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Chlorothalonil : un retournement de situation alarmant pour les tomates turques sur le marché allemand. Le 29 mars, une notification émanant du système européen d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF) a secoué le secteur agroalimentaire. Les autorités sanitaires allemandes ont en effet ordonné le retrait immédiat d’un lot de tomates en provenance de Turquie. La raison ? La découverte de résidus de chlorothalonil, une substance phytosanitaire dont l’utilisation est strictement réglementée et, dans l’Union européenne, désormais interdite. Le niveau détecté, 0,21 mg/kg, dépasse de loin la limite maximale de résidus (LMR) autorisée, fixée à seulement 0,01 mg/kg. Cet épisode met en lumière les défis persistants liés à la sécurité alimentaire et à la conformité des produits importés, soulevant des questions cruciales sur les pratiques agricoles et les contrôles en amont.
Le chlorothalonil : une interdiction européenne aux lourdes conséquences
L’interdiction du chlorothalonil par la Commission européenne en avril 2020 n’est pas survenue par hasard. Elle fait suite à une évaluation approfondie menée par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Les conclusions étaient sans appel : le chlorothalonil présente des risques significatifs pour la santé humaine et l’environnement. Ses effets mutagènes sur l’ADN, le danger qu’il représente pour les amphibiens et les poissons, ainsi que son lien fortement suspecté avec le déclin dramatique des populations d’abeilles, de bourdons et d’autres insectes pollinisateurs, ont scellé son sort. Cette décision européenne a eu un impact considérable sur les marchés agricoles mondiaux, obligeant les producteurs à trouver des alternatives pour la protection de leurs cultures. La Turquie, comme de nombreux autres pays producteurs, doit s’adapter à ces nouvelles réglementations pour continuer à exporter ses produits vers l’UE. La présence de résidus de chlorothalonil dans les tomates turques contrevient directement à ces normes, entraînant des mesures de retrait et potentiellement des sanctions commerciales.
Face à cette situation, un avertissement a été adressé aux consommateurs. L’alerte vise à informer les personnes ayant potentiellement déjà acheté ces tomates, afin qu’elles ne les consomment pas et qu’elles les rapportent si possible. Cette mesure de précaution est essentielle pour minimiser les risques sanitaires liés à une exposition à des produits contenant des résidus de substances interdites.
La pression du marché mondial et la gestion des intrants agricoles
Le cas des tomates turques contaminées par le chlorothalonil n’est qu’un symptôme d’une pression plus large sur les marchés agricoles mondiaux. La demande croissante de produits alimentaires, couplée à une concurrence accrue, pousse certains producteurs à rechercher des solutions efficaces et peu coûteuses pour protéger leurs cultures contre les maladies et les ravageurs. Le chlorothalonil, avant son interdiction, était largement utilisé pour sa polyvalence et son efficacité dans la lutte contre un large spectre de champignons pathogènes, protégeant ainsi les rendements et la qualité des récoltes. L’interdiction de cette substance oblige les agriculteurs à réévaluer leurs stratégies de protection des cultures. Cela implique souvent le recours à des produits alternatifs, dont le coût peut être plus élevé, ou le développement de nouvelles techniques culturales. Les défis agronomiques tels que la gestion du stress hydrique, l’optimisation de l’utilisation des engrais et la lutte contre la résistance des pathogènes aux traitements existants, deviennent encore plus prégnants dans ce contexte. La recherche de solutions durables et économiquement viables est au cœur des préoccupations des producteurs, qui doivent concilier les exigences environnementales et sanitaires avec la nécessité de maintenir leur rentabilité.
La dynamique complexe du “Coût Prix” et du “Prix de Vente”
La présence de résidus de chlorothalonil dans les exportations turques peut également être analysée sous l’angle de la dynamique économique qui régit le secteur agricole. Le “coût prix” d’une production agricole englobe toutes les dépenses engagées par le producteur : semences, engrais, main-d’œuvre, eau, énergie, et bien sûr, les produits phytosanitaires. L’interdiction de substances efficaces et abordables comme le chlorothalonil oblige à se tourner vers des alternatives, dont le coût unitaire est souvent supérieur. Par exemple, un fongicide de nouvelle génération peut coûter significativement plus cher au litre ou au kilogramme qu’un produit de base comme le chlorothalonil l’était. Si le coût des intrants augmente, et que le prix de vente fixé par les distributeurs ou les marchés internationaux ne suit pas proportionnellement, la marge bénéficiaire du producteur se réduit drastiquement. Cette pression sur les marges peut, dans certains cas, inciter à des raccourcis ou à des pratiques moins respectueuses des réglementations, dans une tentative désespérée de maîtriser les coûts. Le système agricole est donc un équilibre délicat entre des coûts de production souvent croissants et un prix de vente qui doit rester compétitif sur les marchés mondiaux. L’application stricte des normes, bien qu’indispensable pour la santé publique et l’environnement, impose une révision complète des modèles économiques agricoles, nécessitant un accompagnement des producteurs pour assurer leur transition.
