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tomates : Une production record au Maroc et en Turquie sous l’effet de températures clémentes, mais quels impacts sur le marché européen ? Un rapport récent de l’observatoire des prix et des marchés du ministère de l’Agriculture, de la pêche et du développement rural du gouvernement de l’Andalousie met en lumière une augmentation significative de la production de tomates dans deux pays clés de l’approvisionnement européen : le Maroc et la Turquie. Cette hausse est directement attribuée aux conditions météorologiques favorables, avec des températures avoisinant les 24 à 25 degrés Celsius dans les zones de production.
L’impact des températures sur la production de tomates
Ces températures élevées, idéales pour la culture de la tomate, ont non seulement accéléré le rythme de production mais ont également stimulé les exportations vers l’Union européenne. La Turquie dirige une part importante de sa production vers des marchés comme la Roumanie et la Pologne. Parallèlement, le Maroc a vu ses exportations s’intensifier, avec un volume de 7 815 tonnes exportées la semaine dernière, principalement vers la France, qui sert de principal point d’entrée vers le vaste marché européen. Cette performance témoigne de la capacité de ces pays à ajuster leur offre en fonction des conditions climatiques et des demandes du marché international. Il est important de noter que les cultures d’hiver aux Pays-Bas et en Belgique sont toujours en phase de production, tandis que les cultures d’été commencent tout juste à arriver sur le marché, créant un flux continu de tomates sur les étals européens.
Le Poivron, un cas d’étude similaire
Le phénomène ne se limite pas aux tomates. La production de poivrons en Andalousie, notamment le type Californie, connaît également des bouleversements. La campagne de production est dans sa phase finale, et la qualité du poivron californien est jugée faible. Les températures anormalement chaudes ont en effet accéléré le cycle de production et anticipé la fin de nombreuses plantations. Les produits exportés ont ainsi atteint les marchés cibles avec une qualité médiocre, entraînant dans de nombreux cas une renégociation à la baisse des prix initialement convenus avec les clients. Bien que le poivron californien rouge d’Espagne ait dominé le marché allemand, il a été suivi de loin par des produits provenant des Pays-Bas, du Maroc et de la Turquie, soulignant une compétition accrue et une sensibilité accrue aux facteurs externes.
Pressions mondiales sur le marché des tomates
La situation actuelle met en évidence la pression concurrentielle croissante sur le marché mondial des tomates. La Turquie et le Maroc, grâce à leurs conditions climatiques souvent plus favorables et à des coûts de production potentiellement plus bas, sont devenus des acteurs majeurs. Cette augmentation de la production dans ces pays peut avoir un double effet : d’une part, elle peut contribuer à stabiliser les prix pour les consommateurs en Europe, et d’autre part, elle peut mettre une pression considérable sur les producteurs européens, notamment ceux des pays du nord, qui font face à des coûts de production plus élevés (énergie, main-d’œuvre, réglementation). L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) souligne régulièrement l’importance de la diversification des sources d’approvisionnement, mais aussi les défis liés à la volatilité des marchés agricoles.
Les défis agronomiques et économiques pour les producteurs de tomates
Au-delà des facteurs climatiques immédiats, la production de tomates est confrontée à des défis agronomiques et économiques persistants. L’irrigation, cruciale pour obtenir des fruits de qualité, représente une part importante des coûts, surtout dans les régions où l’eau se fait rare. Les coûts des intrants, tels que les engrais, les semences et les produits phytosanitaires, ont connu une inflation notable ces dernières années. Ces éléments, combinés à la pression exercée par la concurrence internationale, rendent la gestion du “coût de revient” versus le “prix de vente” particulièrement délicate. Les producteurs doivent constamment optimiser leurs pratiques culturales pour maintenir leur compétitivité. La recherche de variétés plus résistantes aux maladies et aux stress environnementaux, ainsi que l’adoption de techniques d’irrigation économes en eau, sont des pistes explorées pour relever ces défis.
