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Guazatine : l’Union Européenne met un terme à l’utilisation d’un fongicide controversé dans les agrumes importés. Une décision qui, bien que saluée par certains, soulève des questions quant à son impact sur le marché mondial et la compétitivité des producteurs européens. L’interdiction prochaine de l’importation des agrumes traités avec l’acétate guazatine, un fongicide dont l’usage est proscrit dans l’UE depuis 2011, marque un tournant significatif dans les pratiques phytosanitaires de l’industrie des fruits et légumes. Cette mesure, officialisée par un nouveau règlement de l’UE 2015/1920, fixe une limite maximale de résidus (LMR) d’acétate guazatine à 0,05 milligrammes par kilogramme pour tous les agrumes circulant sur le marché européen, quelle que soit leur provenance. Une concentration si faible qu’elle s’apparente, en pratique, à une interdiction totale d’utilisation de ce composé.
L’origine de l’interdiction de la Guazatine : plaintes et paradoxes
L’Association des producteurs de Valence (AVA-ASAJA) a joué un rôle déterminant dans cette évolution. L’organisation a publiquement fait état de plaintes déposées en décembre dernier, dénonçant une situation paradoxale : des produits traités avec un fongicide interdit en Europe continuaient d’être importés. Cette initiative a apparemment poussé la Commission européenne à agir, concrétisant ainsi une demande de longue date de la part des producteurs européens soucieux de la protection de leur marché et de la santé des consommateurs. Cristóbal Aguado, président de AVA-ASAJA, a qualifié la situation antérieure de “vraie gaffe” de la part de l’UE, tout en saluant la décision de corriger cette erreur. Il a également souligné que cette situation a engendré une concurrence déloyale au détriment des producteurs européens et a potentiellement mis en danger la santé publique, illustrant ainsi le manque de réciprocité dans les exigences phytosanitaires entre l’UE et ses partenaires commerciaux.
Impacts économiques et concurrence déloyale liée à la Guazatine
L’interdiction de l’acétate de guazatine ne manquera pas d’avoir des répercussions sur les pays exportateurs d’agrumes vers l’Union Européenne. Des nations telles que l’Afrique du Sud, le Maroc, l’Égypte, la Turquie, le Brésil et l’Argentine, qui ont bénéficié d’un avantage concurrentiel ces dernières années grâce à l’utilisation de ce traitement, pourraient voir leur position sur le marché européen affaiblie. L’AVA-ASAJA a explicitement mentionné cette perte d’avantage concurrentiel, soulignant la nécessité d’une harmonisation des normes pour un commerce plus équitable. La décision souligne une fois de plus les défis posés par les différences de réglementations phytosanitaires et l’absence de réciprocité dans les politiques commerciales internationales. Les producteurs européens se plaignent depuis longtemps de devoir respecter des normes plus strictes que leurs concurrents étrangers, ce qui pèse sur leurs coûts de production. L’utilisation de produits phytosanitaires comme la guazatine, bien qu’interdite en Europe, permettait à certains pays de réduire leurs coûts et d’offrir des prix plus attractifs sur le marché européen. Cette nouvelle mesure vise à rééquilibrer le jeu de la concurrence.
Pressions sur le marché mondial et défis agronomiques
Le marché mondial des agrumes est soumis à une pression constante, tant de la part des exigences sanitaires et environnementales croissantes que des réalités économiques du secteur. Les producteurs font face à des défis agronomiques de plus en plus complexes, notamment la gestion du stress hydrique dans certaines régions, l’augmentation des coûts des intrants agricoles (engrais, pesticides, main-d’œuvre) et la nécessité de s’adapter aux changements climatiques. Dans ce contexte, l’utilisation de traitements efficaces et abordables, même s’ils sont plus tard interdits, a pu constituer une solution temporaire pour maintenir la rentabilité. Cependant, la dépendance à de tels produits pose des risques à long terme, comme le démontre l’actuelle interdiction de la guazatine. Les producteurs sont désormais incités à rechercher des alternatives durables et conformes aux normes internationales. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) met régulièrement en avant l’importance des bonnes pratiques agricoles et de la gestion intégrée des nuisibles pour assurer la durabilité du secteur.
