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Cochenille cactus : La menace plane sur la Tunisie et l’Algérie, poussant la FAO à appeler à une action rapide.
L’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) lance un cri d’alarme : la cochenille cactus, ce parasite dévastateur qui a déjà causé des ravages considérables au Maroc, représente un danger imminent pour la Tunisie et l’Algérie. Noureddine Nasr, responsable à la FAO, a souligné à Tanger l’urgence de mettre en place des mesures préventives robustes pour éviter une contamination qui pourrait avoir des conséquences économiques et écologiques désastreuses pour la région.
Urgence d’une action concertée contre la cochenille cactus
Face à la prolifération inquiétante de la cochenille cactus dans les plantations marocaines, la FAO exhorte la Tunisie et l’Algérie à prendre des mesures immédiates et strictes. Il est impératif d’interdire rigoureusement toute introduction de cactus, qu’il s’agisse de fruits ou de raquettes, sur leurs territoires nationaux. En parallèle, un renforcement significatif du contrôle aux frontières est indispensable pour endiguer toute tentative d’infestation. Ce parasite insidieux, capable de se déplacer par divers vecteurs tels que les balles de foin, les animaux ou encore la paille, ne laisse aucune marge à l’imprudence.
La FAO, par le biais de ses représentants, insiste sur la nécessité d’élaborer des plans d’urgence. Ces plans doivent définir clairement les actions à entreprendre en cas de détection, même minime, de la cochenille cactus. L’organisation internationale, par l’entremise de son bureau sous-régional, met l’accent sur la préparation, car la rapidité de réaction sera déterminante dans la gestion de cette menace phytosanitaire.
Les ravages potentiels de la cochenille cactus
L’impact potentiel de la cochenille cactus sur l’économie et la subsistance des populations locales ne doit pas être sous-estimé. Ce parasite a la capacité de détruire rapidement des centaines, voire des milliers d’hectares de cactus, une culture vitale pour de nombreuses communautés. Les répercussions s’étendent au-delà de la simple perte de récolte : l’élevage, qui dépend souvent du cactus comme aliment pour le bétail, serait durement touché. De même, la nutrition des populations, pour qui le cactus est une source importante de nourriture et de revenus, serait compromise. L’économie locale, étroitement liée à la production de cactus, subirait un coup dur.
La proximité récente du parasite avec la région Nord-Est du Maroc, où des centaines d’hectares sont déjà ravagés, souligne la dynamique de propagation et l’urgence de la situation. La FAO, consciente de cette gravité, a déjà développé un programme d’urgence visant non seulement à lutter contre la cochenille cactus là où elle est présente, mais surtout à prévenir son introduction dans d’autres pays du Maghreb, notamment la Libye, où le cactus occupe également des superficies considérables. La coopération régionale et l’échange d’informations sont essentiels pour une stratégie de lutte efficace.
Contexte économique et défis agronomiques
La lutte contre la cochenille cactus s’inscrit dans un contexte agronomique déjà complexe pour les producteurs. Ces derniers font face à des défis constants liés au stress hydrique, à l’augmentation des coûts des intrants (engrais, produits de protection) et à une volatilité des marchés. Dans ce climat, l’apparition d’un nouveau fléau comme la cochenille cactus vient exacerber les difficultés, menaçant la viabilité même de leurs exploitations.
La problématique du “coût prix” versus “prix de vente” devient alors particulièrement aiguë. Les producteurs investissent des sommes considérables dans la production, espérant un retour sur investissement suffisant pour couvrir leurs charges et dégager un bénéfice. Cependant, des facteurs externes tels que les aléas climatiques, les maladies et, désormais, les infestations parasitaires majeures peuvent entraîner une chute drastique des rendements et de la qualité des produits. Cette situation met sous pression la marge bénéficiaire, rendant la survie des exploitations plus précaire. Une récolte ravagée par la cochenille cactus signifie non seulement une perte de revenus immédiate, mais aussi un investissement perdu et une incertitude quant aux futures campagnes.
Les alternatives pour les producteurs
Face à la menace de la cochenille cactus et aux défis généraux de la production, les agriculteurs sont incités à diversifier leurs cultures et à explorer des alternatives durables. L’adoption de pratiques agricoles résilientes, la recherche de variétés moins sensibles aux parasites, ou encore l’exploration de cultures moins gourmandes en eau et adaptées aux conditions locales peuvent offrir des pistes pour atténuer les risques. Le soutien technique et financier des institutions agricoles, comme celui proposé par l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) via ses programmes de développement rural, est crucial pour accompagner ces transitions et renforcer la capacité d’adaptation des producteurs.
FAQ sur la crise actuelle
Pourquoi la cochenille cactus est-elle si destructrice ?
La cochenille cactus est un insecte phytophage qui se nourrit de la sève du cactus. Sa reproduction rapide et sa capacité à former des colonies denses affaiblissent considérablement la plante, la rendant plus vulnérable aux maladies et pouvant entraîner sa mort à terme. Les dégâts ne se limitent pas à la plante elle-même, mais affectent également les fruits et les raquettes, rendant la récolte impropre à la consommation ou à la vente.
Quelles sont les voies de propagation de ce parasite ?
La cochenille cactus peut se propager de manière naturelle par le vent, mais aussi, et c’est là le principal danger, par le biais de moyens anthropiques. Le transport de matériel végétal contaminé (fruits, raquettes, plants), les outils agricoles, les vêtements des personnes travaillant dans les zones infestées, les animaux d’élevage (qui peuvent transporter des œufs ou des larves sur leur pelage ou leurs sabots), et même les balles de paille ou de foin peuvent servir de vecteurs. C’est pourquoi un contrôle rigoureux aux frontières et une vigilance accrue sont primordiaux.
Comment la Tunisie et l’Algérie peuvent-elles prévenir l’infestation ?
Les mesures préconisées par la FAO incluent une interdiction stricte de toute importation de cactus, une surveillance renforcée des frontières terrestres, maritimes et aériennes, et la mise en place de protocoles de détection et d’éradication rapides. Il est également conseillé aux producteurs et aux autorités de se tenir informés des avancées de la recherche et des meilleures pratiques de lutte, en collaboration avec des organismes tels que le Ministère de l’Agriculture tunisien ou ses homologues algériens, et des plateformes d’information agricole comme HortiTecNews.
Quel est l’impact économique potentiel de cette infestation ?
L’impact économique peut être dévastateur. Outre la perte directe des récoltes, qui constitue la principale source de revenus pour de nombreux producteurs, la destruction des plantations de cactus peut avoir des répercussions sur l’ensemble de la chaîne de valeur : transformation des produits dérivés du cactus, artisanat, tourisme lié aux paysages de cactus, et même l’alimentation du bétail. La FAO estime que les pertes peuvent se chiffrer en millions, voire en milliards, si l’infestation n’est pas maîtrisée rapidement. Il est donc crucial d’investir dans des mesures préventives et curatives.