Comprendre la dynamique Coût de revient vs Prix de vente
La relation entre le coût de revient d’une production de tomates et son prix de vente est au cœur de la viabilité économique des exploitations agricoles. Le coût de revient englobe toutes les dépenses engagées : semences, terreau, fertilisants, eau, énergie pour le chauffage des serres (si applicable), main-d’œuvre, emballage, transport, et amortissement du matériel. En période de forte production, comme c’est le cas actuellement avec l’abondance de tomates marocaines et turques, l’offre sur le marché augmente considérablement. Selon la loi de l’offre et de la demande, une offre excédentaire tend à faire baisser les prix de vente. Si les prix de vente tombent en dessous du coût de revient, les producteurs se retrouvent en perte. C’est le défi majeur pour de nombreux agriculteurs, qui doivent alors soit réduire leurs coûts par des optimisations, soit trouver des marchés de niche offrant de meilleurs prix, soit, dans le pire des cas, cesser leur activité. Les exportations massives de pays bénéficiant de conditions plus avantageuses accentuent cette pression sur les prix.
Les alternatives pour les producteurs
Face à ces pressions, les producteurs cherchent diverses stratégies pour assurer la pérennité de leurs exploitations. L’investissement dans des technologies innovantes, telles que l’agriculture de précision, l’hydroponie ou l’aquaponie, peut permettre d’optimiser l’utilisation des ressources et d’améliorer le rendement. La diversification vers des variétés de tomates à plus forte valeur ajoutée (tomates anciennes, tomates cerises de spécialité, tomates bio) peut également permettre de cibler une clientèle prête à payer un prix supérieur. Le développement de circuits courts, la vente directe à la ferme ou la contractualisation avec des distributeurs privilégiant les produits locaux sont d’autres voies explorées. La collaboration entre producteurs, par le biais de coopératives, peut également renforcer leur pouvoir de négociation face aux acheteurs et aux distributeurs, comme le souligne HortiTecNews dans ses analyses.
FAQ sur la crise actuelle
Pourquoi le prix de la tomate augmente-t-il ?
Actuellement, le prix de la tomate peut être influencé par plusieurs facteurs. Si la production augmente temporairement grâce à des conditions climatiques favorables au Maroc et en Turquie, cela peut entraîner une offre abondante qui tend à faire baisser les prix. Cependant, des facteurs tels que la hausse des coûts de production (énergie, engrais), des problèmes climatiques affectant d’autres régions, ou des perturbations dans la chaîne d’approvisionnement peuvent à l’inverse provoquer une augmentation des prix pour le consommateur. Les fluctuations sont donc complexes.
Quels sont les principaux pays exportateurs de tomates vers l’Europe ?
Les principaux pays exportateurs de tomates vers l’Europe incluent traditionnellement l’Espagne, l’Italie, les Pays-Bas, la Turquie et le Maroc. Ces pays bénéficient de conditions climatiques variées et de leurs propres défis de production qui influencent leur capacité à approvisionner le marché européen.
Comment la météo affecte-t-elle la production de tomates ?
La météo joue un rôle crucial. Des températures trop basses peuvent ralentir la croissance et la floraison, tandis que des températures trop élevées peuvent brûler les fleurs, affecter la nouaison (formation des fruits) et réduire la qualité des fruits. Des pluies excessives peuvent favoriser le développement de maladies fongiques. Inversement, des températures stables et idéales, comme celles observées au Maroc et en Turquie, stimulent une production rapide et abondante.
Qu’est-ce que le “coût de revient” d’une tomate ?
Le coût de revient d’une tomate représente l’ensemble des dépenses nécessaires pour la produire, la récolter, la conditionner et la transporter jusqu’au point de vente. Il inclut les semences, les intrants agricoles, l’eau, l’énergie, la main-d’œuvre, l’emballage, et les frais de logistique. Le prix de vente doit être supérieur au coût de revient pour que le producteur réalise un profit.




