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olives : La Tunisie, acteur majeur sur la scène oléicole mondiale, fait face à une situation préoccupante dans la région de Monastir. Les estimations pour la campagne agricole 2015/2016 révèlent une baisse significative de la production d’olives, s’élevant à près de 39 107 tonnes. Ce chiffre contraste fortement avec les rendements habituels de la région, qui avoisinent les 62 000 tonnes, et détonne encore plus face aux 65 750 tonnes produites lors de la saison précédente. Cette diminution, bien que circonscrite à une région spécifique, soulève des interrogations sur les facteurs sous-jacents et leurs implications potentielles pour le secteur oléicole tunisien dans son ensemble, un pilier économique et culturel du pays.
Mounira Gharbi Sahloul, du commissariat régional au développement agricole (CRDA) de Monastir, a apporté des précisions sur ces chiffres, soulignant que malgré ces estimations jugées moyennes, un suivi méticuleux des oliviers avait été mis en place dès le mois d’octobre précédent dans le but de garantir une récolte optimale. Cependant, la réalité sur le terrain semble contredire ces efforts, pointant vers des défis plus structurels et environnementaux qui affectent la production d’olives.
Les enjeux de la production d’olives face aux défis mondiaux
La production d’olives en Tunisie, et particulièrement à Monastir, s’inscrit dans un contexte global marqué par des pressions croissantes. Le marché mondial de l’huile d’olive est de plus en plus volatile, influencé par des facteurs climatiques, des politiques agricoles et des demandes fluctuantes. Les récoltes déficitaires dans des pays producteurs clés peuvent entraîner une hausse des prix, mais aussi une instabilité des approvisionnements. La Tunisie, en tant que cinquième producteur mondial d’huile d’olive, ne peut ignorer ces dynamiques. La baisse de production locale d’olives peut avoir des répercussions non seulement sur l’économie d’exportation, mais aussi sur la disponibilité et le prix de l’huile d’olive pour les consommateurs tunisiens. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) met régulièrement en lumière l’importance de la diversification des cultures et de l’adaptation aux changements climatiques pour assurer la sécurité alimentaire et la viabilité des exploitations agricoles, un message particulièrement pertinent pour le secteur des olives.
Défis agronomiques et économiques impactant les olives
Plusieurs facteurs agronomiques peuvent expliquer cette forte baisse de la production d’olives. Le stress hydrique, exacerbé par des conditions météorologiques parfois défavorables, reste un défi majeur pour les oliveraies tunisiennes. Le manque d’eau limite le développement des fruits et peut affecter la floraison, préjudiciable à la quantité finale d’olives récoltées. Parallèlement, l’augmentation des coûts des intrants agricoles – engrais, pesticides, carburant pour les machines agricoles – pèse lourdement sur la rentabilité des producteurs. Ces coûts additionnels, s’ils ne sont pas compensés par une hausse des prix de vente des olives ou de l’huile d’olive, peuvent décourager les investissements nécessaires à l’entretien des vergers et à l’optimisation des rendements. L’équilibre délicat entre le coût de production des olives et leur prix de vente devient alors crucial pour la survie des exploitations.
La dynamique entre le coût de production et le prix de vente des olives est une équation complexe. Le coût de production englobe toutes les dépenses engagées depuis la plantation, la taille, la fertilisation, l’irrigation, la protection contre les parasites, jusqu’à la récolte et le transport. Ces coûts peuvent varier considérablement en fonction de la taille de l’exploitation, des techniques utilisées et des conditions locales. Le prix de vente, quant à lui, est déterminé par l’offre et la demande sur les marchés nationaux et internationaux, la qualité de l’huile produite (acidité, profil aromatique) et la conjoncture économique globale. Lorsque la production d’olives diminue, l’offre se raréfie, ce qui tend à faire augmenter les prix. Cependant, si les coûts de production ont significativement augmenté, cette hausse des prix de vente peut ne pas suffire à garantir une marge bénéficiaire suffisante pour les agriculteurs. Il est essentiel que le prix de vente des olives reflète fidèlement le coût de production tout en restant compétitif sur le marché. Les interventions de l’État, par le biais de subventions ou de programmes d’aide, peuvent jouer un rôle important pour soutenir les producteurs face à ces déséquilibres. Le Ministère de l’Agriculture tunisien joue un rôle clé dans la définition des politiques de soutien au secteur oléicole.
