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14 October 2026
La réduction des prévisions d’exportation péruviennes entretient des tensions sur le marché international de la myrtille. Alors que plusieurs marchés européens enregistrent des prix élevés, le Maroc poursuit sa progression à l’export malgré des conditions climatiques difficiles et des contraintes croissantes sur les ressources en eau.
Le marché mondial de la myrtille traverse une période marquée par une disponibilité limitée et des prix soutenus, particulièrement en Europe. Selon le dernier panorama international publié par FreshPlaza le 16 octobre 2026, la transition entre les productions de l’hémisphère Nord et celles des pays de l’hémisphère Sud s’accompagne de tensions sur l’approvisionnement.
La situation est notamment influencée par les difficultés rencontrées au Pérou, premier acteur mondial du commerce de la myrtille fraîche, dont les prévisions d’exportation ont été revues à la baisse.
Le Pérou révise ses prévisions à la baisse
Les perturbations climatiques liées au phénomène El Niño ont conduit l’association péruvienne Proarándanos à réduire ses prévisions d’exportation pour la campagne 2026/2027.
Initialement estimées à 382 000 tonnes en septembre, les expéditions devraient désormais atteindre environ 366 000 tonnes, soit une diminution de 4,4 % par rapport à la campagne précédente.
Cette révision intervient malgré une augmentation d’environ 15 % des surfaces cultivées.
La contraction devrait être particulièrement sensible au cours des prochaines semaines. Les exportations péruviennes sont estimées à 108 000 tonnes sur les huit semaines à venir, contre 156 000 tonnes durant la même période de la campagne précédente, soit une baisse de plus de 31 %.
Cette évolution pourrait contribuer à maintenir des prix élevés sur plusieurs marchés internationaux, notamment européens.
Europe : une offre limitée et des prix soutenus
Aux Pays-Bas, les importateurs signalent une disponibilité réduite depuis le début de la saison des importations d’outre-mer. Les prix restent élevés depuis plusieurs semaines, même s’ils n’ont pas atteint les sommets observés certaines années.
Les opérateurs anticipent une situation particulièrement tendue entre la fin novembre et la première quinzaine de décembre, avant l’arrivée de volumes plus importants en provenance du Chili.
En Allemagne, la diminution des disponibilités se traduit également par une hausse des prix. Les distributeurs privilégient actuellement les petits conditionnements de 125 et 250 grammes, au détriment des barquettes de 500 grammes généralement utilisées lors des opérations promotionnelles.
En Espagne, la fin de la campagne nationale renforce la dépendance aux importations péruviennes. Les premières récoltes ultra-précoces de Huelva devraient débuter prochainement, mais les volumes significatifs ne sont pas attendus avant la fin janvier.
La situation est toutefois plus équilibrée sur d’autres marchés, notamment en Autriche et en Croatie, où l’approvisionnement demeure relativement stable.
Maroc : 89 000 tonnes exportées malgré les difficultés climatiques
Le Maroc confirme sa place parmi les principaux fournisseurs internationaux de myrtilles fraîches.
Selon les données rapportées par FreshPlaza, les exportations marocaines ont atteint environ 89 000 tonnes durant la campagne 2025/2026, soit une progression de 6 % sur un an.
Cette croissance repose principalement sur l’extension des superficies cultivées, qui a permis de compenser les pertes de rendement enregistrées dans certaines exploitations.
Dans la région d’Agadir, les températures élevées ont fortement perturbé les cultures. Sous certains tunnels, les températures auraient atteint 46 °C, provoquant des phénomènes de stress thermique et des dommages foliaires.
Les conditions ont été globalement plus favorables dans les régions de Kénitra et de Larache, même si certaines exploitations y ont également subi des dégâts liés à la chaleur.
Ces difficultés mettent en évidence plusieurs défis pour la filière marocaine : la disponibilité de l’eau, l’adaptation variétale aux conditions climatiques et l’optimisation de la nutrition des plantes.
La progression des volumes exportés ne doit donc pas masquer les pressions croissantes qui s’exercent sur les coûts de production et la productivité des exploitations.
Afrique du Sud : une campagne qui démarre favorablement
En Afrique du Sud, les perspectives sont plus encourageantes. Après une campagne précédente perturbée par le gel dans certaines régions, la production démarre dans de bonnes conditions.
Les exportations sud-africaines sont estimées à environ 27 000 tonnes pour la saison en cours.
Les professionnels espèrent profiter de la réduction de l’offre péruvienne pour obtenir de meilleures valorisations sur les marchés européens et britanniques.
Cependant, les difficultés logistiques, notamment dans les ports sud-africains, continuent de peser sur la compétitivité du secteur.
Une consommation mondiale toujours en progression
Malgré les tensions ponctuelles sur l’approvisionnement, les perspectives de consommation restent favorables.
En Italie, la myrtille gagne progressivement du terrain dans les habitudes alimentaires. Selon les données de YouGov citées par FreshPlaza, 38 % des ménages italiens ont acheté des myrtilles au cours de l’année achevée en août 2026, soit près de dix points de pourcentage supplémentaires en deux ans.
Cette progression s’accompagne d’une évolution des attentes des consommateurs, qui accordent une importance croissante à la saveur, à la fermeté et à la conservation des fruits.
Les nouvelles générations variétales, notamment les sélections Sekoya, Eureka et IQ Berries, participent à cette transformation du marché.
Au Mexique, où la production devrait atteindre environ 90 000 tonnes en 2026, les professionnels misent également sur le renouvellement variétal et la diversification des destinations d’exportation.
Quelles perspectives pour la myrtille marocaine ?
La réduction annoncée des volumes péruviens constitue un élément favorable à court terme pour l’équilibre du marché mondial. Toutefois, ses effets sur les prix de la prochaine campagne marocaine dépendront de l’évolution des disponibilités internationales et du calendrier d’arrivée des différentes origines.
Pour les producteurs marocains, l’enjeu dépasse désormais la seule augmentation des superficies.
La maîtrise des coûts, l’accès à l’eau, le choix de variétés performantes et la régularité de la qualité commerciale deviennent des facteurs déterminants de compétitivité.
À moyen terme, le principal défi sera de concilier la croissance de la production avec celle de la consommation mondiale. Si les volumes continuent d’augmenter plus rapidement que la demande, les prix pourraient subir de nouvelles pressions, malgré les tensions actuellement observées.
Dans ce contexte, la capacité du Maroc à produire des fruits de qualité, à maîtriser ses coûts et à cibler les fenêtres commerciales les plus rémunératrices sera essentielle pour préserver la rentabilité de sa filière myrtille.
Source principale : FreshPlaza, « Global Market Overview Blueberries », 16 octobre 2026.




