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Après plusieurs campagnes marquées par les restrictions hydriques et la réduction des superficies dans certaines régions, la filière marocaine de la pastèque retrouve progressivement des couleurs. Les pluies enregistrées cette saison et l’amélioration relative des disponibilités en eau ont permis un retour plus important des volumes sur le marché. Pourtant, paradoxalement, cette reprise ne s’accompagne pas forcément d’un meilleur climat économique pour les producteurs.
Selon plusieurs opérateurs du secteur, le démarrage de la campagne 2026 reste mitigé. Les rendements et les volumes sont au rendez-vous dans plusieurs bassins de production, mais les prix et la dynamique commerciale ne suivent pas toujours les attentes.
La situation illustre un changement majeur : après plusieurs années où la principale préoccupation était « peut-on produire ? », la question devient désormais « peut-on vendre dans de bonnes conditions ? ».
Le retour des volumes modifie l’équilibre du marché
Les zones traditionnelles de production comme Zagora retrouvent progressivement leur place dans la campagne nationale, tandis que d’autres bassins tels que Taroudant, Chichaoua ou encore Kariat Ba Mohamed poursuivent leur développement.
Cette augmentation des disponibilités intervient toutefois dans un contexte régional plus compétitif. Plusieurs origines méditerranéennes et africaines sont présentes sur les marchés européens, tandis que certaines campagnes concurrentes se prolongent plus longtemps que prévu.
Résultat : une pression plus importante sur les prix et une concurrence accrue sur les calendriers de commercialisation.
Pour certains exportateurs, l’enjeu n’est plus uniquement le volume, mais la capacité à se différencier : précocité, calibre, qualité interne, Brix, homogénéité et régularité logistique deviennent des critères stratégiques.
Produire plus ne garantit plus automatiquement plus de revenus
La campagne actuelle rappelle une réalité souvent observée dans les filières horticoles : l’augmentation de la production ne se traduit pas toujours par une amélioration des marges.
Lorsque plusieurs régions entrent simultanément en récolte et que les marchés absorbent difficilement les volumes, les prix peuvent rapidement se contracter.
Cette situation pousse la filière à réfléchir à plusieurs leviers :
optimisation du calendrier de production ;
étalement des récoltes ;
segmentation variétale ;
amélioration de la qualité export ;
valorisation de niches premium ;
diversification des débouchés.
Le défi devient alors commercial autant qu’agronomique.
Le débat sur l’eau reste présent
Même si la campagne actuelle bénéficie d’un contexte hydrique plus favorable que les précédentes, la question de la durabilité reste au cœur des discussions.
La pastèque demeure une culture fortement observée dans le débat sur la gestion de l’eau au Maroc. Les prochaines années pourraient accélérer l’adoption de solutions visant à améliorer l’efficience hydrique : irrigation pilotée, suivi de drainage, sondes, fertigation de précision ou encore nouvelles approches variétales.
Ainsi, la campagne 2026 pourrait marquer une transition importante : le retour des volumes confirme la résilience de la filière, mais met aussi en évidence que le prochain défi de la pastèque marocaine ne sera peut-être plus la production… mais la valorisation du marché.




