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Pénuries de tomate dans les supermarchés britanniques ! Une situation préoccupante qui met en lumière les fragilités de nos chaînes d’approvisionnement et les défis croissants auxquels est confronté le secteur agricole. Les étals clairsemés ne sont que la partie visible d’une crise multifacette, où l’augmentation vertigineuse des coûts énergétiques se mêle à des contraintes post-Brexit et à une inflation galopante. Cette pénurie de tomates, loin d’être un simple incident ponctuel, révèle des tensions structurelles profondes qui affectent la production et la disponibilité de ce légume essentiel.
Comprendre les causes profondes des pénuries de tomate
Au cœur de la problématique des pénuries de tomate au Royaume-Uni se trouve le coût exorbitant de l’énergie. Les producteurs de tomates dépendent massivement des serres chauffées pour maintenir des conditions de croissance optimales, généralement autour de 20 degrés Celsius. Cependant, l’envolée des prix du gaz et de l’électricité a rendu le chauffage de ces vastes structures de verre prohibitif. Face à des budgets de plus en plus serrés, de nombreux agriculteurs ont été contraints de réduire leurs plantations, de retarder les semis ou même d’annuler des cycles de culture entiers. Cette décision drastique a logiquement entraîné une diminution significative de l’offre disponible sur le marché.
À ces défis énergétiques s’ajoutent les complications liées au Brexit. La mise en place de nouveaux contrôles douaniers et administratifs a engendré des retards supplémentaires dans la chaîne d’approvisionnement, déjà mise à rude épreuve. De plus, le secteur agricole a connu des difficultés à recruter de la main-d’œuvre saisonnière, autrefois majoritairement issue de l’Union européenne. Cette pénurie de travailleurs qualifiés a un impact direct sur les opérations de production, de récolte et de conditionnement, exacerbant ainsi les pénuries de tomate.
Comme l’a souligné Julie Woolley, porte-parole de la British Tomato Growers Association (BTGA), « Les prix du gaz en gros ont un impact sur tous les producteurs et la disponibilité des tomates est un problème mondial ». Cette déclaration souligne que la crise britannique n’est pas isolée, mais s’inscrit dans un contexte de pression sur les marchés agricoles à l’échelle planétaire. Des facteurs similaires affectent la production dans d’autres régions, créant une demande globale accrue pour une offre de plus en plus contrainte. Pour approfondir la compréhension des enjeux mondiaux de l’alimentation, consulter le site de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture est une excellente démarche.
Le Dr Philip Morley, horticulteur et responsable technique de la BTGA, met également en lumière l’impact de l’inflation générale. Au-delà de l’énergie, les coûts de nombreux autres intrants ont explosé. « La hausse des coûts de carburant a signifié que les coûts de transport sont désormais plus élevés. Les coûts des autres intrants tels que les graines, les engrais et les aliments ont également augmenté entre 100 et 400 % », précise-t-il. Ces augmentations de coûts, qui se répercutent directement sur les producteurs, sont rendues encore plus complexes par des contrôles sanitaires stricts à l’importation de graines au Royaume-Uni, visant à prévenir l’introduction de virus végétaux nuisibles aux cultures.
Les défis agronomiques et la dynamique des prix
Les pénuries de tomate actuelles sont également le reflet de défis agronomiques spécifiques et de la pression exercée sur le “coût de revient” des producteurs. Maintenir la qualité et le rendement d’une culture de tomate en serre nécessite un contrôle précis de nombreux paramètres. L’eau, bien que parfois considérée comme moins problématique que l’énergie, fait également l’objet d’une gestion attentive, notamment dans le contexte de réglementations de plus en plus strictes sur son usage et son traitement. Les coûts liés aux systèmes d’irrigation, à la fertilisation (dont les prix des engrais ont explosé) et à la gestion des nutriments représentent des postes de dépenses significatifs. Ces intrants essentiels, dont la disponibilité et le prix sont directement influencés par les marchés mondiaux de l’énergie et des matières premières, sont cruciaux pour le développement sain des plants de tomate.
