
L’Europe et la Chine s’unissent contre la mouche blanche
8 August 2016
Le Maroc est le principal importateur d’insectes auxiliaires d’Almeria
8 August 2016
Olives : La production espagnole prévue en baisse en 2016, un indicateur clé pour le marché mondial.
L’organisation interprofessionnelle des olives de table, Interaceituna, a estimé que la production d’olives de table allait connaître une baisse en 2016 par rapport à l’année précédente. Cette prévision, bien que représentant une diminution, place néanmoins le volume de production au-dessus de la moyenne enregistrée sur les sept dernières saisons. Cette fluctuation, influencée par des facteurs climatiques et agronomiques spécifiques, a des répercussions importantes sur le marché global des olives, un produit phare du régime méditerranéen et un pilier économique pour de nombreuses nations.
Facteurs influençant la production d’olives en 2016
Pour établir ces projections, deux éléments cruciaux ont été méticuleusement analysés : les conditions météorologiques imprévisibles et le phénomène naturel d’alternance de productivité propre à l’olivier. Cet arbre fruitier est réputé pour ses cycles de production inégaux, offrant une année de récolte massive suivie d’une année de rendement plus faible, voire quasi nul. Les conditions climatiques de 2016 n’ont pas été particulièrement clémentes pour la culture oléicole. Malgré l’absence d’impact majeur sur l’ensemble de la production nationale, certaines régions ont été confrontées à des défis significatifs. L’Union des petits agriculteurs et des éleveurs (UPA-Andalousie) a mis en lumière un déficit hydrique accumulé dans la zone orientale de l’Andalousie, couplé à des périodes de sécheresse et des vents secs intenses durant la seconde moitié du mois de juillet. Ces conditions extrêmes ont exercé une pression considérable sur les arbres d’oliviers, entraînant un dessèchement prématuré des fruits et, par conséquent, une réduction substantielle du rendement.
Concernant l’alternance de productivité, les prévisions divergent selon les régions. On s’attend à une bonne récolte dans des zones comme Utrera et Aljarafe, où les oliviers devraient retrouver leur plein potentiel après une année 2015 de production modeste. À l’inverse, les régions d’Arahal et Morón prévoient une diminution de leur production, conséquence directe du volume exceptionnellement élevé de la récolte enregistrée en 2015. Cette dynamique d’alternance est un défi constant pour les producteurs d’olives, nécessitant une gestion rigoureuse des vergers et une planification stratégique sur le long terme.
Le marché mondial des olives sous pression
La baisse de production anticipée en Espagne, l’un des plus grands producteurs mondiaux d’olives, ne manquera pas d’avoir des répercussions sur le marché international. Le marché des olives est de plus en plus globalisé, avec une demande croissante pour l’huile d’olive et les olives de table. Cette demande est stimulée par une prise de conscience accrue des bienfaits pour la santé associés à ce produit, ainsi que par son rôle central dans la gastronomie méditerranéenne, dont la popularité ne cesse de croître à travers le monde. Les fluctuations de l’offre, qu’elles proviennent d’Espagne, d’Italie, de Grèce ou d’autres pays producteurs, peuvent ainsi engendrer des tensions sur les prix et modifier les flux commerciaux. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) suit de près ces évolutions pour garantir la sécurité alimentaire mondiale.
Défis agronomiques et coûts de production
Au-delà des aléas climatiques conjoncturels, les producteurs d’olives font face à des défis agronomiques structurels. La gestion de l’eau, particulièrement critique dans les régions arides et semi-arides d’Espagne, requiert des investissements importants dans des systèmes d’irrigation efficaces. Le stress hydrique, comme celui observé dans l’est de l’Andalousie, non seulement réduit le rendement immédiat mais peut aussi affaiblir les arbres sur le long terme. Parallèlement, l’augmentation des coûts des intrants agricoles, qu’il s’agisse d’engrais, de pesticides ou de carburant pour les machines, exerce une pression supplémentaire sur la rentabilité des exploitations. L’alternance des récoltes rend la planification économique encore plus complexe, car les revenus d’une année doivent souvent compenser les faibles rendements de l’année suivante. Il est donc essentiel pour les producteurs de diversifier leurs exploitations ou d’adopter des pratiques culturales innovantes pour assurer leur viabilité économique. L’investissement dans des variétés d’olives plus résistantes à la sécheresse et aux maladies est également une piste à explorer.
