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Bayer Monsanto, le géant agrochimique germano-américain, se retrouve au cœur d’une tourmente judiciaire aux États-Unis, annonçant des accords d’indemnisation massifs pour solder les litiges liés à son herbicide phare, le Round’Up. Ces accords, d’un montant colossal avoisinant les 10 milliards de dollars, visent à apaiser les revendications de près de 100 000 plaignants américains. Ces derniers allèguent avoir développé des cancers suite à l’exposition au glyphosate, le composant actif du Round’Up, produit par la défunte filiale américaine de Bayer, Monsanto.
Le défi juridique de Bayer Monsanto : un pas vers la résolution des litiges sur le glyphosate
Cette annonce marque une étape significative pour Bayer Monsanto, qui a hérité des controverses entourant le Round’Up lors de son acquisition de Monsanto en 2018. Si l’entreprise insiste sur le fait que ces accords “ne contiennent aucune reconnaissance de responsabilité ou de faute”, leur objectif est clair : “mettre fin à une longue période d’incertitude”. Werner Baumann, président du directoire de Bayer, a qualifié le montant d'”financièrement raisonnable par rapport aux risques financiers importants qu’impliqueraient un contentieux courant sur plusieurs années”. Cette stratégie vise à éviter des batailles judiciaires potentiellement plus coûteuses et dommageables pour l’image de marque de Bayer Monsanto.
Il est crucial de noter que malgré ces indemnités, Bayer a confirmé qu’elle continuerait à commercialiser le Round’Up, ainsi que d’autres produits contenant du glyphosate. Cette décision intervient alors que le Centre international contre le Cancer (Circ), une instance de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), a classé le glyphosate comme “cancérigène probable” en 2015. Cette classification a alimenté les préoccupations des consommateurs et des régulateurs à travers le monde, mettant une pression considérable sur des entreprises comme Bayer Monsanto.
Pression du marché mondial et défis agronomiques pour Bayer Monsanto
La pression du marché mondial sur des acteurs tels que Bayer Monsanto s’intensifie. Les réglementations environnementales plus strictes, la demande croissante des consommateurs pour des produits agricoles plus durables et l’essor de l’agriculture biologique poussent les entreprises à repenser leurs offres. Dans ce contexte, la gestion des passifs judiciaires liés à des produits controversés devient un enjeu stratégique majeur. Les sommes engagées dans ces accords d’indemnisation pourraient potentiellement être réinvesties dans la recherche et le développement de solutions plus respectueuses de l’environnement, ou pour soutenir des pratiques agricoles innovantes. Le paysage agricole mondial est en mutation constante, influencé par des facteurs comme le stress hydrique croissant dans de nombreuses régions, l’augmentation des coûts des intrants – engrais, semences, carburants – et la nécessité d’optimiser les rendements tout en minimisant l’impact écologique. Pour des entreprises comme Bayer Monsanto, cela implique une adaptation rapide et une diversification de leurs portefeuilles pour répondre à ces défis complexes.
Sur le plan agronomique, l’utilisation de pesticides comme le Round’Up est souvent liée à des pratiques de désherbage qui peuvent, dans certains cas, devenir une composante d’une stratégie globale de gestion des cultures. Cependant, la dépendance excessive à ces produits peut entraîner des problèmes tels que l’émergence de mauvaises herbes résistantes, nécessitant ainsi des doses plus élevées ou des produits alternatifs. De plus, la recherche de solutions durables qui intègrent des méthodes de lutte intégrée contre les ravageurs et les maladies, ainsi que des approches favorisant la santé des sols, gagne du terrain. Des organisations internationales comme l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) soulignent l’importance de ces pratiques pour garantir la sécurité alimentaire mondiale à long terme.
