
Tomate : “Les marges bénéficiaires sont de plus en plus faibles pour les producteurs marocains”, Taquie-Dine Cherradi du groupe Matysha
15 December 2015
Le Maroc peut améliorer ses exportations vers les autres pays d’Afrique
23 December 2015
Accord agricole : Le Conseil européen fera appel, une décision lourde de conséquences qui vient d’être actée par les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne (UE) le 14 décembre dernier. Suite à l’arrêt de la Cour de justice de l’UE concernant l’accord agricole liant l’UE au Maroc, le Conseil européen a opté pour la voie de l’appel, une démarche adoptée sans débat préalable, signifiant sa soumission automatique à la Cour. Federica Mogherini, haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a tenu à rassurer sur la continuité des engagements internationaux envers le Maroc, soulignant au passage le rôle crucial du Royaume dans la lutte antiterroriste. Cette décision soulève de nombreuses interrogations quant à l’avenir de cet accord et ses répercussions sur les marchés agricoles européens et marocains, ainsi que sur les producteurs des deux côtés de la Méditerranée. Le dossier de l’accord agricole Maroc/UE est loin d’être clos, et cette nouvelle étape promet de longs développements juridiques et diplomatiques.
L’appel européen sur l’accord agricole : un acte de résistance ?
La décision du Conseil européen de faire appel de l’arrêt de la Cour de justice de l’UE sur l’accord agricole Maroc/UE s’inscrit dans un contexte de pressions croissantes sur les marchés agricoles mondiaux. L’agriculture européenne fait face à une concurrence internationale intense, alimentée par des coûts de production souvent plus bas dans d’autres régions du monde. Cette situation fragilise les exploitations agricoles de l’UE, qui doivent jongler entre des normes environnementales strictes, des exigences de bien-être animal élevées et des prix de marché fluctuants, souvent dictés par des acteurs mondiaux aux contraintes différentes. L’accord agricole, dans sa version actuelle, est perçu par certains comme un désavantage compétitif pour les producteurs européens, notamment lorsqu’il s’agit de fruits et légumes, dont l’importation depuis le Maroc est significativement accrue. La question de la juste rémunération des agriculteurs est au cœur du débat. La dynamique complexe entre le “coût de revient” et le “prix de vente” est particulièrement sensible dans ce secteur. Le coût de revient englobe toutes les dépenses nécessaires à la production : semences, engrais, eau, main-d’œuvre, énergie, entretien du matériel, et bien sûr, le remboursement des emprunts pour les investissements. Le prix de vente, quant à lui, est déterminé par l’offre et la demande sur le marché, mais aussi par la pression concurrentielle des produits importés. Lorsque le prix de vente tombe en dessous du coût de revient, les agriculteurs se retrouvent en difficulté, parfois au point de ne plus pouvoir couvrir leurs charges, ce qui peut mener à des endettements et, dans les cas extrêmes, à la faillite. L’accord agricole joue un rôle direct dans cette équation en influençant les volumes et les prix des produits agricoles entrant sur le marché européen.
Les défis agronomiques et économiques derrière l’accord agricole
Au-delà des aspects juridiques et diplomatiques, l’accord agricole soulève des questions techniques et économiques fondamentales. Les producteurs, qu’ils soient en Europe ou dans les pays partenaires, sont confrontés à des défis agronomiques de taille. La raréfaction de l’eau, accentuée par le changement climatique, impose des contraintes majeures sur les cultures, nécessitant des investissements dans des systèmes d’irrigation plus efficaces et des variétés plus résistantes à la sécheresse. Parallèlement, les coûts des intrants – engrais, produits phytosanitaires, énergie – connaissent des fluctuations importantes, souvent liées aux cours mondiaux et aux tensions géopolitiques. Ces facteurs augmentent considérablement le coût de revient, rendant la marge bénéficiaire encore plus mince. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) milite d’ailleurs pour une agriculture plus durable et résiliente face à ces défis globaux. Les producteurs souhaitent une rémunération juste qui leur permette de vivre dignement de leur travail et d’investir dans l’avenir de leurs exploitations. L’évolution des tarifs douaniers et des quotas d’importation, tels qu’encadrés par l’accord agricole, a un impact direct sur la capacité des agriculteurs à obtenir un prix de vente satisfaisant, capable de couvrir ces coûts croissants et d’assurer une rentabilité acceptable. Le débat ne porte pas seulement sur la quantité de produits importés, mais aussi sur leur mode de production et le respect des normes qui s’y appliquent.
Les alternatives pour les producteurs
Face aux difficultés économiques et aux complexités des accords commerciaux, de nombreux agriculteurs explorent des pistes pour diversifier leurs activités et améliorer leur rentabilité. Cela peut passer par le développement de circuits courts, la vente directe aux consommateurs, ou encore la transformation de leurs produits à la ferme. L’agriculture biologique, les produits de niche à forte valeur ajoutée, ou encore l’agrotourisme sont autant de voies qui permettent de s’affranchir partiellement des pressions des marchés mondiaux et des réglementations complexes liées aux accords commerciaux comme celui concernant l’accord agricole.
FAQ sur la crise actuelle
Pourquoi le prix de la accord agricole augmente-t-il ?
L’augmentation des prix dans le cadre de l’accord agricole, et plus largement sur le marché agricole, est multifactorielle. Elle est souvent due à une combinaison de facteurs tels que l’augmentation des coûts de production (énergie, intrants), les aléas climatiques qui réduisent les rendements, les tensions sur les marchés mondiaux, et parfois une demande accrue. L’accord agricole peut influencer ces prix en modifiant les volumes et les conditions d’entrée des produits sur le marché européen.
Quel est l’impact de l’accord agricole sur les consommateurs ?
Pour les consommateurs, l’accord agricole peut se traduire par une plus grande disponibilité de certains produits agricoles tout au long de l’année et potentiellement à des prix plus abordables, en fonction des produits et des accords spécifiques. Cependant, il peut aussi susciter des inquiétudes quant à l’origine des produits et aux standards de production appliqués.
Quelles sont les implications juridiques de l’arrêt de la Cour de justice de l’UE et de l’appel du Conseil européen sur l’accord agricole ?
L’arrêt de la Cour de justice de l’UE et le recours en appel formé par le Conseil européen sur l’accord agricole illustrent la complexité du droit international et des relations commerciales entre blocs économiques. La décision de la Cour, si elle n’est pas annulée en appel, pourrait imposer des modifications substantielles à l’application de l’accord, tandis que l’appel vise à maintenir le statu quo ou à obtenir une réinterprétation des textes en vigueur, garantissant ainsi la continuité des relations commerciales. Les implications juridiques sont donc importantes pour les deux parties et pour l’interprétation des traités commerciaux européens.
En bref, la décision du Conseil européen de faire appel dans le dossier de l’accord agricole Maroc/UE témoigne des enjeux majeurs qui sous-tendent les relations commerciales agricoles. Les discussions se poursuivent, et il est essentiel de suivre attentivement les évolutions pour comprendre pleinement l’impact de cette affaire sur les acteurs économiques et les consommateurs. L’importance de la coopération internationale dans des domaines comme l’agriculture est primordiale, comme le démontrent les travaux de Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. Les défis rencontrés par les agriculteurs, qu’ils soient en Tunisie, au Maroc, ou en Europe, appellent à des solutions durables et équitables, qui garantissent la viabilité de leurs exploitations et la sécurité alimentaire pour tous. Vous pouvez retrouver d’autres analyses sur ces thématiques sur HortiTecNews.




