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Importations agrumes : une pression croissante pour une meilleure protection phytosanitaire. Les députés espagnols montent au créneau et demandent une action concrète de la Commission européenne concernant les standards imposés aux importations d’agrumes en provenance de pays tiers. Au cœur de leurs préoccupations : la nécessité d’instaurer un traitement par le froid obligatoire pour garantir la sécurité sanitaire des fruits et légumes entrant sur le marché unique de l’Union européenne.
L’enjeu des importations agrumes : protéger le marché européen des parasites
L’organisation professionnelle espagnole Intercitrus, spécialisée dans la production d’oranges et de mandarines, a récemment intensifié ses démarches auprès des instances européennes. Face à un nombre alarmant d’interceptions de cargaisons d’agrumes porteuses d’agents pathogènes, l’organisme souhaite un renforcement significatif des contrôles phytosanitaires. Cette intensification des contrôles est d’autant plus nécessaire que les importations agrumes représentent une part non négligeable de l’offre sur le marché européen, et que leur origine peut parfois poser des défis en matière de sécurité alimentaire.
La semaine dernière, une délégation d’Intercitrus a rencontré des députés européens espagnols dans le but de constituer un groupe de pression influent. L’objectif principal est de convaincre la Commission européenne d’appliquer strictement l’obligation d’un traitement par le froid pour toutes les importations agrumes transitant vers l’UE. Cette mesure vise spécifiquement à prévenir l’introduction et la propagation de nuisibles tels que le faux carpocapse, un papillon dont la larve s’attaque aux fruits, et de maladies redoutables comme la tache noire des agrumes, causée par un champignon phytopathogène.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : jusqu’au 6 décembre, plus de 200 détections d’organismes nuisibles ont été enregistrées sur des envois d’agrumes. Une tendance particulièrement préoccupante puisque plus de la moitié de ces interceptions concernent des arrivages provenant d’Afrique du Sud et du Zimbabwe. Ces données soulignent la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement européennes face aux risques sanitaires transfrontaliers, rendant les mesures de prévention comme le traitement par le froid des importations agrumes d’autant plus cruciales.
Intercitrus a lancé un avertissement clair : si aucune mesure décisive n’est prise dans l’immédiat, la situation risque de devenir « irréversible » d’ici trois ans. Cette perspective inquiète, car elle pourrait entraîner une accélération de l’abandon des exploitations agricoles espagnoles, incapables de rivaliser face à des produits potentiellement moins chers mais porteurs de risques sanitaires et environnementaux. La compétitivité des producteurs locaux est directement menacée par la qualité et la sécurité sanitaire des importations agrumes.
En réponse à ces préoccupations, les députés européens espagnols se sont engagés à redoubler d’efforts pour que cette question soit traitée avec la plus grande priorité à Bruxelles. Ils ont également promis de chercher activement des alliances politiques parmi les autres États membres de l’UE qui sont également touchés par ces problématiques liées aux parasites et aux maladies des agrumes. D’autres rencontres sont déjà programmées pour l’année prochaine afin de maintenir la pression et de faire avancer le dossier des importations agrumes.
Les défis agronomiques et économiques de la production d’agrumes
Au-delà des enjeux phytosanitaires liés aux importations agrumes, les producteurs européens font face à une série de défis agronomiques et économiques qui fragilisent leur activité. La production d’agrumes, comme de nombreuses cultures, est de plus en plus soumise aux aléas climatiques. Le stress hydrique, exacerbé par des périodes de sécheresse plus fréquentes et intenses, impose une gestion rigoureuse de l’eau, une ressource de plus en plus précieuse et coûteuse. L’irrigation, essentielle pour garantir la qualité et la quantité des récoltes, représente un poste de dépense conséquent pour les agriculteurs.
Parallèlement, les coûts des intrants ont explosé ces dernières années. Les engrais, les produits phytosanitaires nécessaires pour protéger les cultures des maladies et des ravageurs, les carburants pour les machines agricoles, et même la main-d’œuvre, ont vu leurs prix grimper de manière significative. Cette inflation des coûts de production met sous pression la rentabilité des exploitations, rendant la concurrence avec des importations agrumes provenant de pays où les normes sociales et environnementales sont parfois moins contraignantes, encore plus inéquitable. Les producteurs locaux doivent investir massivement pour respecter des normes de plus en plus strictes, tout en voyant leurs marges se réduire.
