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La production d’engrais joue un rôle absolument crucial dans la sécurité alimentaire mondiale, un enjeu auquel le Maroc apporte une contribution significative et stratégique en Afrique. Cette coopération, formalisée par des accords bilatéraux, s’articule particulièrement autour du renforcement des capacités agricoles des nations partenaires, notamment par le biais de l’expertise marocaine dans le domaine des fertilisants.
Le Maroc, un acteur majeur dans la production d’engrais en Afrique
La sécurité alimentaire a été une caractéristique saillante de la coopération marocaine en Afrique. Les accords signés par le Royaume et plusieurs pays africains notamment dans les domaines de l’agriculture et de la production d’engrais en témoignent. Cette initiative visant à renforcer la sécurité alimentaire sur le continent a été matérialisée notamment par la société de phosphates publique marocaine (OCP), qui a conclu des accords pour construire des usines de production d’engrais à grande échelle dans deux des pays les plus peuplés d’Afrique : le Nigéria et l’Éthiopie. Récemment, à Rabat, des accords supplémentaires ont été signés par le Maroc et le Nigéria lors d’une cérémonie suivie par le Roi Mohammed VI et le ministre des Affaires étrangères du Nigeria, Geoffrey Onyeama. En vertu des accords, le Maroc offrira du savoir-faire et de l’expertise dans le domaine de la production d’engrais, le stockage et le transport pour aider le Nigéria à atteindre ses objectifs de sécurité alimentaire. Reconnaissant la nécessité urgente d’améliorer la production agricole sur le continent, le Roi Mohammed VI a souligné que l’agriculture, la formation, l’énergie et la sécurité sont autant de domaines de coopération prioritaires que plusieurs pays africains souhaitent développer.
« … Dans le cadre de projets visant à améliorer la productivité agricole et à promouvoir la sécurité alimentaire et le développement rural, des usines de production d’engrais ont été mises en place en Éthiopie et Nigéria. L’ensemble du continent bénéficiera de ces projets », a déclaré le Roi Mohammed VI dans son allocution aux chefs d’État africains présents au Sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba en janvier dernier.
Le contexte mondial actuel exerce une pression sans précédent sur la production d’engrais. Les tensions géopolitiques, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et l’augmentation des coûts de l’énergie, qui est un intrant majeur dans la fabrication des engrais azotés, ont conduit à une volatilité des prix sans précédent. Les agriculteurs du monde entier sont confrontés à des défis considérables pour accéder à ces intrants essentiels, menaçant directement leur capacité à maintenir les rendements agricoles et, par conséquent, la disponibilité des denrées alimentaires. Cette situation exacerbe les risques d’insécurité alimentaire, particulièrement dans les régions les plus vulnérables du globe. L’initiative marocaine, par la mise en place de capacités de production d’engrais locales, vise à pallier ces fragilités et à renforcer la résilience des systèmes agricoles africains.
Les défis agronomiques et les enjeux économiques de la production d’engrais
Au-delà des aspects industriels et diplomatiques, la production d’engrais est intrinsèquement liée à des défis agronomiques complexes. L’amélioration de la productivité agricole ne se limite pas à la simple disponibilité des fertilisants ; elle implique également une gestion optimisée des ressources hydriques, une adaptation aux contraintes climatiques telles que le stress hydrique croissant, et une maîtrise des coûts des intrants. Ces facteurs, combinés, déterminent la rentabilité pour les agriculteurs et, in fine, la viabilité de leurs exploitations. L’expertise transmise par le Maroc ne se cantonne donc pas à la fabrication, mais englobe également des pratiques agricoles durables et efficaces.
