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2 October 2026
La production d’agrumes en Andalousie devrait progresser de 12,7 % durant la campagne 2026-2027, pour atteindre 2,11 millions de tonnes. Une reprise encourageante après plusieurs années difficiles, même si les producteurs restent préoccupés par la hausse des coûts et la concurrence des pays tiers.
La filière agrumicole andalouse entrevoit enfin une campagne plus favorable. Après plusieurs saisons marquées par la sécheresse, les restrictions d’irrigation et des récoltes décevantes, les prévisions annoncent un retour vers des niveaux de production plus habituels.
Selon les estimations du gouvernement régional, la récolte devrait atteindre 2,11 millions de tonnes en 2026-2027, soit une hausse de 12,7 % par rapport à la campagne précédente. Cette amélioration s’explique principalement par une meilleure disponibilité des ressources hydriques, même si les intempéries du début d’année ont endommagé certaines plantations.
Une reprise portée par les oranges et les mandarines
La progression concerne les principales catégories d’agrumes. Les oranges douces, qui représentent environ les deux tiers de la production régionale, devraient atteindre 1,42 million de tonnes, tandis que les mandarines enregistreraient également une croissance significative.
Cette reprise renforce la position de l’Andalousie dans la production agrumicole espagnole. La région devrait fournir près de 37 % des agrumes du pays et plus de la moitié de ses oranges.
Une production espagnole qui reste limitée
Malgré cette progression régionale, les perspectives nationales demeurent relativement modérées. La production espagnole totale devrait atteindre 5,74 millions de tonnes, en hausse de seulement 1,1 % par rapport à la saison précédente.
La récolte andalouse compense ainsi partiellement les difficultés rencontrées dans d’autres bassins de production. En particulier, la réorientation de certains producteurs de la Communauté valencienne vers des cultures jugées plus rentables, notamment les mandarines et les avocats, contribue à renforcer le poids de l’Andalousie dans la production nationale d’oranges.
Cette situation pourrait contribuer à préserver un certain équilibre du marché. Malgré la reprise andalouse, l’offre espagnole d’oranges devrait rester inférieure à celle de la campagne précédente et à sa moyenne récente.
La concurrence des pays tiers reste une préoccupation
Pour les producteurs andalous, l’augmentation des volumes ne garantit cependant pas une amélioration des revenus.
L’organisation agricole Asaja-Sevilla attire notamment l’attention sur la concurrence croissante des agrumes importés de pays tiers, particulièrement l’Égypte, l’Afrique du Sud et la Turquie.
Les importations européennes d’agrumes en provenance de pays extérieurs à l’Union européenne ont dépassé 1,8 million de tonnes lors de la dernière campagne. Les perturbations commerciales affectant certains débouchés au Moyen-Orient et en Asie pourraient également conduire plusieurs fournisseurs à réorienter davantage de volumes vers le marché européen.
Cette concurrence supplémentaire risque de peser sur les prix, particulièrement pendant les périodes de forte disponibilité des fruits.
Le véritable défi : transformer les volumes en rentabilité
Au-delà de la reprise des récoltes, la rentabilité demeure la principale préoccupation des agrumiculteurs espagnols.
Les coûts de main-d’œuvre, d’énergie, de fertilisation et de protection phytosanitaire continuent de peser sur les marges des exploitations. Une production plus abondante pourrait donc ne pas suffire à améliorer les résultats économiques si les prix ne suivent pas.
Asaja-Sevilla souligne ainsi que la réussite de cette campagne dépendra avant tout de la capacité du marché à absorber les volumes supplémentaires à des prix suffisamment rémunérateurs.
Les perspectives restent néanmoins relativement favorables pour les oranges de qualité destinées au marché du frais, tandis que les mandarines et les petits agrumes pourraient subir une concurrence commerciale plus intense.
Pour les exportateurs marocains, cette reprise andalouse constitue également un élément à surveiller. L’évolution des disponibilités espagnoles, notamment en oranges et en mandarines, pourrait influencer les conditions de commercialisation sur les marchés européens où les deux origines sont présentes.
La campagne 2026-2027 pourrait ainsi marquer le retour de l’Andalousie à une production agrumicole plus normale. Reste à savoir si cette amélioration des récoltes se traduira également par une amélioration des revenus des producteurs.
Sources : Fruitnet / Eurofruit, 13 octobre 2026 ; Asaja-Sevilla ; Junta de Andalucía.



