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ASAJA alerte sur une concurrence déloyale accrue qui met en péril l’agriculture de la région de Murcie. Alfonso Gálvez Caravaca, secrétaire général de cette organisation agricole, a fermement condamné les pratiques commerciales de pays tiers tels que le Maroc et l’Égypte, qui, selon lui, portent un préjudice considérable aux agriculteurs européens. Cette situation, caractérisée par des normes de production divergentes et des coûts de main-d’œuvre plus bas, crée une distorsion de concurrence qui se traduit par un “dumping social” préjudiciable aux revenus des producteurs murciens.
ASAJA dénonce le dumping social et ses conséquences
La concurrence déloyale des pays tiers, notamment l’Égypte et le Maroc, représente une menace sérieuse pour plus de 40 % des exploitations agricoles de Murcie, comme l’a souligné Alfonso Gálvez Caravaca, secrétaire général de ASAJA Murcia. Ces pays bénéficient de normes phytosanitaires et environnementales moins strictes, ainsi que de coûts de production inférieurs, ce qui leur permet de proposer des produits à des prix défiant toute concurrence sur les marchés internationaux. Cette situation oblige les agriculteurs européens, soumis à des réglementations plus contraignantes et à des coûts de production plus élevés, à vendre leurs produits à perte ou avec des marges bénéficiaires très faibles. Le “dumping social” dont parle ASAJA ne se limite pas à une question de prix ; il s’agit d’une remise en cause de la viabilité même de nos modèles agricoles, basés sur le respect de normes sociales et environnementales élevées.
Le secrétaire général de ASAJA Murcia insiste sur la nécessité d’une action forte de la part de l’Union européenne. Il appelle à un durcissement des contrôles phytosanitaires appliqués aux importations de fruits et légumes en provenance de pays tiers. Ces contrôles sont essentiels pour garantir que les produits importés respectent les mêmes normes sanitaires et environnementales que ceux produits au sein de l’UE. L’absence de contrôles adéquats équivaut à une subvention implicite pour ces pays, leur permettant de vendre des produits potentiellement moins sûrs à des prix inférieurs, au détriment des agriculteurs européens. La position de ASAJA est claire : l’Union européenne doit d’abord défendre les intérêts de ses propres membres et réguler l’approvisionnement pour éviter cette concurrence agressive et destructrice pour l’agriculture locale.
Les défis agronomiques et économiques pour les producteurs
Au-delà de la pression des prix imposée par la concurrence internationale, les agriculteurs de Murcie font face à des défis agronomiques et économiques croissants. La disponibilité de l’eau, ressource essentielle pour l’irrigation des cultures, devient de plus en plus problématique en raison du changement climatique et de la surexploitation des ressources. Les coûts des intrants, tels que les engrais, les pesticides et l’énergie, ont également connu une augmentation significative ces dernières années, grevant davantage les marges des producteurs. Ces facteurs, combinés à la concurrence déloyale, créent un cercle vicieux où les agriculteurs peinent à rentabiliser leurs investissements et à assurer la pérennité de leurs exploitations. Le modèle de production européen, axé sur la qualité, la sécurité alimentaire et le respect de l’environnement, est mis à rude épreuve par un marché mondialisé qui privilégie parfois le coût au détriment de ces valeurs.
La dynamique “coût de production vs prix de vente” est au cœur de la problématique soulevée par ASAJA. Les agriculteurs européens doivent supporter le coût total de leur production, incluant la main-d’œuvre qualifiée, le respect des normes environnementales strictes, les investissements dans des technologies durables, et les coûts élevés des intrants. En face, les produits issus de pays tiers bénéficient de coûts de production considérablement réduits, souvent grâce à une main-d’œuvre moins rémunérée, des réglementations environnementales plus laxistes et parfois des subventions directes ou indirectes. Le résultat est que les agriculteurs européens se retrouvent souvent dans l’incapacité de proposer leurs produits à un prix leur permettant de couvrir leurs coûts et de réaliser un bénéfice décent, face à la concurrence des produits importés vendus à des prix artificiellement bas. Le décalage entre le coût réel de production et le prix de vente imposé par le marché international est une source majeure de frustration et de précarité pour les agriculteurs.
