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exportations tomates : La Turquie restreint ses ventes à l’étranger pour maîtriser l’inflation intérieure.
La décision de la Turquie de limiter ses exportations tomates, notamment sous forme de concentré, marque un tournant stratégique visant à préserver la stabilité des prix sur son propre marché. Cette mesure, initiée par le Ministère du commerce, classe désormais les tomates préparées ou conservées (par des méthodes autres que le vinaigre ou l’acide acétique) et le concentré de tomates dans la catégorie des « marchandises soumises à enregistrement » pour l’exportation. Cette classification implique un contrôle plus strict et potentiellement une réduction des volumes exportés, afin de répondre à la demande intérieure croissante et de freiner la flambée des prix.
Impact de la hausse des coûts énergétiques sur les exportations tomates
Cette initiative turque intervient dans un contexte mondial où le secteur agricole, et particulièrement la production de tomates, est soumis à d’intenses pressions. Plus tôt dans l’année, la production européenne de tomates avait subi un coup dur en raison de l’envolée spectaculaire des coûts de l’énergie. Cet événement a directement impacté la capacité des producteurs européens à maintenir leurs rendements et leurs prix compétitifs, créant ainsi une opportunité pour les pays exportateurs comme la Turquie. En conséquence, les exportations tomates turques avaient connu une augmentation notable. Cette demande accrue, couplée aux défis de production ailleurs, avait conduit les experts de l’industrie à anticiper une hausse significative des prix des tomates sur le marché intérieur turc, avec des projections atteignant jusqu’à 50 livres turques (environ 2,70 dollars) le kilogramme.
La Turquie, en tant qu’acteur majeur sur le marché mondial des fruits et légumes, observe attentivement ces dynamiques. Le ministère turc a exprimé sa préoccupation quant à la tendance haussière persistante, en particulier pour le concentré de tomate. La déclaration officielle souligne la nécessité d’intervenir rapidement : « Afin de maintenir l’équilibre offre intérieure/demande internationale et la stabilité des prix, compte tenu de la dynamique du marché intérieur et de l’inflation des consommateurs, des mesures nécessaires à l’exportation doivent être prises immédiatement. » Cette approche proactive vise à éviter que la demande internationale ne détourne une part trop importante de la production, au détriment des consommateurs turcs.
Les enjeux économiques derrière les exportations tomates
La dynamique entre le coût de production et le prix de vente est au cœur de cette décision. Les producteurs agricoles font face à une augmentation constante des intrants : engrais, énergie pour les serres chauffées, main-d’œuvre, et coûts logistiques. Lorsque la demande internationale explose, les opportunités de vente à l’étranger deviennent plus lucratives. Le prix de vente à l’exportation peut alors devenir nettement supérieur au prix que les producteurs pourraient obtenir sur le marché intérieur, surtout si celui-ci est régulé ou si le pouvoir d’achat local est limité. Les exportations tomates, dans ce contexte, peuvent devenir une source de revenus plus importante pour les agriculteurs. Cependant, si cette tendance se généralise, elle crée une pression inflationniste sur les produits de base, affectant directement le panier de la ménagère.
Le gouvernement turc cherche donc à rétablir un équilibre. En limitant les exportations tomates, il vise à rediriger une partie de la production vers le marché intérieur, augmentant ainsi l’offre disponible. Une offre plus abondante devrait, en théorie, modérer les prix et aider à juguler l’inflation, un enjeu politique et social majeur. Cette stratégie doit cependant être gérée avec précaution pour ne pas pénaliser excessivement les producteurs qui bénéficient des marchés d’exportation, sous peine de démotiver la production à long terme. Il est crucial de trouver un juste milieu qui assure à la fois la disponibilité des produits pour les citoyens et la viabilité économique des exploitations agricoles.
Les défis agronomiques et la durabilité des exportations tomates
Au-delà des considérations économiques immédiates, les exportations tomates sont également influencées par des facteurs agronomiques complexes. La production de tomates, particulièrement celle réalisée sous serre pour garantir des rendements constants et une qualité optimale, est intrinsèquement gourmande en ressources. Le stress hydrique, un problème croissant dans de nombreuses régions du monde, impose une gestion rigoureuse de l’eau. Les coûts de l’énergie, nécessaires au chauffage des serres durant les mois froids et à l’irrigation, peuvent représenter une part significative des dépenses de production. La dépendance vis-à-vis de ces intrants coûteux rend le secteur vulnérable aux fluctuations des marchés mondiaux.
