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Baisse des prix : Les agriculteurs français jettent des tonnes de fruits devant le consulat d’Espagne à Perpignan pour dénoncer une concurrence jugée déloyale.
La “baisse des prix” : un cri d’alarme des producteurs face à la concurrence espagnole
Plusieurs dizaines d’agriculteurs français ont manifesté leur mécontentement de manière spectaculaire devant le consulat d’Espagne à Perpignan, en jetant plusieurs tonnes de fruits. Cet acte, qui a eu lieu mardi 11 juillet 2017, a débuté avant 7 heures du matin avec le déversement symbolique d’une remorque entière de pêches devant l’entrée de la représentation diplomatique. Les producteurs français dénoncent vivement la marchandise qui provient de l’Espagne, qu’ils considèrent comme la cause principale de la baisse des prix sur le marché national. Cette situation, largement relayée par le journal « l’Indépendant », met en lumière les tensions croissantes entre les filières agricoles française et espagnole. L’action n’en était pas à son coup d’essai, puisque les agriculteurs avaient déjà, lors de précédentes manifestations, franchi les barrières de sécurité du consulat pour y déverser leurs productions. Sur le tas de pêches déversé, un drapeau français a été planté, symbole fort de leur attachement à une agriculture française rémunératrice et de leur revendication d’équité. Yves Aris, président de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), a clairement exprimé la raison de ce geste : « dénoncer la concurrence déloyale des fruits provenant de l’Espagne ». Il a souligné que si le même fruit était vendu à un prix « raisonnable » en Espagne, son arrivée en France à des « prix très bas » était inacceptable pour les producteurs français.
Cette situation s’inscrit dans un contexte de pressions économiques mondiales qui affectent le secteur agricole dans de nombreux pays. La libéralisation des échanges, bien que potentiellement bénéfique en termes d’accès à une plus grande variété de produits, peut engendrer des déséquilibres si elle n’est pas accompagnée de mesures garantissant une concurrence loyale. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) œuvre d’ailleurs à l’échelle internationale pour promouvoir des politiques agricoles durables et équitables, reconnaissant les défis complexes auxquels sont confrontés les agriculteurs, notamment face aux fluctuations des marchés et à la volatilité des prix. La baisse des prix observée en France, dans ce cas précis, est perçue par les agriculteurs comme le résultat direct de conditions de production potentiellement moins coûteuses en Espagne, ou de stratégies commerciales visant à écouler des surplus à tout prix. Ce phénomène de dumping, même s’il n’est pas toujours intentionnel, a des conséquences directes sur la rentabilité des exploitations françaises, poussant certains producteurs au bord de la faillite. Le marché français, dans cette optique, devient un « exutoire » pour l’excédent de production espagnol, comme le déplore le président de la FNSEA.
Comprendre la “baisse des prix” : enjeux économiques et agronomiques
Pour appréhender pleinement la complexité de cette baisse des prix, il est essentiel de se pencher sur la dynamique entre le coût de production et le prix de vente. Les agriculteurs français avancent que leurs coûts de production sont supérieurs à ceux pratiqués en Espagne. Ces coûts englobent une multitude de facteurs, tels que les charges sociales, les normes environnementales plus strictes, les salaires, et les coûts des intrants (fertilisants, pesticides, énergie). En France, l’accent est mis sur une agriculture respectueuse de l’environnement et de la santé, ce qui implique souvent l’utilisation de produits plus coûteux et des pratiques culturales plus exigeantes. En parallèle, les défis agronomiques tels que le stress hydrique, accentué par le changement climatique, peuvent augmenter les coûts de production liés à l’irrigation, tout en impactant la qualité et le rendement des récoltes. Ces facteurs concourent à un coût de revient plus élevé pour les fruits français. Lorsque ces fruits sont mis en concurrence directe avec des produits espagnols dont le coût de production est jugé inférieur, il en résulte mécaniquement une pression à la baisse sur les prix de vente. Le marché français, souvent perçu comme un débouché majeur, se retrouve ainsi sous une pression constante, obligeant les producteurs nationaux à vendre leurs produits à des prix qui ne couvrent pas toujours leurs coûts de production, menant à des pertes financières importantes.