L’intervention nécessaire de l’Union européenne
La demande de ASAJA envers l’Union européenne n’est pas une simple revendication sectorielle, mais un appel à une stratégie agricole européenne cohérente et protectrice. L’UE, en tant qu’entité politique et économique majeure, a la responsabilité de garantir la souveraineté alimentaire de ses membres et de soutenir ses agriculteurs. Cela passe par la mise en place de politiques commerciales qui ne sacrifient pas les intérêts de ses propres producteurs sur l’autel du libre-échange absolu. Les accords commerciaux doivent intégrer des clauses de réciprocité en matière de normes sociales, environnementales et sanitaires, afin d’assurer une concurrence loyale sur tous les marchés. En outre, un soutien accru à la recherche et au développement, ainsi qu’à l’innovation dans le secteur agricole, pourrait aider les producteurs européens à améliorer leur compétitivité et à répondre aux défis de demain. L’engagement de l’UE est crucial pour préserver l’activité agricole en Murcie et dans toute l’Europe, tout en continuant à fournir des produits de haute qualité aux consommateurs.
Le secrétaire général de ASAJA, Alfonso Gálvez Caravaca, a rappelé que “l’Union Européenne doit avant tout défendre les intérêts de ses pays membres, et devraient réglementer l’approvisionnement afin d’éviter la concurrence agressive qui est très néfaste pour notre agriculture”. Cette déclaration met en lumière un sentiment croissant parmi les agriculteurs européens : celui d’être laissés pour compte face à une mondialisation qui ne prend pas suffisamment en compte les spécificités et les contraintes de l’agriculture européenne. Pour de nombreux producteurs, l’idée que l’UE puisse être un partenaire efficace pour leur développement est mise à mal par des politiques qui semblent parfois favoriser des accords commerciaux au détriment de la viabilité économique de leurs exploitations. L’organisation HortiTecNews a relayé ces préoccupations, soulignant l’urgence d’une révision des politiques agricoles et commerciales de l’UE.
Les alternatives pour les producteurs
Face à cette situation complexe, les producteurs cherchent des stratégies pour renforcer leur résilience. Certains explorent le développement de circuits courts et de la vente directe pour réduire leur dépendance aux intermédiaires et capter une plus grande partie de la valeur ajoutée. La diversification des cultures, en se concentrant sur des productions à plus forte valeur ajoutée ou à plus forte demande locale, peut également être une option. L’adaptation aux exigences des consommateurs, qui sont de plus en plus sensibles à la provenance, à la qualité et à la durabilité des produits, peut permettre de créer des niches de marché où la concurrence déloyale est moins prégnante. L’investissement dans des technologies innovantes, notamment celles qui permettent d’optimiser l’utilisation de l’eau et de réduire la dépendance aux intrants chimiques, est également une voie d’avenir pour améliorer la compétitivité. L’adhésion à des groupements de producteurs ou à des coopératives peut aussi offrir des avantages en termes de pouvoir de négociation et d’accès à des ressources mutualisées.
Il est également important de considérer le rôle des organisations internationales comme l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui œuvre à la promotion de systèmes alimentaires durables et à la sécurité alimentaire mondiale. Bien que leurs actions visent une perspective globale, le respect de leurs recommandations sur les bonnes pratiques agricoles et la durabilité peut contribuer à terme à un rééquilibrage des normes internationales.
FAQ sur la crise actuelle
Pourquoi le prix des fruits et légumes produits en Murcie est-il affecté par la concurrence internationale ?
Le prix est affecté car les produits importés de pays comme le Maroc ou l’Égypte bénéficient de coûts de production plus bas (main-d’œuvre, normes environnementales moins strictes) ce qui leur permet d’être vendus à des prix inférieurs sur les marchés européens. Cette concurrence déloyale exerce une pression à la baisse sur les prix des produits locaux.
Qu’est-ce que le “dumping social” dénoncé par ASAJA ?
Le dumping social fait référence à la pratique consistant à exploiter des conditions de travail et des normes sociales moins protectrices dans certains pays pour proposer des produits à des prix plus bas, créant ainsi une concurrence déloyale pour les producteurs des pays où les normes sont plus élevées.
Que demande ASAJA à l’Union européenne ?
ASAJA demande à l’Union européenne de durcir les contrôles phytosanitaires sur les produits importés des pays tiers, de défendre les intérêts de ses pays membres et de réglementer l’approvisionnement pour éviter la concurrence agressive qui nuit à l’agriculture européenne.
Quelles sont les conséquences pour les exploitations agricoles de Murcie ?
Plus de 40 % des exploitations agricoles de Murcie sont directement ou indirectement affectées par cette concurrence déloyale, entraînant une réduction significative des revenus des producteurs et menaçant la viabilité de leurs activités.
Comment les producteurs peuvent-ils s’adapter à cette situation ?
Les producteurs peuvent explorer des pistes comme le développement de circuits courts, la vente directe, la diversification des cultures, l’investissement dans des technologies innovantes et l’adhésion à des groupements de producteurs pour renforcer leur pouvoir de négociation.




