
Myrtille : Agroberries accélère son expansion en Asie avec un projet stratégique au Laos
26 June 2026
Pastèques : le marché européen sature et freine les exportations marocaines
2 July 2026
Le Maroc franchit une nouvelle étape dans son ascension sur les marchés internationaux. Pour la première fois, le Royaume est devenu le premier fournisseur de mandarines du Royaume-Uni, devant l’Espagne, leader historique de ce marché depuis plusieurs décennies. Cette évolution illustre la montée en puissance de la filière marocaine des agrumes malgré un contexte marqué par le stress hydrique.
Des exportations en forte progression
Selon les données relayées par EastFruit, les exportations marocaines de mandarines vers le Royaume-Uni ont atteint 71 600 tonnes entre octobre 2025 et avril 2026, soit une progression de près de 20 % par rapport à la campagne précédente.
En valeur, ces expéditions ont généré plus de 81 millions de dollars, confirmant l’importance croissante du marché britannique pour les exportateurs marocains.
Le Maroc domine désormais la deuxième partie de la saison
Historiquement, l’Espagne dominait largement le marché britannique des mandarines pendant l’hiver.
Mais la situation évolue rapidement.
Entre février et mars 2026, les mandarines marocaines ont représenté plus de la moitié des importations britanniques, permettant au Royaume de prendre l’avantage sur son voisin ibérique.
Pourquoi le Maroc gagne du terrain
Plusieurs facteurs expliquent cette progression.
Le premier est la montée en puissance de la variété Nadorcott, devenue l’un des principaux moteurs des exportations marocaines. L’assouplissement des licences de production a permis à plus de 3 000 producteurs de cultiver cette variété premium, particulièrement appréciée sur les marchés internationaux.
Sa période de récolte, principalement de janvier à avril, coïncide parfaitement avec le ralentissement de la campagne espagnole, offrant ainsi aux exportateurs marocains une fenêtre commerciale particulièrement favorable.
L’Espagne pénalisée par le climat
L’Espagne reste un acteur majeur des agrumes, mais plusieurs campagnes successives de sécheresse et de fortes chaleurs ont réduit les rendements et affecté le calibre des fruits.
Le Maroc est lui aussi confronté à un important déficit hydrique. Toutefois, les investissements dans les stations de dessalement, l’amélioration des infrastructures hydrauliques et les programmes publics de soutien ont permis de maintenir une offre exportable compétitive.
Le Brexit a également rebattu les cartes
Le marché britannique est devenu plus ouvert depuis le Brexit.
Les nouvelles règles commerciales et phytosanitaires ont réduit certains avantages historiques dont bénéficiaient les producteurs espagnols, permettant à des pays comme le Maroc, l’Afrique du Sud ou encore le Pérou de renforcer leur présence auprès des enseignes britanniques.
Une confirmation du potentiel de l’agriculture marocaine
Cette performance ne concerne pas uniquement les mandarines.
Le Maroc s’impose progressivement comme un partenaire stratégique de la grande distribution britannique dans plusieurs filières, notamment les myrtilles, les framboises, les tomates et désormais les agrumes.
Pour les professionnels marocains, cette évolution confirme que les investissements dans les variétés performantes, la qualité des fruits, les infrastructures hydrauliques et la logistique commencent à produire leurs effets sur les marchés internationaux.
À moyen terme, le principal défi sera de maintenir cette dynamique tout en améliorant l’efficience de l’utilisation de l’eau afin de préserver la compétitivité de la filière face aux effets du changement climatique.




