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Nouvel accord agricole : la COAG dénonce un pacte qui fragilise les producteurs européens et suscite des doutes sur la traçabilité.
La Coordinadora de Organizaciones de Agricultores y Ganaderos (COAG) a vivement réagi à la récente révision de l’accord commercial sur les produits agricoles entre l’Union européenne et le Maroc. L’organisation, par la voix de son responsable du secteur des fruits et légumes, Andrés Góngora, pointe du doigt la Commission européenne, estimant que ce nouvel accord agricole risque d’aggraver la précarité des agriculteurs européens et de conduire à la fermeture de nombreuses exploitations. Les grands groupes agroalimentaires, quant à eux, seraient les grands gagnants, bénéficiant de conditions de concurrence jugées inéquitables sur le marché intérieur de l’UE.
Les critiques acerbes de la COAG sur le nouvel accord agricole
La COAG met en lumière plusieurs points de friction majeurs concernant ce nouvel accord agricole. Premièrement, l’organisation dénonce un manque flagrant de garanties en matière d’étiquetage et de traçabilité des produits d’origine sahraouie. Alors que les autorités marocaines sont chargées de délivrer les certificats de conformité quant à l’origine des marchandises, la COAG considère que cette démarche n’offre aucune réponse sérieuse face aux soupçons de fraude récurrents. Cette opacité pose un problème de confiance pour le consommateur européen et de concurrence déloyale pour le producteur local.
De plus, la COAG souligne l’ironie d’une telle révision alors même que la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) avait précédemment annulé l’accord antérieur. Góngora qualifie cette nouvelle mouture de « répétition » du texte précédent, orchestrée par un « artifice juridique » visant à gagner du temps et à satisfaire les demandes marocaines, le tout sans apporter de véritable sécurité juridique. Cette approche soulève des questions quant au respect de l’État de droit au sein de l’UE et à la protection des intérêts de ses citoyens et de ses producteurs.
La COAG regrette également l’absence de consultation effective du peuple sahraoui, un point pourtant crucial rappelé par la CJUE dans ses précédents arrêts. L’organisation accuse la Commission européenne d’avoir contourné le Parlement européen en activant l’accord de manière provisoire dès le 1er octobre, avant même que les eurodéputés aient eu l’occasion de voter. Cette manœuvre politique est perçue comme une tentative de court-circuiter le processus démocratique et de passer en force.
Enfin, l’attitude des institutions européennes est jugée contradictoire. D’un côté, elles célèbrent la richesse des fruits et légumes méditerranéens lors d’événements tels que Fruit Attraction, et de l’autre, elles approuvent un accord qui, selon la COAG, mine la compétitivité de la production espagnole et européenne. Cette dissonance communique un message confus et déstabilisant pour les acteurs du secteur agricole.
Contexte mondial et pressions sur le nouvel accord agricole
Le nouvel accord agricole UE-Maroc s’inscrit dans un contexte de mondialisation accrue des échanges agricoles et de pressions concurrentielles intenses. Les marchés mondiaux sont de plus en plus interconnectés, et les accords commerciaux visent souvent à libéraliser les flux de marchandises pour réduire les coûts et stimuler la croissance économique. Cependant, cette libéralisation ne bénéficie pas toujours équitablement à tous les acteurs. Dans le secteur agricole, les producteurs des pays membres de l’UE sont souvent confrontés à des normes de production plus strictes, notamment en matière environnementale et sanitaire, ainsi qu’à des coûts de main-d’œuvre et d’intrants plus élevés. L’arrivée sur le marché européen de produits agricoles provenant de pays tiers, bénéficiant de coûts de production inférieurs, met une pression considérable sur les prix et la rentabilité des exploitations européennes. La COAG estime que ce nouvel accord agricole exacerbe ces déséquilibres, créant une concurrence déloyale qui menace la survie de nombreuses exploitations familiales.