La dynamique entre le “coût de revient” et le “prix de vente” est particulièrement tendue dans le contexte actuel. Les producteurs doivent faire face à une augmentation drastique de leurs dépenses pour produire leurs tomates : chauffage, électricité, carburant pour le transport, intrants agricoles (semences, engrais, substrats, produits de protection des cultures), main-d’œuvre, et même l’amortissement des infrastructures. Si le prix de vente proposé par les distributeurs ne parvient pas à couvrir ces coûts croissants, les agriculteurs se retrouvent dans une situation intenable. Certains peuvent être contraints de vendre à perte, ce qui n’est pas viable à long terme, ou de réduire leur production, contribuant ainsi aux pénuries de tomate. L’idée de simplement augmenter les prix de manière linéaire pour compenser l’inflation est complexe, car les agriculteurs doivent aussi rester compétitifs face aux importations, lorsque celles-ci sont encore possibles à des prix plus bas.
Les alternatives pour les producteurs et les consommateurs
Face à ces pénuries de tomate et à l’augmentation des coûts, les producteurs explorent diverses stratégies. Certains investissent dans des technologies plus économes en énergie, comme des systèmes de chauffage plus performants ou des serres mieux isolées. D’autres se tournent vers des variétés de tomates moins gourmandes en énergie ou adaptées à des conditions de culture moins intensives. L’innovation dans le domaine de l’agriculture de précision et des énergies renouvelables (biomasse, solaire) pourrait également offrir des solutions à moyen et long terme.
Pour les consommateurs, la situation actuelle peut amener à repenser certaines habitudes. Privilégier les produits de saison, soutenir les circuits courts et les producteurs locaux, et diversifier son alimentation avec d’autres légumes sont autant de pistes pour s’adapter. Le recours à des alternatives locales ou à des méthodes de culture plus durables, comme celles promues par des plateformes comme HortiTecNews, peut jouer un rôle dans la résilience du système alimentaire.
FAQ sur la crise actuelle des pénuries de tomate
Pourquoi le prix de la tomate augmente-t-il autant ?
Le prix de la tomate augmente principalement en raison de la flambée des coûts de production. Les prix de l’énergie (gaz, électricité) ont explosé, rendant le chauffage des serres extrêmement coûteux. De plus, les coûts des intrants agricoles comme les engrais, les semences et le carburant pour le transport ont considérablement augmenté, tout comme les coûts de la main-d’œuvre. Ces facteurs combinés pèsent lourdement sur le prix final.
La pénurie de tomates est-elle un problème mondial ?
Oui, la disponibilité des tomates est effectivement un problème mondial. De nombreux pays producteurs sont confrontés à des défis similaires liés à l’augmentation des coûts de l’énergie, aux perturbations des chaînes d’approvisionnement et à l’inflation générale. Cela crée une pression accrue sur l’offre et peut entraîner des pénuries similaires dans différentes régions du monde.
Le Brexit a-t-il contribué aux pénuries de tomates ?
Le Brexit a joué un rôle dans les difficultés actuelles. La mise en place de nouveaux contrôles administratifs et douaniers a entraîné des retards dans la chaîne d’approvisionnement. De plus, le secteur agricole a fait face à une diminution de la main-d’œuvre saisonnière en provenance de l’UE, ce qui a affecté la capacité de production et de récolte.
Quelles solutions sont envisagées pour l’avenir ?
Les solutions envisagées incluent l’investissement dans des technologies plus économes en énergie pour les serres, l’exploration de variétés de tomates moins gourmandes en ressources, le développement de l’agriculture de précision et l’utilisation d’énergies renouvelables. Pour les consommateurs, l’adaptation passe par le soutien aux circuits courts, la consommation de produits de saison et la diversification de leur alimentation.