Le chlorothalonil et ses alternatives pour les producteurs
Face au retrait du chlorothalonil du marché européen, de nombreux producteurs, y compris ceux de pays exportateurs comme la Turquie, se retrouvent à la recherche de solutions alternatives pour protéger leurs cultures. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) et les instituts de recherche agronomique travaillent activement au développement et à la promotion de stratégies de lutte intégrée. Ces stratégies privilégient une combinaison de méthodes : l’utilisation de variétés de plantes plus résistantes aux maladies, le recours à des auxiliaires de culture (insectes prédateurs, par exemple), l’amélioration des pratiques culturales (rotation des cultures, gestion de l’irrigation) et, lorsque nécessaire, l’utilisation de produits phytosanitaires à faible impact environnemental, souvent d’origine biologique ou de synthèse moins persistante. Les producteurs doivent s’adapter rapidement à ce nouveau paradigme, investissant dans la formation et la recherche pour trouver les solutions les plus efficaces et les plus durables, tout en respectant les normes sanitaires et environnementales de leurs marchés d’exportation. Il est crucial que les politiques agricoles soutiennent cette transition, en facilitant l’accès à des alternatives performantes et en accompagnant les agriculteurs dans leur mise en œuvre. Le suivi des réglementations, comme celles mises en place par les ministères de l’agriculture des pays importateurs, devient une priorité stratégique. Par exemple, pour la Tunisie, il serait pertinent de consulter les directives du Ministère de l’Agriculture pour comprendre les mesures spécifiques mises en place.
FAQ sur la crise actuelle
La situation concernant le chlorothalonil et ses impacts sur les produits agricoles soulève de nombreuses questions parmi les consommateurs et les professionnels du secteur. Voici quelques réponses aux interrogations les plus fréquentes :
Pourquoi le prix de certaines alternatives au chlorothalonil augmente-t-il ?
L’augmentation du prix de certaines alternatives au chlorothalonil s’explique par plusieurs facteurs. Premièrement, le développement et l’homologation de nouvelles molécules phytosanitaires sont des processus longs et coûteux pour les entreprises agrochimiques. Deuxièmement, la demande accrue pour ces alternatives, due à l’interdiction de substances plus anciennes, peut entraîner une tension sur l’offre. Enfin, les produits de biocontrôle ou d’origine biologique, souvent considérés comme plus respectueux de l’environnement, peuvent avoir des coûts de production plus élevés.
Quels sont les risques pour la santé liés à la consommation de produits contenant des résidus de chlorothalonil ?
Le chlorothalonil est classé comme potentiellement mutagène et est suspecté d’avoir des effets toxiques sur le long terme. Bien que les risques dépendent de la quantité ingérée et de la fréquence d’exposition, la présence de résidus de cette substance interdite dans les aliments est inacceptable pour les autorités sanitaires européennes. Les LMR sont établies pour garantir un niveau de sécurité maximal pour les consommateurs.
Comment les producteurs peuvent-ils se prémunir contre ce type de retrait de produits ?
Pour se prémunir contre les retraits de produits, les producteurs doivent impérativement respecter les réglementations en vigueur dans les pays où ils exportent. Cela implique une connaissance précise des substances autorisées et des limites maximales de résidus. Il est également crucial de mettre en place des contrôles qualité rigoureux à toutes les étapes de la production, du champ à l’emballage. L’utilisation de HortiTecNews pour se tenir informé des dernières avancées technologiques et des évolutions réglementaires peut être un atout majeur.
Quelles sont les alternatives au chlorothalonil pour les cultures maraîchères ?
Les alternatives au chlorothalonil varient en fonction de la culture et des maladies à combattre. Elles incluent des fongicides de nouvelle génération, des produits à base de cuivre (utilisés avec parcimonie en raison de leur impact environnemental), des extraits de plantes, des micro-organismes antagonistes, et des méthodes préventives comme l’amélioration de la circulation de l’air dans les serres et le choix de variétés résistantes.




