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barrages : le Maroc s’oriente-t-il vers leur privatisation ? Une information émanant de la presse marocaine arabophone suggère que oui. L’État marocain serait en effet en train de préparer des opérations de privatisations partielles, portant sur les barrages et les centrales hydroélectriques qui leur sont associées.
L’ouverture du secteur des barrages au privé : une tendance globale ?
Selon le quotidien arabophone marocain Al Massae, dans son édition du jeudi 26 mai, le royaume aurait décidé d’ouvrir au secteur privé, y compris international, la réalisation et l’exploitation des infrastructures hydrauliques et hydroélectriques liées aux barrages. Cette décision intervient dans un contexte mondial où de nombreux pays cherchent à optimiser la gestion de leurs ressources hydriques et énergétiques, souvent par le biais de partenariats public-privé ou de privatisations. La pression croissante pour financer de nouvelles infrastructures, couplée à la nécessité d’améliorer l’efficacité opérationnelle, pousse les gouvernements à explorer ces nouvelles voies. L’exploitation des barrages, essentiels pour l’irrigation agricole, l’approvisionnement en eau potable et la production d’énergie, représente un enjeu stratégique majeur, rendant la décision de leur ouverture au privé particulièrement significative.
Le journal marocain ajoute qu’un projet d’envergure serait déjà en phase d’installation, mené par un groupe privé américain. Ce dernier investirait dans la construction d’un barrage dans la région d’Azilal, au cœur du Grand Atlas, dans le but de produire de l’hydroélectricité. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à mettre fin au monopole de l’État dans le secteur de la production d’énergies, à l’instar de ce qui a déjà été fait pour les centrales éoliennes, solaires et thermiques. Cette diversification des acteurs dans la production d’énergie vise à stimuler la concurrence, à attirer de nouveaux investissements et potentiellement à réduire les coûts de production, au bénéfice, espère-t-on, des consommateurs et de l’économie nationale.
Les enjeux techniques et économiques de la privatisation des barrages
La gestion des barrages et des ressources en eau au Maroc soulève des défis agronomiques considérables. Le pays est confronté à un stress hydrique croissant, exacerbé par le changement climatique, qui se traduit par une diminution des précipitations et une augmentation des besoins en eau pour l’agriculture, secteur vital de l’économie marocaine. Dans ce contexte, l’optimisation de l’utilisation de l’eau, la réduction des pertes et l’amélioration de l’efficacité des systèmes d’irrigation deviennent primordiales. Le coût des intrants agricoles, notamment l’eau, impacte directement la rentabilité des exploitations. La privatisation des barrages pourrait potentiellement entraîner une réévaluation des tarifs de l’eau, soulevant des questions sur l’accessibilité de cette ressource pour les petits agriculteurs.
La dynamique entre le “coût de revient” et le “prix de vente” est au cœur des préoccupations. Pour les opérateurs privés, la rentabilité est un moteur essentiel. Cela implique que le prix auquel l’eau issue des barrages est vendue doit couvrir les coûts d’investissement, d’exploitation, de maintenance, ainsi que générer une marge bénéficiaire. Dans le secteur public, la notion de service public prime souvent, avec des tarifs potentiellement subventionnés pour assurer l’accès à l’eau pour tous. Une privatisation pourrait donc signifier une augmentation des coûts pour les utilisateurs, mais elle pourrait aussi, en théorie, stimuler l’innovation et l’efficacité, menant à des investissements dans des technologies plus performantes pour la gestion de l’eau et la production d’énergie.
Il est important de noter que le Maroc dispose d’un parc conséquent de 148 grands barrages, offrant une capacité totale d’environ 17,2 milliards de m³ de retenue d’eau. La production hydroélectrique marocaine est intrinsèquement variable, dépendant largement de la pluviométrie annuelle. En 2012, la contribution de l’hydraulique, avec une puissance installée de 1745 MW, devait augmenter pour atteindre 2 700 MW à l’horizon 2020, notamment grâce à la construction de nouveaux barrages et de stations de transfert d’énergie par pompage. La gestion de ces infrastructures représente un enjeu stratégique pour l’indépendance énergétique et la sécurité hydrique du pays.
Les alternatives pour les producteurs
Face aux possibles évolutions tarifaires et aux enjeux de disponibilité de l’eau, les producteurs ont tout intérêt à explorer des stratégies d’adaptation. L’adoption de techniques d’irrigation économes en eau, telles que le goutte-à-goutte ou la micro-aspersion, peut réduire significativement la consommation. La diversification des cultures vers des variétés moins gourmandes en eau est également une option. Par ailleurs, investir dans des technologies de stockage d’eau à la ferme, comme des citernes ou des réservoirs, peut offrir une certaine autonomie face aux fluctuations de l’approvisionnement public. Le recours à des solutions d’énergies renouvelables pour alimenter les systèmes d’irrigation, couplé à une gestion optimisée de la consommation d’eau, représente une voie prometteuse pour améliorer la résilience des exploitations agricoles. Pour s’informer sur les bonnes pratiques en matière de gestion de l’eau, il est recommandé de consulter les ressources de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture).
FAQ sur la crise actuelle
Pourquoi le prix de la gestion des barrages pourrait-il augmenter ?
Plusieurs facteurs peuvent expliquer une potentielle augmentation du coût de gestion des barrages. Les coûts d’investissement pour la construction et la maintenance de ces infrastructures sont élevés. Si la gestion est confiée à des opérateurs privés, ces derniers chercheront à rentabiliser leurs investissements, ce qui peut se traduire par une répercussion des coûts sur les tarifs de l’eau ou de l’électricité produite. De plus, l’inflation générale, l’augmentation du coût des matériaux et de l’énergie, ainsi que les investissements nécessaires pour moderniser les infrastructures ou s’adapter aux contraintes environnementales peuvent également contribuer à une hausse des prix.
Quels sont les bénéfices potentiels de la privatisation des barrages ?
Les partisans de la privatisation des barrages avancent plusieurs bénéfices potentiels. Parmi ceux-ci, on trouve l’apport de capitaux privés pour financer de nouveaux projets ou moderniser les infrastructures existantes, l’amélioration de l’efficacité opérationnelle grâce à une gestion plus agile et axée sur la performance, et potentiellement une réduction des délais de réalisation des projets. La concurrence accrue pourrait également stimuler l’innovation technologique dans la gestion de l’eau et la production d’énergie.
Quels sont les risques associés à la privatisation des barrages ?
Les principaux risques liés à la privatisation des barrages concernent la potentielle augmentation des tarifs pour les usagers, notamment les agriculteurs, qui pourraient avoir du mal à supporter des coûts plus élevés. Il existe également une préoccupation quant à la préservation de l’accès à l’eau comme un droit fondamental et la possibilité que des considérations purement économiques prennent le pas sur l’intérêt général. La régulation de ces nouveaux acteurs privés devient alors cruciale pour garantir la pérennité des services et la protection de l’environnement. Les citoyens marocains peuvent trouver des informations sur la politique agricole du pays auprès du Ministère de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts, en consultant leur site officiel (si le lien est disponible et pertinent).
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