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oasis : Un accord stratégique pour l’agriculture et le développement des oasis entre le Maroc et la Mauritanie, signé en marge du SIAM 2016, ouvre de nouvelles perspectives pour ces écosystèmes fragiles et vitaux.
L’importance stratégique des oasis dans le contexte actuel
La signature d’un accord entre le Maroc et la Mauritanie, intervenue le jeudi 28 avril 2016 lors du Salon International de l’Agriculture (SIAM) à Meknès, marque un tournant significatif pour le secteur agricole des deux nations, avec une attention particulière portée au développement et à la valorisation des oasis. Cet accord, qui couvre la production de légumes, d’arbres fruitiers et le renforcement des infrastructures de soutien, intervient dans un contexte mondial où la pression sur les ressources naturelles, notamment l’eau, s’intensifie. Les oasis, ces îlots de vie au cœur des zones arides et semi-arides, sont des écosystèmes d’une importance capitale, non seulement pour la biodiversité et le maintien des populations locales, mais aussi comme réservoirs de ressources agricoles précieuses. Leur développement est donc un enjeu majeur, tant sur le plan économique que social et environnemental.
L’accord vise à consolider la coopération bilatérale à travers plusieurs axes essentiels. Il s’agit notamment d’améliorer la qualité et la disponibilité des semences, un pilier fondamental pour l’augmentation des rendements et la résilience des cultures. La protection des sols, élément crucial pour prévenir la désertification et maintenir la fertilité, est également au cœur des préoccupations. De plus, l’intégration de nouvelles technologies dans les systèmes d’irrigation et les infrastructures dédiées à la conservation et au stockage des légumes promet d’optimiser l’utilisation de l’eau, ressource de plus en plus rare, et de réduire les pertes post-récolte. Au-delà de ces aspects pratiques, l’accord met un accent particulier sur la promotion de la recherche scientifique dédiée spécifiquement au développement des oasis. Cette dimension est essentielle pour comprendre les dynamiques complexes de ces environnements et pour élaborer des stratégies d’adaptation et de développement durables, à même de garantir leur pérennité face aux défis climatiques et socio-économiques. La signature de cet accord a été officialisée par le ministre marocain de l’Agriculture, Aziz Akhannouch, et la ministre mauritanienne de l’Agriculture, Lamina Bent Kotb Oueld Oumam, témoignant de la volonté politique affirmée des deux gouvernements.
Les défis agronomiques et économiques des oasis modernes
Le développement des oasis, bien que porteur d’espoirs, est confronté à des défis agronomiques considérables. La gestion de l’eau dans ces régions arides exige des pratiques innovantes pour lutter contre le stress hydrique. L’irrigation goutte à goutte, les techniques de récupération des eaux de pluie et l’optimisation des systèmes traditionnels comme les foggaras sont autant de solutions à explorer et à perfectionner. Par ailleurs, la salinisation des sols, souvent exacerbée par une irrigation inadéquate ou une évaporation intense, constitue une menace sérieuse pour la productivité des terres agricoles au sein des oasis. Le choix de cultures résistantes au sel et l’adoption de techniques d’amendement des sols sont donc indispensables.
Les coûts de production représentent un autre défi majeur. L’acquisition de semences de qualité, l’investissement dans des systèmes d’irrigation modernes, les intrants agricoles, ainsi que les coûts liés à la main-d’œuvre, peuvent rapidement augmenter le prix de revient des produits issus des oasis. Cette situation met les producteurs dans une position délicate face au marché. Le dilemme entre le “coût prix” et le “prix de vente” est particulièrement aigu. Le coût prix englobe toutes les dépenses engagées pour produire un bien agricole : coût des intrants (semences, engrais, pesticides), coût de la main-d’œuvre, coût de l’eau, amortissement des équipements, frais de transport, etc. Le prix de vente, quant à lui, est déterminé par les lois du marché, influencé par l’offre et la demande, la concurrence, et le pouvoir d’achat des consommateurs. Dans le cas des produits issus des oasis, le coût prix tend à être élevé en raison des contraintes spécifiques à ces environnements (accès limité à l’eau, infrastructures parfois rudimentaires, conditions climatiques extrêmes). Si le prix de vente ne parvient pas à couvrir ce coût prix, les producteurs se retrouvent en perte, ce qui peut mener à l’abandon des terres et à l’appauvrissement de ces régions. C’est pourquoi des mécanismes de soutien, tels que des subventions ciblées ou des programmes de commercialisation équitable, sont cruciaux pour assurer la viabilité économique des exploitations agricoles dans les oasis et pour encourager la recherche scientifique appliquée, comme le développe l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, pour trouver des solutions durables.
L’accord Maroc-Mauritanie et ses implications pour le développement des oasis
L’accord signé entre le Maroc et la Mauritanie est un exemple concret d’une coopération régionale visant à relever ces défis. En partageant leurs expertises et leurs ressources, les deux pays peuvent accélérer le développement de leurs oasis respectives. La collaboration en matière de sélection des semences permettra de mettre au point des variétés plus performantes, adaptées aux conditions arides et résistantes aux maladies. L’échange de bonnes pratiques en matière de gestion de l’eau et de protection des sols contribuera à une utilisation plus rationnelle et durable de ces ressources vitales. L’intégration de technologies d’irrigation et de stockage plus efficaces aura un impact direct sur la productivité et la qualité des produits agricoles, réduisant ainsi les pertes et améliorant la compétitivité des producteurs.