La dynamique du prix de revient face au prix de vente
La relation entre le prix de revient et le prix de vente est au cœur des préoccupations des oléiculteurs. Le prix de revient englobe l’ensemble des dépenses engagées pour produire les olives : main-d’œuvre, intrants, entretien des machines, amortissement du matériel, frais administratifs, sans oublier le coût de la terre elle-même. En période de faible production, le prix de revient unitaire (coût par kilogramme d’olives produites) a tendance à augmenter, car les charges fixes doivent être réparties sur un volume plus faible. Si, en parallèle, la demande reste forte ou augmente, les prix de vente peuvent s’ajuster à la hausse pour compenser cette augmentation des coûts et assurer une marge bénéficiaire raisonnable. Cependant, le marché des olives est également sensible à la concurrence internationale. Si d’autres régions productrices connaissent une bonne récolte, elles peuvent inonder le marché à des prix plus bas, limitant ainsi la capacité des producteurs espagnols à répercuter leurs coûts. Cette subtile équation entre l’offre, la demande, les coûts de production et la concurrence dicte la santé économique du secteur oléicole. L’accès à des marchés d’exportation stables et la capacité à valoriser la qualité des olives espagnoles sont donc des leviers essentiels pour les producteurs. Les efforts d’innovation, tant au niveau des techniques de culture que de la transformation, peuvent également contribuer à améliorer la compétitivité et à justifier des prix de vente plus élevés pour des produits à forte valeur ajoutée, comme les huiles d’olive vierges extra de qualité supérieure.
Les alternatives pour les producteurs d’olives
Face à ces défis, les producteurs d’olives explorent diverses stratégies pour diversifier leurs revenus et sécuriser leur activité. L’agrotourisme, qui consiste à proposer des séjours dans les exploitations oléicoles avec dégustations et visites de moulins, gagne en popularité. La transformation directe des olives en huile d’olive de qualité supérieure, avec une forte valorisation du terroir et des méthodes de production durables, permet de capter une plus grande partie de la chaîne de valeur. Le développement de nouvelles variétés d’olives, plus résistantes aux maladies et à la sécheresse, et adaptées aux changements climatiques, est également une voie prometteuse. L’innovation technologique, notamment l’utilisation de drones pour la surveillance des vergers ou de systèmes d’irrigation de précision, peut optimiser l’utilisation des ressources et réduire les coûts. Enfin, la structuration en coopératives permet aux petits producteurs de mutualiser leurs moyens, de négocier de meilleurs prix d’achat des intrants et de leurs récoltes, et de partager les risques. HortiTecNews suit de près ces innovations qui façonnent l’avenir de l’oléiculture.
FAQ sur la crise actuelle des olives
Pourquoi le prix des olives augmente-t-il ?
Le prix des olives peut augmenter pour plusieurs raisons, notamment une baisse de la production due à des conditions climatiques défavorables (sécheresse, gel, vents forts) ou à l’alternance naturelle des récoltes, une augmentation de la demande mondiale, une hausse des coûts de production (intrants, main-d’œuvre), ou encore des perturbations dans la chaîne d’approvisionnement. La production espagnole en 2016, par exemple, a été affectée par ces facteurs.
Quels sont les pays les plus touchés par la baisse de production d’olives ?
L’Espagne est un producteur majeur, donc une baisse de sa production a un impact significatif. D’autres pays méditerranéens comme l’Italie, la Grèce, le Portugal, ainsi que des pays du Maghreb et du Moyen-Orient, peuvent également connaître des fluctuations de production en fonction de leurs conditions locales. La gestion de l’eau, par exemple, est un enjeu majeur pour des pays comme la Tunisie, dont le Ministère de l’Agriculture travaille à améliorer les pratiques.
Comment l’alternance de productivité de l’olivier affecte-t-elle le marché ?
L’alternance crée une volatilité dans l’offre. Les années de forte production peuvent entraîner une saturation du marché et une baisse des prix, tandis que les années de faible production peuvent provoquer des pénuries et une hausse des prix. Cela complique la planification pour les producteurs et les consommateurs, et peut impacter la stabilité des prix sur le marché mondial des olives.
Quelles sont les solutions pour les producteurs face à ces variations ?
Les solutions incluent l’adoption de techniques d’irrigation plus efficaces, la diversification des cultures, l’investissement dans des variétés d’olives plus résistantes, la transformation des olives en produits à plus forte valeur ajoutée (huile d’olive de qualité supérieure), le développement de l’agrotourisme, et la mutualisation des ressources via des coopératives. La recherche continue et l’innovation agronomique sont également essentielles.
Selon l’UPA, la production nationale moyenne en Espagne se situait à 546,53 mille tonnes entre 2009 et 2015. Ces chiffres étaient répartis comme suit : 160,9 mille tonnes de la variété Manzanilla, 32,68 de Gordal, 256,69 de Hojiblanca, 33,07 de Cacereña, 42,46 de Carrasqueña et 20,73 pour les autres variétés.




