
WOP Dubaï : Le Maroc occupe le plus grand pavillon du salon
16 November 2016
البنك الإسلامي للتنمية يمول مشروعًا زراعيًا في المغرب بـ79 مليون دولار
17 November 2016
agriculture biologique changement climatique : une alliance prometteuse pour l’avenir. Les discussions ont été vives et éclairantes lors de la COP22, au cœur de la Zone verte, dans l’espace Savoir et Traditions. La Fédération Interprofessionnelle Marocaine de la Filière Biologique (FIMABIO) a brillamment orchestré des débats axés sur le rôle crucial que l’agriculture biologique peut jouer dans la lutte contre le réchauffement planétaire et la préservation de la biodiversité.
André Leu, président de la Fédération internationale des mouvements d’agriculture biologique (IFOAM), a posé un constat sans appel : le potentiel de l’agriculture biologique est immense pour soutenir l’élan mondial visant à combattre le changement climatique avant d’atteindre un point de non-retour irréversible. Il a avancé un argument scientifique percutant : « l’agriculture bio peut aider à inverser le changement climatique car elle peut ôter le CO2 de l’atmosphère et le stocker en tant que matières organiques du sol ». Selon ses estimations, un système biologique ordinaire serait capable de séquestrer près de 3,5 tonnes de CO2 par hectare et par an. Cette capacité de stockage du carbone, loin d’être anecdotique, positionne l’agriculture biologique comme un acteur clé dans la séquestration du CO2, contribuant ainsi à la décarbonation de notre planète.
Le rôle fondamental de l’agriculture biologique dans la lutte contre le changement climatique
L’agriculture conventionnelle, avec son recours intensif aux engrais synthétiques et aux pesticides, est souvent identifiée comme une source significative d’émissions de gaz à effet de serre. En contraste, l’agriculture biologique privilégie des pratiques qui améliorent la santé des sols. L’enrichissement de la matière organique du sol grâce à des techniques comme le compostage, la rotation des cultures et l’utilisation d’engrais verts, ne se contente pas de fertiliser les terres ; elle augmente leur capacité à retenir le carbone atmosphérique. Ce carbone séquestré sous forme de matière organique dans le sol représente une solution naturelle et durable pour réduire la concentration de CO2, le principal responsable du réchauffement climatique. De plus, l’absence de produits chimiques de synthèse dans l’agriculture biologique favorise une meilleure biodiversité, tant au niveau du sol qu’au-dessus. Cette biodiversité accrue renforce la résilience des écosystèmes agricoles face aux perturbations climatiques.
La pression sur les marchés mondiaux est de plus en plus forte pour trouver des solutions viables face au changement climatique. Les consommateurs, de plus en plus conscients des enjeux environnementaux, se tournent vers des produits dont la production respecte l’environnement. L’agriculture biologique, par ses principes intrinsèques, répond à cette demande croissante. Elle offre une alternative concrète pour une production alimentaire plus durable et moins impactante. La reconnaissance internationale des bénéfices de l’agriculture biologique dans la lutte contre le changement climatique se reflète dans des initiatives comme celles promues par la FIMABIO, qui appelle le gouvernement marocain à intégrer cette approche dans ses plans de résilience climatique. Le “Manifeste pour un Maroc bio et pour le soutien du bio en Afrique” souligne l’importance stratégique de l’agriculture biologique pour l’avenir du continent africain, urging its inclusion in the COP22 agenda.
Défis agronomiques et économiques de l’agriculture biologique face au changement climatique
Cependant, il serait naïf d’ignorer les défis auxquels l’agriculture biologique est confrontée, défis qui sont exacerbés par le changement climatique. Les producteurs biologiques doivent composer avec des contraintes spécifiques. Le stress hydrique, de plus en plus fréquent et intense avec le réchauffement climatique, représente une préoccupation majeure. L’irrigation, lorsqu’elle est nécessaire, doit être gérée avec une efficacité maximale, et les pratiques visant à améliorer la rétention d’eau dans les sols, telles que l’ajout de matière organique, deviennent encore plus vitales. Les coûts des intrants biologiques, bien que plus respectueux de l’environnement, peuvent parfois être plus élevés que ceux des intrants conventionnels. La recherche et le développement de solutions agroécologiques innovantes sont donc essentiels pour améliorer l’efficience des productions biologiques et réduire leur dépendance à des intrants coûteux.