La dynamique économique : Coût de revient versus Prix de vente chez Bayer Monsanto
La dynamique entre le coût de revient et le prix de vente est un pilier fondamental de la stratégie économique de toute entreprise, et Bayer Monsanto ne fait pas exception. Le coût de revient d’un produit comme le Round’Up englobe une multitude de facteurs : la recherche et développement initiale, les coûts de fabrication, les matières premières (y compris le glyphosate), l’énergie, la main-d’œuvre, la logistique, le marketing, et une part croissante, les frais juridiques et les provisions pour litiges. Dans le cas de Bayer Monsanto, les coûts liés aux litiges du Round’Up ont atteint des proportions astronomiques, impactant directement la rentabilité et la trésorerie de l’entreprise.
Le prix de vente, quant à lui, est déterminé par plusieurs éléments : la demande du marché, la concurrence, la valeur perçue par le client (l’agriculteur), les coûts de production et de distribution, et la marge bénéficiaire souhaitée par l’entreprise. Pour des produits agrochimiques, le prix peut également être influencé par des subventions gouvernementales, des politiques agricoles nationales, et l’évolution des réglementations. La décision de Bayer de continuer à commercialiser le Round’Up malgré les litiges suggère que, d’un point de vue économique à court terme, le produit reste rentable une fois les coûts des litiges provisionnés ou réglés. Cependant, l’entreprise est confrontée à un équilibre délicat : maintenir la compétitivité de ses produits tout en gérant les risques réputationnels et financiers considérables associés à son héritage.
Les alternatives pour les producteurs
Face aux controverses entourant le glyphosate et aux défis de durabilité, de nombreux producteurs explorent activement des alternatives au Round’Up. Ces alternatives peuvent être regroupées en plusieurs catégories :
- Méthodes mécaniques : Le désherbage mécanique, qu’il soit manuel ou réalisé avec des outils spécialisés, reste une option viable, particulièrement pour les exploitations de petite taille ou en agriculture biologique.
- Culture de couverture et rotation des cultures : L’utilisation de plantes de couverture peut aider à supprimer les mauvaises herbes et à améliorer la santé du sol. Une rotation judicieuse des cultures perturbe les cycles de vie des mauvaises herbes et des pathogènes.
- Produits phytosanitaires alternatifs : D’autres herbicides, dont certains sont considérés comme moins toxiques ou biodégradables plus rapidement, sont disponibles. Cependant, leur efficacité et leur coût peuvent varier considérablement. Il est essentiel de consulter des experts, comme ceux du Ministère de l’Agriculture (dans le cas de la Tunisie, par exemple), pour obtenir des recommandations adaptées aux conditions locales.
- Biocontrôle et solutions biologiques : L’utilisation d’organismes vivants pour contrôler les ravageurs et les maladies, ainsi que de produits à base d’extraits naturels, gagne du terrain.
Pour les agriculteurs qui cherchent des informations et des conseils sur ces alternatives, consulter des plateformes spécialisées comme HortiTecNews peut être une source précieuse d’informations et d’innovations dans le domaine.
FAQ sur la crise actuelle
Pourquoi le prix du Round’Up a-t-il été sujet à débat ?
Le prix du Round’Up a historiquement été compétitif en raison de la production à grande échelle du glyphosate. Cependant, les coûts croissants liés aux litiges judiciaires, aux réglementations plus strictes et à la recherche d’alternatives par certains marchés pourraient influencer les stratégies de prix à l’avenir, bien que Bayer ait annoncé des accords qui visent à stabiliser la situation financière.
Quelles sont les principales préoccupations concernant le glyphosate ?
Les principales préoccupations portent sur son potentiel cancérigène, son impact sur la biodiversité et la résistance des mauvaises herbes qui peut se développer avec une utilisation excessive.
Bayer Monsanto va-t-il arrêter de produire le Round’Up ?
Non, selon les annonces de l’entreprise, Bayer continuera à commercialiser le Round’Up et d’autres produits à base de glyphosate, malgré les accords d’indemnisation conclus aux États-Unis.
Comment les agriculteurs peuvent-ils diversifier leurs stratégies de désherbage ?
Ils peuvent intégrer des méthodes mécaniques, des cultures de couverture, des rotations de cultures et explorer des herbicides alternatifs ou des solutions de biocontrôle, en se renseignant auprès des organismes agricoles et des experts.