La dynamique entre le “coût de production” et le “prix de vente” des engrais est particulièrement critique. Le coût de production englobe une multitude de facteurs, incluant le prix des matières premières (gaz naturel, phosphate, potasse), les coûts énergétiques, les coûts de main-d’œuvre, les investissements en capital pour les usines, et les frais de recherche et développement. Le prix de vente, quant à lui, est influencé par l’offre et la demande sur le marché mondial, les politiques commerciales (droits de douane, subventions), la spéculation financière, et la perception de la valeur ajoutée pour l’agriculteur. Une hausse significative du coût de production, telle que celle observée récemment, met une pression énorme sur le prix de vente. Si les prix de vente ne suivent pas l’augmentation des coûts, les marges des producteurs se réduisent, pouvant entraîner des difficultés financières et une diminution des investissements dans de nouvelles capacités de production. Inversement, lorsque les prix de vente grimpent de manière disproportionnée par rapport aux coûts, cela devient un fardeau économique majeur pour les agriculteurs, les incitant à réduire leur consommation d’engrais, ce qui a des répercussions négatives sur les rendements et la sécurité alimentaire. Le partenariat marocain vise à créer des écosystèmes où la production d’engrais est plus stable et accessible, contribuant à une meilleure prévisibilité des coûts pour les agriculteurs africains et réduisant leur dépendance vis-à-vis des marchés internationaux volatils. C’est une démarche essentielle pour la souveraineté alimentaire du continent.
Les alternatives et l’avenir de la production d’engrais
Face aux défis actuels, diverses stratégies sont explorées pour diversifier les sources d’approvisionnement et promouvoir une agriculture plus résiliente. L’utilisation accrue d’engrais organiques, le compostage, la rotation des cultures, et l’intégration de légumineuses pour fixer l’azote atmosphérique sont autant de pratiques qui peuvent réduire la dépendance aux engrais minéraux. L’innovation dans la science des sols, la recherche sur les biostimulants et les engrais à libération lente sont également des pistes prometteuses pour optimiser l’efficacité des nutriments et minimiser leur impact environnemental. De plus, le développement de capacités de production locales, comme le font le Maroc au Nigéria et en Éthiopie, est une stratégie clé pour décentraliser la production et réduire les vulnérabilités liées au transport et à la disponibilité mondiale. Pour en savoir plus sur les enjeux agricoles mondiaux, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture offre des ressources précieuses.
Le Maroc, à travers sa stratégie d’exportation de savoir-faire et de partenariat industriel dans la production d’engrais, s’affirme comme un acteur clé pour relever ces défis. Cette approche collaborative renforce les économies locales, stimule l’innovation et contribue durablement à la sécurité alimentaire en Afrique. L’engagement envers le partage d’expertise technique et l’établissement d’unités de production sur le continent est une réponse concrète aux besoins croissants et aux défis complexes de l’agriculture moderne. En favorisant une production d’engrais locale, le Maroc aide les pays africains à devenir plus autonomes et résilients face aux fluctuations du marché mondial.
Pour des perspectives locales et des innovations dans le secteur, des plateformes comme HortiTecNews fournissent des informations précieuses. Les politiques agricoles des nations africaines, comme celles du Ministère de l’Agriculture en Tunisie, jouent également un rôle fondamental dans la mise en œuvre de ces stratégies. Il est essentiel de suivre les développements et les initiatives visant à stabiliser les marchés des intrants agricoles.
Questions Fréquentes sur la production d’engrais
- Pourquoi le prix de la production d’engrais augmente-t-il ?
L’augmentation des prix est principalement due à la hausse des coûts des matières premières (gaz naturel pour les engrais azotés, phosphate, potasse), à la flambée des prix de l’énergie, aux perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales et aux tensions géopolitiques. - Quel est l’impact de la hausse des prix des engrais sur les agriculteurs ?
Les agriculteurs font face à une réduction de leurs marges bénéficiaires. Pour maintenir leur rentabilité, certains peuvent être amenés à réduire les quantités d’engrais utilisées, ce qui peut entraîner une baisse des rendements agricoles et, par conséquent, affecter la sécurité alimentaire. - Comment le Maroc contribue-t-il à la production d’engrais en Afrique ?
Le Maroc, via l’OCP, partage son expertise et son savoir-faire en matière de production d’engrais et investit dans la construction d’usines de production dans des pays africains comme le Nigéria et l’Éthiopie, afin de renforcer leur autonomie et leur sécurité alimentaire. - Existe-t-il des alternatives à l’utilisation d’engrais chimiques ?
Oui, il existe plusieurs alternatives, notamment l’utilisation d’engrais organiques, le compostage, la rotation des cultures, l’agroforesterie et le recours à des pratiques agricoles durables qui améliorent la fertilité naturelle des sols. L’innovation dans les biostimulants et les engrais à libération lente est également une piste importante.