Les olives : un trésor national à préserver
La diminution de la production d’olives n’est pas seulement un problème économique, c’est aussi une atteinte à l’une des richesses patrimoniales de la Tunisie. L’olivier est présent sur le territoire tunisien depuis l’Antiquité, et sa culture a façonné les paysages et les traditions. La préservation de cette culture passe par des investissements dans la recherche agronomique, le développement de variétés plus résistantes aux maladies et au stress climatique, ainsi que par la promotion de pratiques agricoles durables. L’adoption de nouvelles technologies, comme celles proposées par des acteurs tels que HortiTecNews, peut également contribuer à optimiser la gestion des vergers et à améliorer les rendements d’olives.
Le marché tunisien de l’huile d’olive
Le marché tunisien de l’huile d’olive est dynamique et diversifié. Les producteurs locaux commercialisent leur production à travers différents canaux : vente directe aux consommateurs, distribution dans les épiceries locales, et exportation vers les marchés internationaux. La qualité de l’huile d’olive tunisienne est reconnue mondialement, notamment l’huile issue de la variété Chemlali. La région de Monastir, avec ses oliveraies étendues, est un contributeur significatif à cette production. La perception de la qualité des olives influence directement la valeur de l’huile d’olive qui en sera extraite.
Le rôle du Ministère de l’Agriculture et des organismes de tutelle
Le Ministère de l’Agriculture tunisien, aux côtés d’autres organismes de tutelle, a pour mission de définir et de mettre en œuvre les politiques agricoles visant à soutenir le secteur oléicole. Cela inclut l’octroi de subventions pour l’achat de matériel agricole, le financement de programmes de recherche et de développement, ainsi que la promotion des exportations. L’objectif est de garantir la compétitivité de la production tunisienne d’olives et de ses dérivés sur les marchés mondiaux. La collaboration entre le ministère, les organismes de recherche comme l’INRGREF (Institut National de Recherche en Génie Rural, Eaux et Forêts) et les producteurs est essentielle pour relever les défis.
FAQ sur la crise actuelle de la production d’olives
Pourquoi le prix de la production d’olives augmente-t-il ?
Le prix de la production d’olives peut augmenter pour plusieurs raisons. Premièrement, une diminution de l’offre due à des conditions climatiques défavorables, des maladies, ou une baisse des rendements, rend le produit plus rare. Deuxièmement, l’augmentation des coûts de production (engrais, carburant, main-d’œuvre) oblige les agriculteurs à répercuter ces charges sur le prix de vente. Enfin, la demande accrue sur les marchés nationaux et internationaux peut également tirer les prix vers le haut, surtout si la qualité des olives est exceptionnelle.
Quelles sont les principales maladies qui affectent les oliviers en Tunisie ?
Parmi les maladies les plus courantes affectant les oliviers en Tunisie figurent la cercosporiose (œil de paon), la mouche de l’olive, et la verticilliose. La gestion de ces maladies est cruciale pour maintenir des rendements d’olives satisfaisants et la qualité des fruits.
Comment la Tunisie peut-elle améliorer sa production d’olives ?
Pour améliorer sa production d’olives, la Tunisie peut investir dans la modernisation des techniques d’irrigation pour lutter contre le stress hydrique, encourager l’utilisation de variétés d’olives plus résistantes et à haut rendement, développer des programmes de formation pour les agriculteurs sur les meilleures pratiques agricoles, et renforcer la recherche agronomique pour mieux anticiper et gérer les maladies et les parasites. L’adaptation au changement climatique est également un enjeu majeur.
Quelle est la différence entre olives de table et olives à huile ?
Les olives de table sont généralement cueillies à maturité optimale pour la consommation directe, souvent plus charnues et moins amères. Les olives à huile sont récoltées à un stade où leur teneur en huile est la plus élevée, ce qui peut varier en fonction de la variété. Certaines variétés sont polyvalentes et peuvent être utilisées pour les deux usages.




