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mineuse tomate : un fléau qui met à mal les exportations marocaines et le marché russe. Moins de 5 ans après avoir conquis le marché russe, la tomate marocaine se retrouve confrontée à un obstacle majeur : la prolifération de la mineuse de la tomate (Tuta absoluta). Cet insecte ravageur, dont les larves creusent des galeries dans les feuilles et les fruits, a conduit au blocage de près d’une centaine de tonnes de tomates au port de Saint-Pétersbourg. Si les professionnels n’ont reçu aucune notification officielle des autorités ou du marché, la récurrence de tels incidents pour diverses origines souligne la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement face aux bioagresseurs. Malgré ce revers, le Maroc, qui exporte plus de 100 000 tonnes de tomates vers la Russie, peut se rassurer : le volume concerné par ce blocage reste, heureusement, une fraction minime de ses échanges totaux. Cependant, la question de la gestion de la mineuse tomate et de son impact sur les exportations reste primordiale.
L’impact dévastateur de la mineuse tomate sur les cultures
La mineuse tomate, dont le nom scientifique est Tuta absoluta, est un lépidoptère originaire d’Amérique du Sud qui a conquis le monde en quelques décennies. Son cycle de vie rapide et sa capacité d’adaptation en font un ennemi redoutable pour les cultures de tomates. Les dégâts qu’elle provoque sont doubles : les larves creusent des galeries minables dans les feuilles, réduisant la photosynthèse, et surtout, elles attaquent les fruits, les rendant impropres à la consommation et à la commercialisation. Cette infestation peut entraîner des pertes de rendement massives, pouvant aller jusqu’à 100% dans les cas les plus graves. La propagation de la mineuse tomate est facilitée par les échanges commerciaux, les emballages contaminés et même les vêtements des travailleurs agricoles. Les conditions climatiques favorables, comme les températures douces et l’humidité contrôlée dans les serres, peuvent également accélérer sa reproduction et sa dissémination.
Au-delà des dégâts directs sur la plante, la présence de la mineuse tomate engendre des coûts supplémentaires considérables pour les producteurs. Les traitements phytosanitaires pour lutter contre ce ravageur sont souvent coûteux et doivent être appliqués de manière répétée. De plus, la nécessité de respecter des délais avant récolte pour les produits chimiques impose une planification rigoureuse. La pression des marchés internationaux, qui exigent des fruits exempts de tout défaut et de toute trace de pesticides, accentue encore la difficulté. Les exportateurs sont donc confrontés à un dilemme : investir massivement dans la lutte contre la mineuse tomate, avec le risque d’augmenter leurs coûts de production, ou risquer le refus pur et simple de leurs cargaisons, comme ce fut le cas récemment à Saint-Pétersbourg. Cette situation globale met en lumière la fragilité des systèmes agricoles face aux bioagresseurs émergents et la nécessité d’une approche intégrée pour leur gestion.
Les défis agronomiques et économiques liés à la mineuse tomate
La lutte contre la mineuse tomate ne se limite pas à l’application de pesticides. Les producteurs sont également confrontés à des défis agronomiques plus larges qui peuvent exacerber la vulnérabilité de leurs cultures. Le stress hydrique, par exemple, affaiblit les plantes et les rend plus sensibles aux attaques de ravageurs. De même, l’augmentation des coûts des intrants, qu’il s’agisse d’engrais, de substrats ou d’énergie pour le chauffage des serres, pèse lourdement sur la rentabilité. Dans ce contexte, l’investissement dans des méthodes de lutte plus durables et respectueuses de l’environnement devient une nécessité, bien que souvent complexe à mettre en œuvre. La recherche de variétés de tomates plus résistantes à la mineuse tomate, ainsi que le développement de solutions de biocontrôle, comme l’utilisation d’insectes auxiliaires ou de phéromones, sont des pistes prometteuses. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) joue un rôle crucial dans la diffusion de ces bonnes pratiques et dans le soutien aux pays en développement pour faire face à ces défis phytosanitaires.