Le prix de la Guazatine et la dynamique coût/prix de vente
La question de la “Guazatine” et de son prix d’utilisation est intimement liée à la dynamique économique complexe du secteur agricole. Le coût d’un produit phytosanitaire comme l’acétate de guazatine représente une part importante des dépenses engagées par un producteur. Lorsqu’un produit est efficace et relativement peu coûteux, il peut permettre de maintenir un prix de vente compétitif sur les marchés internationaux, même face à une concurrence accrue. La situation décrite, où l’utilisation de la guazatine a permis à certains pays d’exporter à des prix plus bas, illustre parfaitement cette relation. Le “coût prix” (le coût réel de production) est directement influencé par les intrants utilisés, et la guazatine en faisait partie. Si ce coût est artificiellement bas grâce à un produit non conforme aux normes futures, le “prix de vente” peut sembler avantageux. Cependant, cette stratégie est à courte vue. L’interdiction de la guazatine oblige les producteurs à revoir leurs calculs de coûts, potentiellement en augmentant le recours à des méthodes alternatives plus coûteuses ou moins efficaces dans un premier temps. Le prix de vente devra alors s’adapter, ou la marge bénéficiaire des producteurs se réduira. Cette situation est un rappel cinglant de l’importance de l’anticipation des normes et de l’investissement dans des pratiques durables pour garantir la viabilité économique à long terme.
Les alternatives pour les producteurs
Face à l’interdiction de la Guazatine, les producteurs d’agrumes sont confrontés à la nécessité d’adopter de nouvelles stratégies de protection des cultures. La recherche d’alternatives plus respectueuses de l’environnement et conformes aux réglementations de l’UE est désormais une priorité. Cela peut inclure l’utilisation de fongicides de nouvelle génération, dont l’efficacité est prouvée et les résidus conformes aux LMR. Le recours à des méthodes de lutte biologique, qui impliquent l’utilisation d’organismes vivants pour contrôler les ravageurs et les maladies, est également une voie prometteuse. Enfin, l’amélioration des pratiques culturales, telles que la rotation des cultures, l’assainissement des vergers et le choix de variétés plus résistantes, peut contribuer à réduire la pression des maladies et la dépendance aux traitements chimiques. HortiTecNews a régulièrement couvert les avancées dans ces domaines, offrant des informations précieuses aux professionnels du secteur.
FAQ sur la crise actuelle liée à la Guazatine
Pourquoi l’UE interdit-elle la Guazatine ?
L’Union Européenne interdit la Guazatine car son utilisation était interdite depuis 2011 pour des raisons de sécurité sanitaire et environnementale. Le nouveau règlement impose une limite de résidus tellement basse qu’elle équivaut à une interdiction d’utilisation pour les agrumes importés.
Quels pays sont concernés par cette interdiction ?
Les pays qui exportent des agrumes vers l’Union Européenne et qui utilisaient la Guazatine sont principalement concernés, notamment l’Afrique du Sud, le Maroc, l’Égypte, la Turquie, le Brésil et l’Argentine.
Comment cette interdiction affecte-t-elle les producteurs européens ?
Elle vise à rétablir une concurrence plus équitable en éliminant un avantage concurrentiel lié à l’utilisation d’un produit non conforme aux normes européennes. Elle protège également la santé des consommateurs.
Quelles sont les alternatives à la Guazatine pour les producteurs ?
Les alternatives incluent l’utilisation de fongicides homologués par l’UE, les méthodes de lutte biologique et l’amélioration des pratiques culturales.
Pourquoi le prix de la Guazatine n’est-il plus pertinent ?
La pertinence du prix de la Guazatine est désormais nulle pour les agrumes destinés au marché européen, car son utilisation est interdite. Le débat porte désormais sur le coût des alternatives et leur impact sur la compétitivité.
Qu’est-ce que la LMR ?
La LMR signifie “Limite Maximale de Résidus”. Il s’agit de la concentration maximale de résidus de pesticides autorisée dans ou sur les denrées alimentaires, les aliments pour animaux ou l’eau potable.
Le Maroc est-il concerné par cette interdiction ?
Oui, comme d’autres pays exportateurs d’agrumes, le Maroc devra se conformer à la nouvelle réglementation européenne concernant l’utilisation de la Guazatine. Le Ministère de l’Agriculture marocain est donc en première ligne pour adapter les pratiques phytosanitaires.




