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myrtille : fêtée pour son mois national et son centenaire, une culture sous pression.
La myrtille, ce petit fruit bleu vibrant, est à l’honneur aux États-Unis avec une double célébration en juillet : son “National Blueberry Month” et, cette année, le centenaire de son secteur de production commerciale. Cette fête annuelle, instituée depuis plus de dix ans, met en lumière la culture de la myrtille à travers de nombreuses festivités et animations, particulièrement dans les 38 États américains qui la cultivent. Sur ce total, neuf États se distinguent, représentant à eux seuls environ 98 % de la production nationale américaine, avec un peloton de tête composé de Washington, Michigan, Oregon, Géorgie et Californie.
Le centenaire de la myrtille : une révolution agricole
Cette année marque également un jalon historique : le centenaire de la première récolte commerciale de la myrtille. Avant 1916, la myrtille n’était collectée qu’à l’état sauvage. C’est grâce aux recherches approfondies d’un botaniste visionnaire qu’une plante hybride, issue du croisement de plusieurs variétés, a vu le jour, ouvrant la voie à une production significative et contrôlée. La production américaine estimée pour 2016 s’élevait à 750 millions de livres, soit environ 340 194 tonnes pour ce fruit surnommé affectueusement “Little Blue Dynamo”. Cette évolution de la culture de la myrtille a transformé un produit sauvage en une culture agricole majeure, avec des implications économiques et sociales considérables.
Le marché mondial de la myrtille a connu une expansion remarquable au cours des dernières décennies. Porté par une prise de conscience croissante des bienfaits nutritionnels de ce fruit – riche en antioxydants, vitamines et fibres – et par des campagnes marketing efficaces, le nombre de consommateurs prêts à intégrer la myrtille dans leur alimentation a explosé. Cette demande mondiale croissante met cependant une pression considérable sur les producteurs. Les cycles de production, les aléas climatiques et la concurrence internationale exigent une adaptation constante et des investissements importants pour maintenir une offre stable et de qualité. Les défis agronomiques sont nombreux pour la culture de la myrtille, notamment la gestion de l’eau, essentielle à son développement, et la maîtrise des coûts des intrants, tels que les fertilisants et les produits phytosanitaires, qui peuvent fluctuer considérablement sur les marchés internationaux. L’irrigation est particulièrement cruciale pour la myrtille, dont les besoins hydriques sont élevés, surtout durant les périodes de fructification. De plus, la sensibilité de la plante à certains parasites et maladies impose une vigilance constante et des stratégies de lutte intégrée, ajoutant une couche de complexité et de coût à la production.
La dynamique économique de la myrtille : prix coûtant versus prix de vente
La compréhension de la dynamique entre le prix coûtant et le prix de vente est fondamentale pour appréhender la viabilité économique de la culture de la myrtille. Le prix coûtant englobe l’ensemble des dépenses engagées par le producteur : coût de la terre, achat des plants, préparation du sol, irrigation, fertilisation, protection contre les ravageurs et maladies, main-d’œuvre pour la taille, la récolte et le conditionnement, ainsi que les frais de mécanisation et d’énergie. À cela s’ajoutent les coûts administratifs, financiers et les amortissements du matériel. Le prix de vente, quant à lui, est déterminé par une multitude de facteurs externes au producteur : l’offre et la demande sur les marchés nationaux et internationaux, la qualité du fruit, la saisonnalité, les coûts de transport, la marge des distributeurs et des détaillants, et les stratégies promotionnelles. Souvent, les producteurs se retrouvent dans une position de faiblesse face aux grands distributeurs, qui ont un pouvoir de négociation plus important. Cette asymétrie peut conduire à des prix de vente qui ne couvrent pas toujours intégralement le coût réel de production, fragilisant ainsi la rentabilité des exploitations de myrtille. Il est donc essentiel pour les producteurs de maîtriser leurs coûts de production au plus juste, d’innover pour améliorer leur rendement et la qualité de leurs fruits, et de chercher à diversifier leurs canaux de commercialisation pour obtenir une meilleure valorisation de leur travail. Le lien entre les producteurs et les consommateurs, comme celui initié par HortiTecNews, peut jouer un rôle dans la sensibilisation à la valeur réelle du produit.
