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tomates sans terre : une révolution en marche face aux défis climatiques et aux pressions du marché.
Le monde agricole est en constante évolution, confronté à des défis sans précédent. La raréfaction des ressources hydriques, la dégradation des sols et la nécessité d’assurer la sécurité alimentaire pour une population croissante poussent à l’innovation. Dans ce contexte, les techniques de production agricole qui s’affranchissent de la terre et optimisent l’usage de l’eau, comme celle développée par Mebiol, émergent comme des solutions prometteuses. Ces tomates sans terre ne sont pas seulement un exemple de résilience technologique, mais aussi une réponse concrète aux aléas du climat.
L’innovation japonaise au service des tomates sans terre et de la durabilité
L’histoire derrière cette technologie est fascinante. Suite aux catastrophes de 2011 au Japon, le professeur Yuchi Mori a trouvé une application inattendue à ses recherches sur les membranes et les hydrogels : soutenir l’agriculture. En développant un système qui utilise une forme d’hydrogel pour cultiver des plantes, il a non seulement permis de relancer des exploitations agricoles contaminées, mais aussi d’optimiser considérablement la consommation d’eau. Cette méthode révolutionnaire permet aujourd’hui à plus de 160 fermes japonaises de produire une variété de cultures à haute valeur ajoutée, dont les tomates sans terre, avec des rendements exceptionnels. L’hydrogel remplace le sol, créant un environnement contrôlé qui minimise le gaspillage d’eau, un atout majeur dans un monde où l’eau douce devient une ressource de plus en plus précieuse.
L’initiative de Mebifarm à Al Ain, aux Émirats Arabes Unis, illustre parfaitement l’application globale de cette technologie. En devenant la première ferme des EAU à cultiver des tomates-cerises « Tomatolicious » sans terre, Mebifarm démontre la viabilité de cette approche dans des environnements arides et exigeants. Le succès de ces tomates sans terre dans le désert est un témoignage de l’efficacité d’un système capable de surmonter les contraintes naturelles les plus sévères.
Les défis agroniques et économiques des tomates sans terre
Cultiver des tomates sans terre, bien que prometteur, présente ses propres défis agroniques et économiques. L’un des principaux enjeux est la gestion des intrants. Si la consommation d’eau est réduite, il est crucial de garantir un apport optimal de nutriments essentiels à la croissance des plantes via la solution nutritive. Cela demande une expertise pointue en hydroponie et une surveillance constante pour éviter les carences ou les excès qui pourraient affecter la qualité et le rendement des tomates sans terre. De plus, les coûts initiaux d’installation des infrastructures nécessaires à la culture hors-sol peuvent être considérables, représentant un investissement conséquent pour les producteurs.
La dynamique entre le prix de revient et le prix de vente est un autre aspect économique déterminant. Pour les tomates sans terre issues de systèmes avancés comme celui de Mebiol, le prix de revient peut être plus élevé en raison des technologies employées, de l’énergie nécessaire au contrôle de l’environnement et des coûts de la main-d’œuvre spécialisée. Cependant, la qualité supérieure, l’absence de pesticides, la constance de la production tout au long de l’année et la capacité à produire dans des zones où la culture traditionnelle est impossible permettent souvent de justifier un prix de vente plus élevé sur le marché. Les consommateurs sont de plus en plus enclins à payer pour des produits sains, durables et d’une qualité irréprochable. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) souligne d’ailleurs l’importance de l’innovation pour relever les défis de la sécurité alimentaire mondiale.
La pression du marché mondial sur la production de tomates
Le marché mondial de la tomate est soumis à d’intenses pressions. La demande croissante des consommateurs, couplée aux variations climatiques qui perturbent les cultures traditionnelles, crée un déséquilibre entre l’offre et la demande. Les intempéries, les maladies des plantes et la volatilité des prix des intrants traditionnels rendent la production de tomates conventionnelles de plus en plus précaire. Dans ce contexte, les méthodes de production de tomates sans terre offrent une stabilité et une prévisibilité qui rassurent les distributeurs et les consommateurs. La possibilité de produire localement, même dans des régions défavorisées en termes de ressources naturelles, réduit la dépendance aux importations et stabilise les chaînes d’approvisionnement.
Des initiatives comme celles développées par HortiTecNews visent à informer sur ces avancées et à encourager leur adoption. Dans des pays comme la Tunisie, où le secteur agricole est vital, l’exploration de nouvelles technologies pour la production de tomates sans terre, en partenariat avec des acteurs internationaux, pourrait offrir des perspectives économiques intéressantes et renforcer la résilience du pays face aux chocs climatiques. Le Ministère de l’Agriculture tunisien est particulièrement attentif aux innovations qui peuvent améliorer la productivité et la durabilité du secteur.
Les alternatives pour les producteurs
Face aux défis croissants de l’agriculture conventionnelle, les producteurs de tomates ont plusieurs options. Pour ceux qui souhaitent rester dans la culture traditionnelle, l’accent doit être mis sur l’optimisation des ressources existantes. Cela peut passer par l’adoption de techniques d’irrigation plus efficaces, comme le goutte-à-goutte, l’amélioration de la qualité des sols par des amendements organiques, et la mise en place de stratégies de lutte intégrée contre les ravageurs et les maladies pour réduire l’utilisation de pesticides. La diversification des cultures peut également aider à répartir les risques.
Pour les producteurs qui envisagent une transition vers la culture hors-sol, plusieurs systèmes s’offrent à eux, allant de la culture hydroponique sur substrat inerte (laine de roche, coco) à des systèmes plus avancés comme celui utilisant des hydrogels. Ces alternatives, bien qu’elles impliquent des investissements et une courbe d’apprentissage, offrent des avantages considérables en termes de rendement, de qualité et de consommation d’eau. La recherche de financements et l’accompagnement technique sont essentiels pour réussir cette transition.
FAQ sur la crise actuelle
Pourquoi le prix de la tomate augmente-t-il ?
L’augmentation du prix de la tomate s’explique par une conjonction de facteurs : les conditions météorologiques extrêmes qui réduisent les rendements, la hausse des coûts des intrants (énergie, engrais, transport), la dégradation des sols qui limite la production dans certaines régions, et une demande mondiale soutenue. Les méthodes de production innovantes, comme les tomates sans terre, peuvent contribuer à stabiliser les prix à long terme en assurant une production plus prévisible et moins dépendante des aléas climatiques.
Quels sont les avantages des tomates sans terre ?
Les tomates sans terre offrent plusieurs avantages significatifs : une réduction drastique de la consommation d’eau, l’élimination du besoin d’utiliser des pesticides grâce à un environnement contrôlé, des rendements plus élevés et plus constants, la possibilité de cultiver dans des zones où la terre est impropre ou inexistante, et une qualité gustative et nutritionnelle souvent améliorée. Ces atouts en font une solution pertinente pour l’avenir de l’agriculture.
La culture sans terre est-elle coûteuse ?
La culture sans terre peut impliquer un investissement initial plus élevé pour la mise en place des infrastructures (serres, systèmes d’irrigation, supports de culture). Cependant, sur le long terme, les économies réalisées sur la consommation d’eau, les intrants (engrais, pesticides) et la réduction des pertes dues aux aléas climatiques peuvent rendre cette méthode économiquement viable, voire plus rentable que la culture traditionnelle, notamment pour les produits à forte valeur ajoutée comme les tomates sans terre de qualité supérieure.