L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) souligne régulièrement l’importance de développer des pratiques agricoles durables et résilientes face au changement climatique et à la volatilité des marchés. Les producteurs sont encouragés à adopter des techniques d’irrigation plus efficientes, à explorer des sources d’énergie renouvelables pour leurs exploitations, et à diversifier leurs cultures pour réduire les risques. L’innovation dans les variétés de tomates, plus résistantes aux maladies et aux conditions climatiques difficiles, est également une voie prometteuse. Les exportations tomates, si elles sont gérées de manière durable, peuvent contribuer à la sécurité alimentaire mondiale et au développement économique, à condition que les modèles de production soient résilients et équitables.
Alternative pour les producteurs face à la restriction des exportations tomates
Face à ces restrictions sur les exportations tomates, les producteurs turcs, comme leurs homologues d’autres pays, doivent explorer des stratégies alternatives pour maintenir leur compétitivité et leur rentabilité. La diversification des cultures est l’une des pistes les plus évidentes. Investir dans d’autres produits maraîchers ou fruitiers qui connaissent une demande stable sur le marché intérieur ou sur des marchés d’exportation moins contraignants peut permettre de lisser les revenus. Le développement de circuits courts et la vente directe aux consommateurs ou aux restaurateurs locaux peuvent également offrir une marge plus intéressante en éliminant certains intermédiaires.
L’amélioration de la valeur ajoutée est une autre stratégie clé. Au lieu de se concentrer uniquement sur la vente de tomates fraîches, les producteurs pourraient envisager de développer des produits transformés : sauces tomates, tomates séchées, conserves, etc. Ces produits, une fois mis en marché avec une marque forte et un positionnement qualitatif, peuvent atteindre des prix de vente plus élevés et être moins sensibles aux fluctuations des marchés de produits frais. Le soutien aux coopératives agricoles est également essentiel. En unissant leurs forces, les producteurs peuvent mieux négocier les prix d’achat des intrants, mutualiser les coûts de transformation et de commercialisation, et accéder à des marchés plus importants. L’accès à l’information sur les tendances du marché et aux conseils techniques, par exemple auprès de plateformes spécialisées comme HortiTecNews, est également crucial pour prendre des décisions éclairées.
FAQ sur la crise actuelle des exportations tomates
Pourquoi le prix des tomates augmente-t-il ?
Le prix des tomates augmente principalement en raison d’une combinaison de facteurs : la hausse des coûts de production (énergie, engrais, main-d’œuvre), une demande internationale accrue suite aux difficultés de production dans d’autres régions (comme l’Europe), et une demande intérieure soutenue. Lorsque l’offre ne parvient pas à suivre le rythme de la demande, les prix grimpent.
Pourquoi la Turquie limite-t-elle ses exportations tomates ?
La Turquie limite ses exportations tomates pour maintenir la stabilité des prix sur son marché intérieur et lutter contre l’inflation. En réduisant les volumes exportés, le gouvernement cherche à augmenter l’offre disponible pour les consommateurs turcs, ce qui devrait contribuer à faire baisser les prix.
Quels types de produits sont concernés par ces restrictions ?
Les restrictions concernent les tomates préparées ou conservées par des méthodes autres que le vinaigre ou l’acide acétique, ainsi que le concentré de tomates. Ces produits sont désormais soumis à enregistrement pour l’exportation.
Quel est l’impact de ces mesures sur les producteurs ?
Ces mesures peuvent avoir un impact mitigé sur les producteurs. D’une part, elles peuvent limiter leurs opportunités de vente à l’exportation, qui sont souvent plus lucratives. D’autre part, elles visent à stabiliser le marché intérieur, ce qui pourrait garantir un certain volume de ventes à des prix raisonnables.
Comment les producteurs peuvent-ils s’adapter à cette situation ?
Les producteurs peuvent s’adapter en diversifiant leurs cultures, en se concentrant sur la valeur ajoutée (produits transformés), en développant des circuits de vente courts, et en améliorant l’efficacité de leurs exploitations grâce à des pratiques durables. L’information et le conseil technique sont également des atouts majeurs.




