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tomate : Le Maroc a vu son contingent d’exportation vers l’Union Européenne presque doubler durant le mois d’octobre, une situation qui suscite des interrogations quant à l’impact sur les marchés européens et les producteurs locaux. Selon des informations relayées par le site espagnol Hortoinfo, la fédération espagnole des producteurs et exportateurs de fruits, légumes, fleurs et plantes vivantes (FEPEX) a mis en lumière cette augmentation significative des volumes de tomate en provenance du Maroc.
L’augmentation spectaculaire des exportations de tomate marocaine
Les chiffres communiqués par l’office statistique européen, Eurostat, révèlent qu’en octobre, l’Union Européenne a importé 27,69 millions de kilos de tomates marocaines. Cela représente une hausse notable de 20% par rapport à la même période en 2014. Ce volume dépasse de loin le contingent préférentiel initialement fixé pour le mois d’octobre, qui était d’environ 14,7 millions de kilos. FEPEX anticipe même que les chiffres définitifs seront encore plus élevés, le Maroc ayant officiellement informé la Commission Européenne que ses exportations de tomate en octobre atteindraient 37,635 tonnes, démontrant une volonté de maximiser sa présence sur le marché européen.
Contexte d’une crise profonde sur le marché de la tomate
Cette situation survient dans un contexte de crise sévère sur le marché européen de la tomate. Les prix sont actuellement très bas pour toutes les catégories de produits, engendrant des difficultés économiques considérables pour les producteurs européens. FEPEX insiste sur l’importance d’une application stricte et intégrale de l’accord d’association entre l’UE et le Maroc. Cet accord prévoit des concessions tarifaires sur le secteur de la tomate, censées permettre de maintenir les exportations marocaines traditionnelles tout en évitant les perturbations majeures du marché. Cependant, l’ampleur de l’augmentation des quotas soulève des inquiétudes quant au respect de l’équilibre du marché et à la viabilité économique des exploitations européennes.
La pression sur le marché mondial de la tomate est une réalité complexe, influencée par de multiples facteurs. Les changements climatiques, la raréfaction de l’eau et l’augmentation des coûts des intrants (engrais, énergie, main-d’œuvre) pèsent de plus en plus sur la production. Les exploitations, qu’elles soient en Europe ou ailleurs, doivent faire face à des défis agronomiques considérables. La gestion de l’eau, une ressource de plus en plus précieuse, devient un enjeu majeur, tout comme l’optimisation de l’utilisation des engrais pour maintenir des rendements satisfaisants tout en maîtrisant les coûts. Ces contraintes économiques et environnementales accentuent la volatilité des prix et la compétitivité des différentes zones de production.
La dynamique entre le coût de production et le prix de vente est au cœur de la crise actuelle. Pour les producteurs, le “coût prix” représente l’ensemble des dépenses nécessaires à la culture de la tomate : semences, substrats, eau, énergie pour le chauffage et l’éclairage des serres, main-d’œuvre pour la plantation, l’entretien et la récolte, emballage, transport, etc. Le “prix de vente”, quant à lui, est le montant auquel le producteur parvient à écouler sa production sur les marchés. Lorsque le prix de vente descend en dessous du coût de production, les agriculteurs réalisent des pertes significatives, mettant en péril la pérennité de leurs exploitations. L’afflux de volumes importants sur le marché, souvent à des prix plus bas en raison de différences de coûts de production ou de stratégies commerciales, peut exacerber cette situation, tirant les prix vers le bas et rendant la rentabilité encore plus difficile à atteindre pour les producteurs européens.
L’importance des accords commerciaux et de la réglementation
Les accords commerciaux entre l’Union Européenne et des pays tiers comme le Maroc jouent un rôle crucial dans la régulation des flux de produits agricoles. Ils visent à établir un cadre équilibré, favorisant les échanges tout en protégeant les intérêts des producteurs européens. L’accord d’association UE-Maroc, dans le cas de la tomate, prévoit des quotas et des droits de douane progressifs qui sont censés gérer l’offre sur le marché. Cependant, lorsque les volumes importés dépassent significativement ces accords, cela peut créer une concurrence déloyale et une pression insoutenable sur les prix. Il est donc essentiel que ces accords soient appliqués avec rigueur et que des mécanismes de contrôle efficaces soient en place pour éviter les abus et garantir une concurrence équitable.
Dans ce contexte, il est pertinent de s’intéresser aux pratiques et aux défis rencontrés par d’autres acteurs du marché mondial. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) publie régulièrement des analyses sur les tendances de la production et du commerce des fruits et légumes, offrant une perspective globale sur les enjeux du secteur. De même, il est utile de consulter les informations émanant des ministères de l’agriculture des pays producteurs, comme par exemple le Ministère de l’Agriculture tunisien, pour comprendre les politiques agricoles et les stratégies développées pour soutenir leurs filières.
Les alternatives pour les producteurs
Face à cette conjoncture difficile, les producteurs de tomate explorent diverses stratégies pour maintenir leur activité. Cela peut passer par l’investissement dans des variétés plus résistantes aux maladies et au stress hydrique, l’adoption de techniques de production plus économes en eau et en énergie, ou encore la diversification vers d’autres cultures à plus forte valeur ajoutée. Le développement de circuits courts, la vente directe aux consommateurs ou la transformation des produits (soupes, sauces, conserves) peuvent également offrir des débouchés plus rémunérateurs et moins dépendants des fluctuations des marchés de gros. L’innovation technologique, notamment dans le domaine de l’agriculture de précision et de l’automatisation, est aussi une voie pour améliorer l’efficacité et réduire les coûts de production. Les plateformes spécialisées comme HortiTecNews jouent un rôle important dans la diffusion de ces innovations et bonnes pratiques.
FAQ sur la crise actuelle
Pourquoi le prix de la tomate augmente-t-il parfois ?
- Plusieurs facteurs peuvent expliquer une hausse du prix de la tomate : des conditions météorologiques défavorables réduisant les récoltes, une augmentation des coûts de production (énergie, engrais, main-d’œuvre), une demande accrue, ou encore des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement.
Comment les accords commerciaux influencent-ils le prix de la tomate ?
- Les accords commerciaux, comme celui entre l’UE et le Maroc, prévoient souvent des quotas et des tarifs douaniers préférentiels. Ils visent à équilibrer l’offre sur le marché. Lorsque ces accords sont respectés, ils contribuent à stabiliser les prix. Cependant, des importations massives au-delà des quotas peuvent exercer une pression à la baisse sur les prix pour les producteurs locaux.
Qu’est-ce que le “contingent préférentiel” pour la tomate ?
- Le contingent préférentiel désigne une quantité de produit agricole qui peut être importée d’un pays tiers vers l’UE à un tarif douanier réduit ou nul, dans le cadre d’un accord commercial. Au-delà de ce contingent, des droits de douane plus élevés s’appliquent.
Quelles sont les conséquences de la surproduction de tomates sur le marché ?
- Une surproduction, souvent causée par des importations importantes ou des récoltes exceptionnelles, entraîne une baisse des prix sur le marché. Cette chute des prix peut rendre la vente de la tomate non rentable pour les producteurs, menant à des pertes économiques.