La dynamique entre le “coût prix” et le “prix de vente” est également au cœur de la problématique de la mineuse tomate. Les coûts de production, déjà élevés en raison des intrants et de la main-d’œuvre, sont encore alourdis par les dépenses liées à la lutte contre ce ravageur. Parallèlement, les prix de vente sur les marchés d’exportation sont soumis à une forte concurrence et à des exigences de qualité strictes. Si le coût de production augmente significativement à cause de la mineuse tomate, les producteurs peuvent se retrouver dans l’impossibilité de proposer leurs produits à un prix compétitif, entraînant une baisse de leurs marges, voire des pertes. Ce déséquilibre peut avoir des conséquences désastreuses sur la pérennité des exploitations agricoles et sur la capacité d’un pays à maintenir ses exportations sur des marchés clés. Le cas des blocages à Saint-Pétersbourg illustre parfaitement comment une infestation par la mineuse tomate peut se traduire par des pertes financières directes et une remise en question de la stratégie d’exportation.
Les alternatives pour les producteurs
Face à la menace constante de la mineuse tomate, les producteurs ne sont pas sans recours. L’adoption d’une approche intégrée de la lutte est primordiale. Cela inclut la surveillance régulière des cultures pour détecter précocement les premiers signes d’infestation. La mise en place de filets anti-insectes sur les entrées des serres est une première barrière physique efficace. L’utilisation de pièges à phéromones permet de capturer les mâles et de perturber la reproduction. En cas d’infestation avérée, des solutions de biocontrôle, telles que l’introduction d’auxiliaires naturels comme les nématodes ou certains hyménoptères parasitoïdes, peuvent être envisagées. Ces méthodes, bien que parfois plus lentes, sont plus respectueuses de l’environnement et évitent le développement de résistances chez le ravageur. Dans des cas extrêmes, l’utilisation de produits phytosanitaires homologués et respectant les seuils autorisés reste une option, mais elle doit être envisagée comme une mesure de dernier recours, en rotation avec d’autres méthodes pour éviter l’accoutumance. Le développement de variétés de tomates naturellement plus résistantes à la mineuse tomate est également une voie de recherche essentielle pour l’avenir de la filière.
FAQ sur la crise actuelle
Pourquoi la mineuse tomate impacte-t-elle autant les exportations ?
La mineuse tomate (Tuta absoluta) est un ravageur très vorace qui cause des dégâts considérables sur les fruits et les feuilles de la tomate. Les marchés d’exportation, notamment européens, ont des normes sanitaires très strictes qui interdisent la commercialisation de produits infestés. Les contrôles douaniers, comme ceux qui ont mené au blocage de cargaisons au port de Saint-Pétersbourg, visent à protéger les consommateurs et les productions locales contre l’introduction et la dissémination de ce ravageur. Le blocage de près d’une centaine de tonnes illustre la sévérité de ces contrôles.
Comment les producteurs peuvent-ils éviter les blocages dus à la mineuse tomate ?
La clé réside dans une stratégie de lutte intégrée et préventive. Cela implique : la mise en place de conditions de culture qui limitent la prolifération du ravageur (gestion de la température et de l’humidité), l’utilisation de filets de protection, la pose de pièges à phéromones pour surveiller et réduire les populations, et, si nécessaire, l’emploi de solutions de biocontrôle ou de traitements phytosanitaires ciblés et homologués. Une traçabilité rigoureuse des traitements et des origines est également essentielle. Les producteurs tunisiens, par exemple, peuvent trouver des informations utiles auprès du Ministère de l’Agriculture de leur pays.
Le prix de la tomate augmente-t-il à cause de la mineuse tomate ?
Oui, la lutte contre la mineuse tomate entraîne une augmentation significative des coûts de production. Les traitements phytosanitaires, les solutions de biocontrôle, la main-d’œuvre supplémentaire pour le suivi et le conditionnement peuvent renchérir le coût de revient des tomates. Cette augmentation des coûts se répercute mécaniquement sur le prix de vente final, surtout sur les marchés où la demande reste forte et où les contraintes sanitaires sont importantes. La réduction des volumes exportables en raison des refus peut également créer des déséquilibres entre l’offre et la demande, favorisant une hausse des prix.
Quelles sont les alternatives aux traitements chimiques contre la mineuse tomate ?
Les alternatives incluent le biocontrôle (introduction d’ennemis naturels de la mineuse tomate), l’utilisation de pièges à phéromones pour perturber le cycle de reproduction, les filets anti-insectes, et le recours à des variétés de tomates plus résistantes si elles existent. La gestion rigoureuse des déchets de culture et le nettoyage des serres sont également des mesures préventives importantes. Pour plus d’informations sur les pratiques durables, HortiTecNews est une excellente ressource.