Il est crucial de distinguer le prix de vente fixé par les distributeurs ou les centrales d’achat du prix auquel le producteur vend sa marchandise. La baisse des prix que dénoncent les agriculteurs concerne souvent le prix d’achat par les intermédiaires. Ces derniers, soucieux de proposer des prix attractifs aux consommateurs et de maintenir leurs marges, font pression sur les fournisseurs. L’importation de fruits à bas prix devient alors une opportunité pour les distributeurs, mais pénalise directement les producteurs qui peinent à écouler leur production à un prix juste. Les actions des agriculteurs visent donc à la fois à attirer l’attention du public sur leur situation et à faire pression sur les autorités politiques pour qu’elles interviennent afin de réguler le marché et de garantir des conditions de concurrence plus équitables. La FNSEA, par la voix de son président, a également pointé du doigt le rôle de marché d’« exutoire » que joue la France pour les excédents espagnols. Cette critique sous-entend que l’Espagne pourrait bénéficier de mécanismes ou de politiques qui lui permettent de produire à moindre coût et d’inonder le marché français lorsque sa propre demande est satisfaite. Les discussions sur la PAC (Politique Agricole Commune) et ses implications pour les différentes filières et pays membres de l’Union Européenne sont au cœur de ces problématiques. Une solution durable nécessiterait probablement une harmonisation des normes et des politiques agricoles au sein de l’UE, ou la mise en place de dispositifs de solidarité plus efficaces. L’agriculture française, malgré les défis, reste un pilier économique et culturel essentiel, et la préservation de sa rentabilité est une préoccupation majeure.
Ces dernières semaines, le département des Pyrénées-Orientales a été le théâtre de plusieurs actions similaires, soulignant l’ampleur de la crise. Outre ce déversement de fruits, d’autres manifestations ont eu lieu devant des supermarchés et même devant le siège du journal « L’Indépendant » à Perpignan, témoignant d’une mobilisation transversale des agriculteurs désireux de faire entendre leur voix. Ces initiatives, bien que parfois spectaculaires, visent à sensibiliser l’opinion publique et les décideurs politiques à la gravité de la situation. Il est important de noter que les problématiques liées à la concurrence internationale et à la baisse des prix ne sont pas spécifiques à la France. D’autres pays producteurs, comme le Maroc ou la Tunisie, font également face à des défis similaires dans leurs relations commerciales et la gestion de leurs filières agricoles. Par exemple, les discussions concernant l’équilibre entre la production locale et les importations sont constantes, et le ministère de l’Agriculture de chaque pays cherche des solutions pour soutenir ses agriculteurs. Il est également pertinent de mentionner que HortiTecNews suit de près ces évolutions.
FAQ sur la crise de la “baisse des prix”
Pourquoi la baisse des prix affecte-t-elle autant les agriculteurs ?
La baisse des prix rend l’activité agricole non rentable. Lorsque le prix de vente est inférieur au coût de production, les agriculteurs ne peuvent pas couvrir leurs dépenses (semences, engrais, main-d’œuvre, énergie, remboursement de prêts) et finissent par s’endetter, voire par abandonner leur exploitation. La baisse des prix observée avec l’arrivée de produits espagnols est particulièrement problématique car elle s’ajoute aux autres contraintes déjà existantes.
Quelles sont les raisons de cette baisse des prix, selon les agriculteurs français ?
Les agriculteurs français invoquent principalement une concurrence jugée déloyale de la part des producteurs espagnols, qui bénéficieraient de coûts de production inférieurs (charges sociales, normes environnementales moins contraignantes, etc.). Ils estiment que le marché français sert d’exutoire pour les excédents de production espagnole, ce qui fait chuter les prix.
Que peuvent faire les agriculteurs face à cette situation ?
Les agriculteurs ont recours à diverses formes de mobilisation : manifestations, blocages de routes, opérations coup de poing comme celle devant le consulat d’Espagne. Ils demandent également des mesures politiques de régulation des marchés, un soutien accru de l’État et de l’Union Européenne, ainsi qu’une meilleure rémunération de leurs produits par la grande distribution. Des alternatives comme la vente directe ou le développement de circuits courts sont aussi explorées.
Quel est le rôle de la grande distribution dans cette baisse des prix ?
La grande distribution joue un rôle important. Pour proposer des prix bas aux consommateurs, elle négocie âprement avec les producteurs et les importateurs. L’arrivée de produits à bas prix, notamment d’Espagne, offre aux distributeurs la possibilité d’augmenter leurs marges ou de proposer des promotions attractives, ce qui exerce une pression supplémentaire sur les producteurs français.
Existe-t-il des solutions européennes pour réguler cette concurrence ?
La Politique Agricole Commune (PAC) vise à soutenir le secteur agricole européen, mais son application et ses effets peuvent varier. Les discussions portent sur la nécessité d’une meilleure harmonisation des normes et des politiques agricoles au sein de l’UE pour garantir une concurrence plus équitable entre les États membres. Des mécanismes de gestion des crises agricoles existent, mais leur efficacité est souvent débattue.




