
Le Maroc est parmi les pays qui seront confrontés à la rareté de l’eau à l’horizon 2020
9 May 2016
L’Espagne diversifie son secteur des agrumes
9 May 2016
Cerises : Le secteur espagnol des cerises a pris une décision ferme et solidaire en rejetant catégoriquement l’utilisation du Diméthoate, un pesticide controversé. Cette résolution ministérielle, bien que lourde de conséquences économiques pour les producteurs, témoigne d’un engagement profond envers la sécurité alimentaire et la durabilité environnementale. Comme l’explique Emilio Sánchez Serrano, porte-parole de l’association du secteur des cerises, “Le secteur a rejoint cette résolution ministérielle, en dépit du fait que le coût des traitements autorisés avec des substances actives peut être 300 pour cent plus élevé que ceux actuels.” Cette déclaration souligne la volonté du secteur de privilégier la santé des consommateurs et la protection de l’environnement, même au prix d’une augmentation significative des coûts de production. La décision intervient suite à l’identification par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) d’un risque potentiel lié à la consommation de fruits et légumes traités avec du Diméthoate. Cette mise en garde de l’EFSA a été le catalyseur d’une action concertée des différentes régions espagnoles concernées par la production de cerises.
Pressions mondiales et l’avenir des Cerises espagnoles
Le marché mondial des cerises est en constante évolution, confronté à une concurrence accrue et à des exigences réglementaires de plus en plus strictes. Les producteurs espagnols, reconnus pour la qualité et la saveur de leurs fruits, se retrouvent au cœur de ces dynamiques. La pression du marché mondial, combinée aux préoccupations croissantes des consommateurs concernant l’origine et les méthodes de production, oblige les acteurs du secteur à repenser leurs pratiques. L’interdiction du Diméthoate s’inscrit dans cette mouvance globale vers une agriculture plus respectueuse et plus sûre. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) milite depuis longtemps pour des pratiques agricoles durables, et cette décision espagnole va dans le sens des recommandations internationales. Pour les producteurs de cerises, cela signifie une adaptation nécessaire, mais aussi une opportunité de se démarquer sur le marché en proposant des produits qui répondent aux attentes les plus élevées en matière de sécurité et de qualité. L’Espagne, en particulier des régions comme la Catalogne, l’Aragon, la Navarre, l’Estrémadure et La Rioja, qui avaient initialement demandé l’autorisation de produits à base de Diméthoate, a dû revoir sa copie face aux conclusions scientifiques de l’EFSA.
Défis agronomiques et le coût réel des Cerises
Au-delà des aspects réglementaires, le secteur des cerises est confronté à des défis agronomiques constants. La culture de la cerise est particulièrement sensible aux conditions climatiques, notamment au stress hydrique, aux variations de température et aux attaques de ravageurs. Ces facteurs influencent directement la qualité et la quantité des récoltes, et par conséquent, le coût de production. L’augmentation des coûts des intrants agricoles, qu’il s’agisse des fertilisants, des matériaux de protection des cultures ou de la main-d’œuvre, pèse également lourdement sur la rentabilité. Dans ce contexte, le rejet du Diméthoate, bien que nécessaire, vient s’ajouter à la liste des contraintes économiques. Les alternatives autorisées, comme le Chlorantraniliprole et les produits à base de Spinosad, peuvent en effet être significativement plus coûteuses. L’HortiTecNews, dans ses analyses régulières, met en lumière ces complexités qui touchent l’ensemble de la filière horticole. La transition vers de nouvelles méthodes de traitement nécessite des investissements, tant en termes de produits que de formation du personnel, ce qui accentue la pression sur le prix de revient des cerises.
L’économie des Cerises : Coût de production versus Prix de vente
La dynamique entre le coût de production et le prix de vente est un équilibre délicat pour les producteurs de cerises. Historiquement, le prix des cerises a pu connaître des fluctuations importantes, influencées par l’offre et la demande, les conditions météorologiques, et la qualité de la récolte. Le rejet du Diméthoate introduit un nouveau facteur d’augmentation des coûts de production. Si l’objectif est de maintenir une marge bénéficiaire, ce surcoût devra inévitablement se répercuter sur le prix de vente. Les consommateurs, de leur côté, sont souvent sensibles aux prix, surtout pour des fruits considérés comme un plaisir gustatif. L’explication transparente des raisons de cette hausse est donc primordiale pour maintenir leur confiance. Le secteur doit trouver des moyens de communiquer efficacement sur la valeur ajoutée de ses cerises : une production plus saine, plus respectueuse de l’environnement, et de meilleure qualité gustative. Il est également crucial que les intermédiaires de la chaîne de distribution jouent le jeu et ne prélèvent pas une part disproportionnée de la valeur. Une meilleure répartition des marges est essentielle pour la viabilité à long terme du secteur.
Les alternatives pour les producteurs
Face à l’interdiction du Diméthoate et à l’augmentation des coûts, les producteurs de cerises explorent activement des alternatives pour assurer la protection de leurs cultures. L’utilisation du Chlorantraniliprole et des produits à base de Spinosad, autorisés exceptionnellement par le ministère, représente une solution immédiate. Ces substances actives visent à contrôler les ravageurs tout en présentant un profil toxicologique plus favorable que le Diméthoate. Cependant, leur coût plus élevé impose une gestion rigoureuse et une optimisation des traitements. Au-delà des solutions chimiques alternatives, l’agriculture de précision et les méthodes de lutte intégrée gagnent du terrain. Cela inclut l’utilisation de prédateurs naturels, le recours à des pièges à phéromones, l’amélioration de la santé du sol, et l’utilisation de variétés plus résistantes aux maladies et aux parasites. L’innovation technologique, telle que les drones pour la surveillance des cultures ou les systèmes d’irrigation intelligents, peut également contribuer à optimiser l’utilisation des ressources et à réduire les coûts de production. La recherche agronomique joue un rôle clé dans le développement de nouvelles stratégies durables pour la culture des cerises.
FAQ sur la crise actuelle
Pourquoi le prix de la cerise augmente-t-il ?
Le prix des cerises augmente principalement en raison de l’augmentation des coûts de production. L’interdiction de pesticides comme le Diméthoate oblige les producteurs à utiliser des alternatives plus chères. À cela s’ajoutent les coûts croissants des intrants agricoles (engrais, énergie, main-d’œuvre) et les défis liés aux conditions climatiques.
Quels sont les risques liés au Diméthoate ?
L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a identifié des risques potentiels pour la santé liés à la consommation de fruits et légumes traités avec du Diméthoate. Ces risques concernent notamment des effets neurotoxiques et des préoccupations environnementales.
Quelles sont les alternatives au Diméthoate pour les cerises ?
Les alternatives incluent des substances actives comme le Chlorantraniliprole et les produits à base de Spinosad, dont l’utilisation a été exceptionnellement autorisée. Des méthodes de lutte intégrée, l’agriculture de précision et le développement de variétés plus résistantes sont également des alternatives à explorer pour la protection des cerises.
Comment cette décision affecte-t-elle le marché des cerises ?
Cette décision renforce les exigences de qualité et de sécurité sur le marché des cerises. Elle pousse les producteurs à adopter des pratiques plus durables, ce qui peut se traduire par une augmentation des prix. Cependant, cela peut aussi valoriser les productions espagnoles auprès des consommateurs soucieux de la provenance et de la qualité de leurs fruits.