L’accent mis sur la recherche scientifique est particulièrement louable. Le soutien à des projets de recherche dédiés au développement des oasis permettra de mieux comprendre les mécanismes d’adaptation des plantes, d’identifier de nouvelles opportunités de culture, et de développer des approches innovantes pour la gestion des écosystèmes oasiens. Il est également important de noter l’importance de tels accords pour la sécurité alimentaire des deux pays. En renforçant leur capacité de production agricole, le Maroc et la Mauritanie peuvent réduire leur dépendance aux importations et mieux répondre aux besoins de leurs populations. L’accord renforce la synergie entre les acteurs, des instituts de recherche aux agriculteurs, en passant par les décideurs politiques, dans la lutte contre la dégradation des terres et la promotion de l’agriculture durable.
Cet accord est un pas de géant pour le développement des oasis et démontre l’importance de la collaboration internationale pour relever les défis du XXIe siècle. L’engagement commun pour améliorer la production agricole, protéger les ressources naturelles et encourager la recherche scientifique est un modèle à suivre pour d’autres régions confrontées à des problématiques similaires. Il est également essentiel que cet accord favorise l’innovation et l’adoption de pratiques agricoles durables, comme celles promues par des plateformes comme HortiTecNews, qui relaient les avancées technologiques dans le secteur.
Les alternatives pour les producteurs
Face aux pressions économiques et environnementales, les producteurs d’oasis ne sont pas démunis. Au-delà des solutions technologiques et des accords de coopération, diverses stratégies peuvent être mises en œuvre. La diversification des cultures est une voie privilégiée. En ne se limitant pas aux productions traditionnelles, les agriculteurs peuvent explorer des cultures à plus forte valeur ajoutée, telles que certaines plantes aromatiques et médicinales, ou des variétés de fruits et légumes plus résistantes et recherchées sur les marchés. L’agroforesterie, qui associe arbres et cultures annuelles, peut améliorer la fertilité des sols, retenir l’eau et diversifier les revenus. Le développement de l’agritourisme, en valorisant le patrimoine culturel et naturel des oasis, peut constituer une source de revenus supplémentaire et promouvoir les produits locaux.
La mise en place de filières de commercialisation courtes et équitables est également primordiale. En s’organisant en coopératives ou en associations, les producteurs peuvent mutualiser leurs moyens, négocier de meilleurs prix, et accéder plus facilement aux marchés. La certification de leurs produits (biologique, équitable) peut également augmenter leur valeur marchande et attirer une clientèle sensible aux enjeux de développement durable. Enfin, l’accès à la formation et à l’information est un levier essentiel pour permettre aux producteurs de s’adapter aux changements et d’adopter des pratiques innovantes. Des initiatives comme celles du Ministère de l’Agriculture en Tunisie, par exemple, qui soutient le développement des filières agricoles, montrent l’importance de l’accompagnement étatique.
FAQ sur la crise actuelle
Pourquoi le prix des produits des oasis augmente-t-il ?
Le prix des produits issus des oasis tend à augmenter en raison de plusieurs facteurs : les conditions climatiques extrêmes (sécheresse, canicule) qui réduisent les rendements, l’augmentation des coûts des intrants (eau, engrais, énergie), les défis logistiques liés à l’acheminement des produits depuis des zones souvent isolées, et la nécessité d’investir dans des technologies pour une agriculture plus résiliente. Ces éléments font grimper le coût prix, et par conséquent, le prix de vente doit refléter ces réalités pour assurer la viabilité des exploitations.
Quel est l’impact du changement climatique sur les oasis ?
Le changement climatique aggrave la rareté de l’eau, augmente la fréquence et l’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes (sécheresse, tempêtes de sable), et favorise la salinisation des sols. Ces conditions rendent la vie et l’agriculture dans les oasis de plus en plus difficiles, menaçant leur écosystème fragile et le mode de vie de leurs habitants.
Comment l’accord Maroc-Mauritanie peut-il aider les producteurs d’oasis ?
L’accord vise à améliorer les techniques de production, la qualité des semences, la gestion de l’eau, et le stockage des produits. En favorisant la recherche et le partage d’expertise, il permet aux producteurs d’avoir accès à des solutions plus efficaces et durables pour faire face aux défis, et potentiellement d’augmenter leurs revenus grâce à une meilleure productivité et une meilleure qualité des produits.
Quelles sont les cultures les plus adaptées au développement des oasis ?
Outre les palmiers dattiers, les cultures les plus adaptées sont celles qui résistent à la sécheresse et à la salinité, comme certains arbres fruitiers (grenadiers, figuiers, oliviers), des légumes résistants, des plantes aromatiques et médicinales. L’innovation dans la sélection de variétés adaptées est également clé.