Le dilemme du coût de revient versus prix de vente
La dynamique entre le coût de revient et le prix de vente est au cœur des difficultés rencontrées par les producteurs d’agrumes. Le coût de revient englobe l’ensemble des dépenses nécessaires à la production : achat des plants, fertilisation, irrigation, protection phytosanitaire, main-d’œuvre pour la taille, la récolte et le conditionnement, ainsi que les charges fixes comme l’amortissement du matériel et la location des terres. Pour les importations agrumes, ces coûts peuvent être significativement inférieurs en raison de main-d’œuvre moins onéreuse, de réglementations moins strictes ou de subventions publiques plus importantes.
Le prix de vente, quant à lui, est déterminé par l’offre et la demande sur le marché. Lorsque le marché est inondé par des importations agrumes à bas prix, les producteurs locaux se retrouvent dans une situation intenable. Ils ne peuvent pas baisser leurs prix en dessous de leur coût de revient sans perdre de l’argent. Dans ce contexte, Intercitrus et les syndicats agricoles appellent à une révision des accords commerciaux internationaux afin d’assurer une concurrence plus loyale et de valoriser la qualité et la durabilité des productions européennes. Il est essentiel que les consommateurs soient conscients des enjeux derrière le prix affiché en magasin. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, la Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, publie régulièrement des rapports sur les dynamiques des marchés agricoles mondiaux qui mettent en lumière ces déséquilibres.
Les alternatives pour les producteurs
Face à ces pressions, les producteurs explorent diverses pistes pour assurer la pérennité de leurs exploitations. Le recours à des pratiques agricoles plus durables, comme l’agroécologie ou l’agriculture biologique, peut permettre de réduire la dépendance aux intrants chimiques coûteux et de valoriser des produits de haute qualité, souvent mieux rémunérés. L’innovation technologique, avec l’adoption de systèmes d’irrigation plus économes, de techniques de biocontrôle pour lutter contre les parasites, ou encore l’utilisation de drones pour le suivi des cultures, est également une voie prometteuse.
La diversification des cultures peut offrir une sécurité supplémentaire, en réduisant le risque lié à la monoculture d’agrumes. La recherche de nouveaux marchés, notamment à l’exportation vers des pays où la demande est forte et les prix plus rémunérateurs, est une autre stratégie. Enfin, le renforcement des coopératives et des organisations de producteurs, comme Intercitrus, permet de mutualiser les moyens, de négocier de meilleurs prix d’achat et de vente, et de porter collectivement les revendications auprès des pouvoirs publics. Pour des informations sur les pratiques agricoles en Tunisie, par exemple, le Ministère de l’Agriculture tunisien propose des données pertinentes.
FAQ sur la crise actuelle
Pourquoi le prix des agrumes peut-il varier autant ?
Les prix des agrumes sont influencés par de nombreux facteurs : la loi de l’offre et de la demande, la qualité de la récolte (souvent affectée par la météo), les coûts de production (intrants, main-d’œuvre), les coûts de transport, les taxes et droits de douane, ainsi que les politiques commerciales internationales. Les importations agrumes à bas coût peuvent également exercer une pression à la baisse sur les prix.
Quel est l’impact des parasites sur les importations d’agrumes ?
Les parasites et les maladies peuvent entraîner des pertes importantes de récoltes, une baisse de la qualité des fruits et, dans les cas les plus graves, rendre les produits impropres à la consommation. La propagation de ces agents pathogènes via les importations agrumes non traitées représente un risque majeur pour les productions locales et la biodiversité. C’est pourquoi les contrôles phytosanitaires et les traitements comme le froid sont cruciaux.
Que signifie “traitement par le froid” pour les importations d’agrumes ?
Le traitement par le froid consiste à soumettre les fruits à des températures basses pendant une durée déterminée afin d’éliminer ou d’empêcher le développement de certains insectes et parasites, comme le faux carpocapse. Cette méthode est considérée comme une solution efficace et respectueuse de l’environnement pour garantir la sécurité phytosanitaire des importations agrumes.
Comment les consommateurs peuvent-ils soutenir les producteurs locaux ?
Les consommateurs peuvent soutenir les producteurs locaux en privilégiant l’achat de fruits et légumes de saison provenant de leur région, en se renseignant sur l’origine des produits, et en soutenant les initiatives de vente directe ou les marchés de producteurs. Informer vous sur les actualités du secteur agricole sur HortiTecNews peut également vous aider à mieux comprendre les enjeux.




