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tomate : l’Union Européenne face à une réduction notable de ses importations en 2015, la concurrence entre le Maroc, les Pays-Bas et l’Espagne redessine le paysage du marché. En 2015, l’Union européenne (UE) a enregistré une diminution significative de ses achats de tomate par rapport à l’année précédente, une tendance qui mérite une analyse approfondie des acteurs majeurs de ce marché dynamique. Les données fournies par le service statistique Euroestacom (ICEX-Eurostat), relayées par le site espagnol Hortoinfo, révèlent une baisse de 91,66 millions de kilos, soit une réduction de 3,1 pour cent des volumes importés. Au total, les États membres de l’UE ont acquis 2807,91 millions de kilos de tomate, représentant une valeur marchande de 3552,32 millions d’euros, pour un prix moyen au kilo s’établissant à 1,14 euro.
Analyse comparative des principaux fournisseurs de tomate pour l’UE
Trois pays se distinguent particulièrement par leur contribution aux importations de tomate de l’UE, cumulant à eux seuls 70,61 pour cent du total : les Pays-Bas, l’Espagne et le Maroc. La Hollande s’affirme comme le leader incontesté avec la vente de 951,98 millions de kilos de tomate. L’Espagne suit de près avec 711,51 millions de kilos, tandis que le Maroc complète ce trio de tête avec 382,78 millions de kilos. Ces chiffres soulignent l’importance stratégique de ces nations dans l’approvisionnement du marché européen. En termes de pourcentage, les ventes néerlandaises représentent 32,85 pour cent des importations totales, celles de l’Espagne 24,55 pour cent, et le Maroc contribue à hauteur de 13,21 pour cent du volume global de tomate acquis par les États membres de l’UE. Cette domination des trois principaux fournisseurs crée un environnement concurrentiel intense, où les variations de production, de coûts et de politiques commerciales ont un impact direct sur les prix et les volumes échangés.
Derrière ce trio, la France se positionne en quatrième place avec 177,15 millions de kilos (6,11 % des importations), suivie de près par la Belgique avec 172,45 millions de kilos vendus aux pays de l’UE (5,95 %). Ces données mettent en lumière la concentration des approvisionnements, mais aussi l’existence de marchés secondaires importants pour certains États membres, qui jouent un rôle d’éclaireurs ou de concurrents sur des niches spécifiques.
Pression sur le marché mondial de la tomate : Défis et stratégies
La réduction des importations de tomate par l’UE en 2015 ne s’inscrit pas dans un vide. Elle reflète une pression croissante sur le marché mondial, influencée par une multitude de facteurs, allant des aléas climatiques aux coûts de production en augmentation constante. Les producteurs, qu’ils soient situés au Maroc, en Espagne ou aux Pays-Bas, sont confrontés à des défis agronomiques majeurs. Le stress hydrique, exacerbé par des conditions climatiques parfois extrêmes, nécessite des investissements dans des systèmes d’irrigation plus efficaces et des techniques culturales économes en eau. Parallèlement, l’augmentation des coûts des intrants, tels que les engrais, les pesticides, l’énergie pour le chauffage des serres (particulièrement crucial aux Pays-Bas) et la main-d’œuvre, pèse lourdement sur la rentabilité. Ces éléments conjugués créent une dynamique complexe où le prix de revient de la tomate tend à grimper, rendant les marges de bénéfice plus fragiles.
Dans ce contexte, la recherche de solutions innovantes devient primordiale. L’adoption de variétés plus résistantes aux maladies et au stress climatique, l’optimisation de la fertilisation grâce à la nutrition de précision, et le développement de méthodes de lutte biologique contre les ravageurs sont autant de pistes explorées par les agronomes et les producteurs. La mécanisation des tâches les plus pénibles et la digitalisation des exploitations (agriculture de précision) visent également à améliorer l’efficience et à réduire les coûts opérationnels. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) joue un rôle clé dans la diffusion des bonnes pratiques et le soutien à la recherche de solutions durables pour l’agriculture mondiale.
Le dilemme entre coût de production et prix de vente
La relation entre le coût de production et le prix de vente de la tomate est au cœur des préoccupations des agriculteurs. Les chiffres de 2015, avec un prix moyen de 1,14 euro par kilo, peuvent masquer des réalités très différentes selon les origines. Aux Pays-Bas, où la production est largement sous serre et technologiquement avancée, les coûts fixes et variables sont élevés. L’Espagne, bénéficiant d’un climat plus clément et de coûts de main-d’œuvre potentiellement inférieurs, peut proposer des prix plus compétitifs, mais reste soumise aux aléas climatiques et à la disponibilité de l’eau. Le Maroc, avec des coûts de production encore plus bas, dispose d’un avantage comparatif certain, mais doit composer avec des défis logistiques et des normes sanitaires et phytosanitaires parfois plus strictes pour accéder au marché européen.
La volatilité des prix sur le marché européen, influencée par l’offre et la demande, mais aussi par les fluctuations des taux de change et les accords commerciaux, rend la planification des récoltes et des investissements particulièrement délicate. Un agriculteur doit constamment jongler entre le désir de maximiser ses profits et la nécessité de rester compétitif face à ses concurrents internationaux. Cette dynamique oblige à une gestion rigoureuse des coûts, à une optimisation des rendements et à une recherche constante de débouchés rémunérateurs. Des acteurs comme HortiTecNews fournissent des informations précieuses sur ces enjeux économiques et technologiques.
Perspectives pour l’avenir du marché de la tomate
L’évolution du marché de la tomate dépendra de nombreux facteurs. Les politiques agricoles de l’UE, les accords commerciaux bilatéraux, l’impact du changement climatique et les avancées technologiques dans le domaine de l’horticulture seront déterminants. Les pays comme la Tunisie, par exemple, qui cherchent à renforcer leur position sur le marché européen des fruits et légumes, doivent investir dans la modernisation de leurs infrastructures et l’amélioration de la qualité de leurs produits pour rivaliser avec les acteurs historiques. Le ministère de l’Agriculture tunisien travaille à l’élaboration de stratégies pour soutenir ses producteurs.
FAQ sur la crise actuelle de la tomate
- Pourquoi le prix de la tomate augmente-t-il ? L’augmentation du prix de la tomate est généralement due à une combinaison de facteurs tels que la hausse des coûts de production (énergie, engrais, main-d’œuvre), les conditions climatiques défavorables affectant les récoltes, une offre réduite face à une demande soutenue, et parfois des tensions géopolitiques ou des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement.
- Quels sont les principaux pays exportateurs de tomate vers l’UE ? Les principaux pays exportateurs de tomate vers l’UE sont traditionnellement les Pays-Bas, l’Espagne et le Maroc.
- Comment le Maroc se positionne-t-il face à l’Espagne et aux Pays-Bas sur le marché de la tomate ? Le Maroc bénéficie souvent de coûts de production plus bas, mais doit relever des défis en matière de logistique et de respect des normes de qualité et sanitaires européennes pour rester compétitif.
- L’Union Européenne produit-elle suffisamment de tomates pour sa consommation ? Bien que l’UE soit un producteur important de tomates, elle dépend significativement des importations pour répondre à la demande de ses consommateurs tout au long de l’année, notamment pour certaines variétés ou en dehors de la saison de production locale.




