue à atténuer l’impact négatif sur les volumes et donc sur les coûts unitaires, tout en assurant un accès au marché.
Les alternatives pour les producteurs face aux perturbations
Dans ce contexte incertain, les producteurs sont amenés à explorer diverses stratégies pour s’adapter. L’optimisation des pratiques culturales, notamment en matière d’irrigation et de fertilisation, devient essentielle pour réduire les coûts tout en maintenant la qualité et les rendements. La diversification des cultures peut également permettre de réduire la dépendance à un marché unique et d’atténuer les risques liés aux aléas climatiques ou aux fluctuations de prix. Le développement des circuits courts et de la vente directe aux consommateurs, facilités par des plateformes en ligne ou des marchés locaux, offre une alternative intéressante pour réduire les intermédiaires et capter une plus grande part de la valeur ajoutée. L’adoption de nouvelles technologies, telles que l’agriculture de précision, peut aider à une gestion plus efficiente des ressources et à une meilleure maîtrise des coûts de production. Ces mesures, combinées à un soutien politique adéquat, sont cruciales pour assurer la résilience du secteur agricole et garantir l’approvisionnement alimentaire.
Pour les producteurs tunisiens, par exemple, il est essentiel de pouvoir compter sur des canaux d’exportation fiables et des infrastructures logistiques performantes. Les couloirs prioritaires sont une aide précieuse pour assurer l’acheminement de leurs produits vers les marchés européens. Il est donc important pour le Ministère de l’Agriculture et les organisations professionnelles de travailler de concert avec les autorités européennes pour garantir que les produits tunisiens bénéficient pleinement de ces facilités et que les chaînes d’approvisionnement restent actives. L’accès à des informations actualisées sur les réglementations et les procédures aux frontières est également primordial pour les exportateurs.
FAQ sur la crise actuelle et les couloirs prioritaires
Pourquoi le prix de certains produits agricoles augmente-t-il ?
L’augmentation des prix de certains produits agricoles est souvent le résultat d’une combinaison de facteurs. Les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales, exacerbées par des événements comme la pandémie, entraînent une hausse des coûts de production (intrants, énergie, transport). De plus, des conditions météorologiques défavorables peuvent réduire les volumes disponibles, créant une rareté qui fait monter les prix. Enfin, la demande peut augmenter pour certains produits jugés essentiels, exerçant une pression supplémentaire sur les prix.
Les couloirs prioritaires garantissent-ils une livraison immédiate ?
Les couloirs prioritaires visent à fluidifier le passage des marchandises jugées essentielles et à réduire les délais d’attente aux frontières. Ils ne garantissent cependant pas une livraison immédiate, car des contrôles sanitaires et réglementaires doivent toujours être effectués pour assurer la sécurité. L’objectif est de minimiser les retards et d’éviter les blocages complets des flux logistiques.
Quels types de marchandises sont généralement concernés par les couloirs prioritaires ?
Les couloirs prioritaires concernent principalement les biens essentiels pour la population et l’économie. Cela inclut les produits alimentaires (frais et transformés), les médicaments, les équipements médicaux, les produits chimiques nécessaires à l’industrie, et les composants essentiels à la production industrielle. Le secteur agricole, avec ses produits périssables, est également un bénéficiaire clé de ces mesures.
Comment les producteurs peuvent-ils s’adapter à ces perturbations ?
Les producteurs peuvent s’adapter en optimisant leurs pratiques culturales, en diversifiant leurs cultures, en développant des circuits courts et la vente directe, et en adoptant des technologies innovantes. La collaboration avec les organisations professionnelles et les autorités pour anticiper les évolutions du marché et bénéficier des dispositifs de soutien est également essentielle. HortiTecNews suit de près ces évolutions pour informer les professionnels.