Les défis agronomiques et la réalité des coûts de production
Au-delà des aspects politiques et commerciaux, la production agricole, qu’elle soit européenne ou marocaine, fait face à des défis agronomiques croissants. Le stress hydrique, particulièrement marqué dans les régions méditerranéennes, impose une gestion de plus en plus rigoureuse des ressources en eau. Les coûts des intrants, tels que les engrais, les produits phytosanitaires et l’énergie, ont également connu des hausses significatives ces dernières années, grevant lourdement les marges des agriculteurs. La COAG insiste sur le fait que les exploitations européennes doivent non seulement respecter des normes de qualité et de sécurité alimentaire élevées, mais aussi faire face à des coûts de production structurellement supérieurs. Le nouvel accord agricole, en facilitant l’importation de produits qui ne sont pas soumis aux mêmes contraintes, crée un fossé économique difficile à combler pour les producteurs de l’UE, dont le modèle économique est basé sur des investissements importants et un engagement envers la qualité et la durabilité. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) travaille d’ailleurs à promouvoir des pratiques agricoles durables et résilientes face aux changements climatiques, soulignant l’importance de soutenir les producteurs dans ces efforts.
La dynamique Prix de Revient vs Prix de Vente : le nerf de la guerre
La critique de la COAG concernant la rentabilité des producteurs européens touche au cœur de la problématique économique : l’écart entre le coût de production et le prix de vente. Dans un marché agricole, le prix de revient englobe l’ensemble des dépenses nécessaires à la production d’un bien agricole : achat des semences, engrais, pesticides, carburant pour les machines, main-d’œuvre, eau, énergie, amortissement du matériel, assurances, etc. Ce coût est un plancher en dessous duquel l’agriculteur ne peut pas vendre sans perdre de l’argent. Le prix de vente, quant à lui, est déterminé par l’offre et la demande sur les marchés, ainsi que par les accords commerciaux. Lorsque l’offre est abondante (en partie grâce aux importations à bas coût permises par des accords comme le nouvel accord agricole), les prix tendent à baisser. Si le prix de vente tombe en dessous du prix de revient, l’agriculteur réalise une perte. C’est précisément ce que dénonce la COAG : la concurrence induite par le nouvel accord agricole exerce une pression à la baisse sur les prix de vente des produits agricoles européens, rendant de plus en plus difficile pour les producteurs de couvrir leurs coûts et de dégager un revenu viable. Les grands distributeurs et les centrales d’achat, tirant parti de cette concurrence accrue, sont souvent en position de force pour négocier des prix bas auprès des producteurs, augmentant ainsi le profit des intermédiaires au détriment des agriculteurs.
FAQ sur la crise actuelle et le nouvel accord agricole
Pourquoi le prix de la nouvel accord agricole pose-t-il problème ?
Le problème principal réside dans la distorsion de concurrence qu’il engendre. Les produits importés du Maroc, bénéficiant de coûts de production plus faibles (main-d’œuvre, normes environnementales moins contraignantes, etc.), arrivent sur le marché européen à des prix qui mettent sous pression les prix des produits similaires cultivés en Europe. Cela rend la vente des produits européens moins rentable, car les agriculteurs européens ont des coûts de production plus élevés.
Comment le nouvel accord agricole affecte-t-il la rentabilité des producteurs ?
Il affecte négativement la rentabilité en abaissant potentiellement les prix de vente des produits agricoles européens. Si les agriculteurs ne peuvent pas vendre leurs produits à un prix qui couvre leurs coûts de production, leur rentabilité diminue, voire devient négative, les menant à des pertes financières.
Qu’est-ce que le problème de traçabilité évoqué par la COAG ?
La COAG s’inquiète du manque de garanties sur l’origine des produits, notamment ceux venant des territoires contestés du Sahara. Les doutes portent sur la capacité des autorités marocaines à certifier de manière fiable l’origine des produits, laissant la porte ouverte à des fraudes et à une concurrence déloyale vis-à-vis des produits d’origine européenne clairement identifiés.
Pourquoi la COAG parle-t-elle de “conditions de concurrence déloyales” ?
Les conditions de concurrence sont jugées déloyales parce que les producteurs européens doivent respecter des normes environnementales, sanitaires et sociales plus strictes, ce qui entraîne des coûts de production plus élevés. Les importations issues du nouvel accord agricole ne sont pas toujours soumises aux mêmes contraintes, créant un avantage compétitif injuste pour les produits importés.
Pour des informations sur le secteur agricole et ses enjeux, vous pouvez consulter le site de HortiTecNews.
Des politiques agricoles cohérentes sont nécessaires pour soutenir les producteurs et assurer un marché juste pour tous. Des pays comme la Tunisie, par exemple, travaillent à adapter leurs propres politiques agricoles aux dynamiques du marché mondial. Pour plus d’informations sur les politiques agricoles tunisiennes, vous pouvez vous référer au Ministère de l’Agriculture tunisien.




