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Les producteurs d’olives et d’agrumes en alerte
Un nouvel insecte ravageur suscite l’inquiétude des professionnels agricoles du sud de la France. Déjà signalé dans plusieurs zones méditerranéennes, l’aleurode épineux du citronnier (Aleurocanthus spiniferus) a récemment été détecté dans les départements du Gard et de l’Hérault, conduisant les autorités et les producteurs à renforcer la surveillance phytosanitaire.
Originaire d’Asie, cet insecte est considéré comme un organisme invasif capable d’attaquer de nombreuses espèces végétales cultivées et ornementales. Si les agrumes constituent ses hôtes préférés, il peut également coloniser l’olivier, la vigne, le kaki, le grenadier ou encore diverses plantes ornementales.
Pourquoi ce ravageur inquiète-t-il autant ?
Contrairement à certains ravageurs qui provoquent des dégâts directs spectaculaires, l’aleurode épineux agit de manière plus insidieuse.
Les larves et les adultes se nourrissent de la sève des feuilles. Cette activité affaiblit progressivement les arbres et réduit leur capacité photosynthétique. Parallèlement, les insectes produisent d’importantes quantités de miellat favorisant le développement de fumagine, un champignon noir qui recouvre les feuilles et les fruits.
Les conséquences peuvent être multiples :
* diminution de la croissance végétative ;
* réduction de la photosynthèse ;
* baisse de rendement ;
* dégradation de la qualité commerciale des fruits ;
* affaiblissement général des arbres lors de fortes infestations.
Un risque à surveiller pour l’ensemble du bassin méditerranéen
La progression de ce ravageur illustre une tendance observée depuis plusieurs années : l’augmentation du nombre d’organismes exotiques favorisée par les échanges commerciaux internationaux et les conditions climatiques de plus en plus favorables dans le bassin méditerranéen.
Les régions productrices d’agrumes et d’olives sont particulièrement concernées. Les températures douces et les longues périodes chaudes favorisent le développement de l’insecte et sa capacité d’installation durable.
Pour les pays méditerranéens fortement dépendants des filières agrumes et oléiculture, la détection précoce constitue aujourd’hui le principal levier de gestion.
Quels symptômes rechercher ?
Les producteurs sont invités à surveiller particulièrement :
* la présence de petites colonies noires sous les feuilles ;
* des larves entourées de structures cireuses caractéristiques ;
* l’apparition de miellat collant sur le feuillage ;
* le développement de fumagine noire ;
* un jaunissement ou un affaiblissement progressif des arbres.
Les foyers débutants passent souvent inaperçus avant que les populations n’augmentent fortement, ce qui complique ensuite les opérations de contrôle.
Une approche basée sur la surveillance et la lutte intégrée
Les spécialistes recommandent une stratégie reposant sur :
* le monitoring régulier des parcelles ;
* la détection précoce des premiers foyers ;
* la préservation des auxiliaires naturels ;
* l’élimination rapide des végétaux fortement infestés lorsque cela est nécessaire ;
* l’application raisonnée des mesures de lutte autorisées par les autorités phytosanitaires locales.
Cette approche s’inscrit dans la logique de la protection intégrée des cultures, où la surveillance constitue la première ligne de défense contre les ravageurs émergents.
Une menace supplémentaire dans un contexte déjà complexe
L’arrivée de nouveaux ravageurs intervient dans un contexte où les producteurs méditerranéens doivent déjà gérer plusieurs défis simultanément : stress hydrique, épisodes climatiques extrêmes, augmentation des coûts de production et pression croissante des bioagresseurs.
L’aleurode épineux n’est pas encore considéré comme le principal ravageur de l’olivier ou des agrumes, mais son expansion rapide en Europe démontre l’importance d’une veille phytosanitaire active afin d’éviter son installation durable dans les principales zones de production méditerranéennes.