Le contraste entre le “coût de production” et le “prix de vente” est une dynamique fondamentale à comprendre dans le contexte de l’agriculture biologique. Le coût de production peut être influencé par divers facteurs, notamment la main-d’œuvre plus importante nécessaire pour certaines tâches, le coût des semences biologiques certifiées, et parfois des rendements initiaux plus faibles lors de la transition d’une exploitation conventionnelle vers le bio. Les investissements en matière de santé du sol et de biodiversité, bien que bénéfiques à long terme, peuvent représenter des coûts initiaux. Inversement, le prix de vente des produits biologiques est souvent supérieur. Cette différence s’explique par la demande accrue des consommateurs pour des produits sains et respectueux de l’environnement, mais aussi par le coût réel d’une production plus durable. La certification biologique engendre également des frais administratifs et d’audit. Comprendre cette disparité est essentiel pour soutenir les agriculteurs dans leur transition et garantir la viabilité économique de l’agriculture biologique, contribuant ainsi à l’effort global contre le changement climatique. De plus, le rôle des organisations comme l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) est crucial pour harmoniser les politiques et soutenir le développement des filières biologiques à l’échelle mondiale.
Pourquoi l’agriculture biologique est une stratégie essentielle pour le Maroc et l’Afrique
Le président de la FIMABIO a réitéré un appel pertinent au gouvernement marocain : intégrer l’agriculture biologique dans ses plans de résilience face au changement climatique. Le Maroc, pays particulièrement vulnérable aux effets du réchauffement climatique, a tout intérêt à miser sur des systèmes agricoles durables. Les pratiques biologiques, en renforçant la santé des sols, en préservant les ressources en eau et en favorisant la biodiversité, constituent des leviers puissants pour adapter l’agriculture marocaine aux défis climatiques. Le soutien à l’agriculture biologique en Afrique, tel que plaidé par la FIMABIO, est également une nécessité. Les systèmes agricoles africains, souvent confrontés à des défis d’insécurité alimentaire et de dégradation des terres, peuvent grandement bénéficier des principes agroécologiques de l’agriculture biologique. Pour des pays comme la Tunisie, des initiatives gouvernementales dans le secteur agricole sont tout aussi importantes. L’engagement du Ministère de l’Agriculture tunisien, par exemple, serait une pierre angulaire pour promouvoir des pratiques durables.
Questions Fréquentes sur l’agriculture biologique et le changement climatique
Pourquoi le prix des produits issus de l’agriculture biologique est-il souvent plus élevé ?
Le prix plus élevé des produits biologiques s’explique par plusieurs facteurs : des coûts de production parfois supérieurs dus à l’absence d’intrants chimiques de synthèse, des rendements potentiellement plus faibles lors des premières années de conversion, une main-d’œuvre plus importante pour certaines tâches manuelles, et les coûts liés à la certification biologique. De plus, la demande croissante des consommateurs pour des produits sains et écologiques soutient un prix de vente qui reflète mieux le coût réel d’une production durable.
Comment l’agriculture biologique contribue-t-elle concrètement à l’absorption du CO2 ?
L’agriculture biologique améliore la teneur en matière organique des sols. Cette matière organique, issue de composts, d’engrais verts et de résidus de cultures, stocke le carbone sous une forme stable. Ce carbone provient du CO2 atmosphérique absorbé par les plantes lors de la photosynthèse. Ainsi, l’agriculture biologique agit comme un puits de carbone, retirant activement le CO2 de l’atmosphère.
Quels sont les principaux défis pour les producteurs de fruits et légumes en agriculture biologique face au changement climatique ?
Les producteurs font face à plusieurs défis : l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des événements météorologiques extrêmes (sécheresses, inondations), la gestion accrue du stress hydrique, l’apparition de nouveaux ravageurs et maladies favorisés par le réchauffement, et la nécessité d’adapter les variétés aux nouvelles conditions climatiques. Des solutions comme l’agroforesterie, les systèmes d’irrigation économes en eau et la diversification des cultures sont essentielles.
Le rôle de plateformes d’information fiables comme HortiTecNews est inestimable pour diffuser les bonnes pratiques et les avancées dans le domaine de l’agriculture biologique et de son implication dans la lutte contre le changement climatique.




