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Copa et Cogeca demandent des mesures immédiates pour freiner la hausse des coûts des intrants et préserver la viabilité des exploitations agricoles
Les organisations agricoles européennes Copa et Cogeca ont appelé la Commission européenne à prendre des mesures immédiates afin de limiter l’augmentation du coût des intrants et garantir la viabilité des exploitations agricoles dans l’Union européenne.
Dans un contexte marqué par la volatilité des prix du gaz et les restrictions d’approvisionnement en intrants clés pour les engrais, notamment via le détroit d’Ormuz, les prix des fertilisants continuent de grimper. Les agriculteurs demandent donc une série de mesures pour faire face à la pénurie d’engrais et assurer la stabilité du marché à long terme.
Quatre jours avant le déclenchement du conflit en Iran, l’Union européenne a adopté une mesure temporaire visant à économiser environ 60 millions d’euros de droits d’importation, en suspendant pendant un an les droits de douane de la clause de la nation la plus favorisée (MFN) sur les importations d’ammoniac et d’urée. Avec l’aggravation de la situation géopolitique, Copa et Cogeca demandent désormais à la Commission européenne d’aller plus loin, notamment en assouplissant la directive sur les nitrates et en encourageant davantage l’utilisation de nutriments organiques et recyclés.
Dans un document de position récemment publié, les organisations détaillent un ensemble de mesures à court, moyen et long terme qu’elles jugent essentielles pour stabiliser le marché et réduire la vulnérabilité du secteur face à un contexte géopolitique de plus en plus incertain. Ce document intervient après les manifestations de milliers d’agriculteurs à Bruxelles en décembre dernier, qui réclamaient déjà des solutions urgentes face à la hausse du coût des intrants.
Le document propose une série d’actions que la Commission européenne devrait intégrer sans délai dans son Plan d’action sur les engrais. Parmi les mesures à court terme figurent :
la suspension du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) afin de réduire son impact sur les coûts de production ;
la modification de la directive sur les nitrates, afin de réduire la dépendance aux engrais synthétiques et offrir davantage de flexibilité dans l’utilisation des effluents d’élevage ;
le renforcement de l’Observatoire du marché des engrais et l’application de mesures de concurrence pour fournir aux agriculteurs des informations fiables sur la disponibilité et les prix des fertilisants.
Le document appelle également l’Union européenne à aligner et appliquer les critères d’utilisation du RENURE (azote récupéré à partir du fumier) conformément aux recommandations du Centre commun de recherche (JRC) de la Commission européenne.
Certaines de ces mesures avaient déjà été évoquées début janvier par le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, qui a souligné que les coûts des engrais sont actuellement environ 60 % plus élevés qu’en 2020, une situation qu’il a jugée « tout simplement insoutenable ».
Copa et Cogeca insistent enfin sur le fait que le Plan d’action européen sur les engrais, très attendu et qui doit être présenté cette semaine, devra tenir compte des réalités agronomiques et économiques du terrain, apporter un soutien immédiat aux agriculteurs et définir une trajectoire crédible vers une gestion durable des nutriments.
Selon les organisations agricoles, les mesures proposées représentent le minimum nécessaire pour faire face à une crise annoncée depuis plusieurs années, et qui pourrait avoir des conséquences importantes pour l’ensemble de l’Union européenne.