myrtille : enjeux actuels et perspectives
La production de myrtille, bien qu’en pleine croissance, est confrontée à des défis économiques et environnementaux importants. La volatilité des prix, exacerbée par les aléas climatiques et la concurrence mondiale, rend la planification à long terme difficile pour les agriculteurs. Les coûts de production, en hausse constante, notamment pour l’eau, l’énergie et la main-d’œuvre, pèsent sur les marges. Par ailleurs, les préoccupations environnementales poussent à adopter des pratiques agricoles plus durables, ce qui peut nécessiter des investissements supplémentaires. Les accords commerciaux internationaux et les réglementations sanitaires jouent également un rôle clé dans l’accès aux marchés et dans les coûts de production. Il est important de noter que la sécurité alimentaire est une préoccupation mondiale, et des organismes comme l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture travaillent à stabiliser les marchés agricoles et à promouvoir des pratiques durables. Les producteurs de myrtille doivent sans cesse s’adapter pour rester compétitifs. Les avancées technologiques dans les méthodes de culture, d’irrigation et de récolte, ainsi que la recherche de variétés plus résistantes aux maladies et aux stress climatiques, sont des pistes prometteuses. En Tunisie, par exemple, le secteur agricole, y compris la production de fruits comme la myrtille, est supervisé par le Ministère de l’Agriculture, qui met en place des politiques visant à soutenir les producteurs et à assurer la qualité des produits nationaux.
Les alternatives pour les producteurs
Face à ces pressions, les producteurs de myrtille explorent diverses stratégies pour assurer la pérennité de leur activité. La diversification des cultures peut permettre de répartir les risques. Certains investissent dans des variétés à plus forte valeur ajoutée ou dans des produits transformés à base de myrtille (confitures, jus, extraits). L’optimisation des processus de production, par le biais de l’agriculture de précision et de la réduction des pertes, est également une voie privilégiée. Le renforcement des liens avec les consommateurs, par la vente directe ou les circuits courts, permet une meilleure valorisation du produit et une plus grande transparence. Enfin, la collaboration entre producteurs, au sein de coopératives ou d’organisations professionnelles, leur donne un poids plus important dans les négociations commerciales et facilite l’accès à l’information et aux ressources.
FAQ sur la crise actuelle
Pourquoi le prix de la myrtille augmente-t-il ?
L’augmentation du prix de la myrtille peut être attribuée à plusieurs facteurs : une demande mondiale croissante, des coûts de production en hausse (main-d’œuvre, intrants, énergie), des aléas climatiques affectant les récoltes, et des coûts de transport et de distribution qui s’accumulent tout au long de la chaîne d’approvisionnement. La volatilité des marchés internationaux joue également un rôle.
Quels sont les principaux défis pour les producteurs de myrtille ?
Les producteurs de myrtille font face à des défis variés, notamment la gestion de l’eau et des ressources naturelles, la maîtrise des coûts de production, la concurrence sur les marchés mondiaux, la nécessité d’adopter des pratiques agricoles durables, et la fluctuation des prix de vente qui peut impacter leur rentabilité.
Comment les producteurs peuvent-ils améliorer leur rentabilité ?
Pour améliorer leur rentabilité, les producteurs de myrtille peuvent diversifier leurs productions, investir dans des technologies d’optimisation, réduire les pertes, explorer des circuits de commercialisation plus courts et plus rémunérateurs, et se regrouper en organisations professionnelles pour renforcer leur pouvoir de négociation. L’innovation variétale et l’amélioration de la qualité sont aussi des leviers importants.




