
Agrumes : l’Andalousie retrouve sa production après plusieurs années de sécheresse
13 October 2026
En Italie, la coopérative Sant’Orsola expérimente une technologie robotisée utilisant les rayons ultraviolets pour lutter contre plusieurs maladies et ravageurs. Une innovation qui pourrait contribuer à réduire l’utilisation des produits phytosanitaires dans les cultures de petits fruits.
La lutte contre les maladies et les ravageurs pourrait progressivement faire appel à de nouvelles technologies, au-delà des traitements phytosanitaires traditionnels. En Italie, la coopérative Sant’Orsola teste notamment un robot capable d’émettre des rayons ultraviolets UV-C pour limiter le développement de certains agents pathogènes.
Cette expérimentation s’inscrit dans le cadre de Bioconfarm, un projet européen soutenu par la Commission européenne et consacré à la recherche de solutions agricoles plus durables.
Des rayons UV-C contre l’oïdium et le botrytis
Présenté lors d’un atelier organisé en septembre 2026 dans le Trentin, le robot a été expérimenté dans des exploitations agricoles situées près de Levico Terme.
Son principe repose sur l’utilisation de faisceaux lumineux UV-C, dont l’action physique peut perturber les structures cellulaires et le matériel génétique de certains microorganismes.
Les essais portent notamment sur la lutte contre l’oïdium, le botrytis et les tétranyques rouges, trois problématiques importantes pour les producteurs de petits fruits.
Contrairement aux traitements conventionnels, cette technologie n’utilise pas de substance phytosanitaire pulvérisée sur les cultures. Elle pourrait ainsi contribuer à diminuer les interventions chimiques, sous réserve de confirmer son efficacité dans différentes conditions de production.
Huit solutions alternatives expérimentées
Le robot UV-C ne constitue qu’une des huit pratiques présentées par Sant’Orsola dans le cadre du projet européen.
Parmi les autres approches expérimentées figurent la technique « Attract and Kill » contre Drosophila suzukii, l’utilisation de plantes favorisant les insectes auxiliaires, ainsi que plusieurs substances d’origine naturelle.
Le chitosane et l’acide orthosilicique sont notamment étudiés pour la gestion du botrytis, tandis que des extraits de graines de lupin sont testés contre l’oïdium du fraisier. L’ail fait également partie des solutions explorées comme répulsif contre l’anthonome.
L’objectif est de développer des stratégies de protection intégrée permettant de réduire la dépendance aux produits phytosanitaires, tout en préservant la productivité et la qualité des récoltes.
Des expérimentations directement chez les producteurs
Sant’Orsola, qui regroupe 635 exploitations agricoles réparties dans cinq régions italiennes, joue le rôle de laboratoire agricole vivant (Living Farm Lab) pour le secteur européen des petits fruits.
Cette approche consiste à expérimenter les innovations directement dans les exploitations commerciales, afin d’évaluer leur efficacité et leur adaptation aux contraintes réelles des producteurs.
Outre l’Italie, le projet Bioconfarm associe des partenaires en Espagne, en France, en Allemagne et en Slovaquie, représentant différentes filières agricoles.
Une plateforme numérique destinée à partager les pratiques expérimentées et validées doit être opérationnelle en 2027.
Une technologie prometteuse, mais encore des défis
L’utilisation des UV-C suscite un intérêt croissant dans l’horticulture européenne, particulièrement pour la maîtrise des maladies fongiques.
Toutefois, son efficacité dépend de plusieurs paramètres, notamment la dose de rayonnement, la fréquence des passages, la couverture du feuillage et la sensibilité des organismes ciblés.
Une exposition excessive peut également endommager les tissus végétaux. La sécurité des opérateurs constitue un autre point essentiel, les UV-C étant dangereux pour les yeux et la peau.
Pour les producteurs, l’intérêt économique dépendra aussi du coût des équipements, de leur capacité à circuler entre les rangs et des économies effectivement réalisées sur les traitements phytosanitaires.
Dans les filières de la fraise, de la framboise et de la myrtille, où les exigences relatives aux résidus de pesticides sont particulièrement importantes, ces technologies pourraient néanmoins représenter un outil supplémentaire dans les programmes de protection intégrée.
L’enjeu n’est pas nécessairement de supprimer tous les traitements, mais de disposer de nouvelles solutions efficaces permettant de mieux protéger les cultures tout en réduisant les intrants chimiques.
Source : FreshPlaza, 18 septembre 2026, d’après les informations de la coopérative Sant’Orsola



