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Les lauréats des écoles de l’agriculture expriment leur profonde indignation face aux récentes décisions de l’Office National de Sécurité Sanitaire des Produits Alimentaires (ONSSA) concernant l’organisation d’un concours de recrutement. Cette initiative, qui devait normalement offrir des opportunités professionnelles aux jeunes diplômés, se retrouve au centre d’une vive polémique, soulevant des questions cruciales sur l’équité, la transparence et l’adéquation des critères de sélection avec les réalités du marché du travail agricole. L’association marocaine des lauréats des écoles de l’agriculture a d’ailleurs publié un communiqué sans équivoque, détaillant ses griefs et appelant à une révision immédiate des conditions imposées.
Au cœur de la discorde se trouve l’annonce par l’ONSSA d’un concours visant à recruter 33 cadres, 64 techniciens et 3 adjoints techniques. Si la création de ces postes est une nouvelle positive en soi, ce sont les modalités de sélection qui ont suscité la colère des lauréats. Pour la première fois, l’ONSSA a opté pour un système de sélection basé sur une note minimale de 14/20. Un seuil qui, selon l’association des lauréats, exclut d’emblée une proportion significative de diplômés, les privant ainsi d’une chance équitable de démontrer leurs compétences et leur potentiel.
La Controverse des Critères de Sélection : un Décalage entre Formation et Emploi pour les Lauréats
L’association des lauréats dénonce une contradiction flagrante entre les programmes dispensés au sein des institutions d’enseignement et de formation agricole et les exigences posées par les organismes étatiques comme l’ONSSA. La note moyenne obtenue lors du cursus universitaire, bien qu’indicative d’un parcours académique, ne saurait, de l’avis des concernés, refléter fidèlement l’ensemble des compétences acquises par les candidats. L’argument avancé est que les épreuves écrites et orales constituent traditionnellement les meilleurs garants de l’égalité des chances, permettant d’évaluer les connaissances pratiques, la capacité d’analyse et les aptitudes professionnelles de chaque postulant, indépendamment de la seule performance académique. En privilégiant la note de diplôme, l’ONSSA semble s’écarter de ce principe fondamental, créant une barrière artificielle pour de nombreux lauréats méritants.
De plus, la structure du concours a également été critiquée. L’absence totale de postes dédiés aux techniciens du quatrième grade, alors même qu’ils ont suivi des formations dans des spécialités identiques à celles des autres grades, est perçue comme une discrimination injustifiée. Cette situation soulève des interrogations sur la pertinence de la catégorisation des postes et sur la prise en compte des différentes filières de formation au sein des écoles d’agriculture. Il est essentiel que les concours reflètent la diversité des parcours et des compétences développées par les lauréats.
L’ampleur du problème est d’autant plus préoccupante que le nombre de postes offerts par l’ONSSA contraste vivement avec le flux annuel de nouveaux diplômés. L’association regrette le nombre très limité de postes et de concours organisés chaque année, alors que plus de 4000 lauréats sortent chaque année des écoles d’agriculture, prêts à intégrer le marché du travail. Ce déséquilibre crée une pression considérable sur les jeunes diplômés et soulève des interrogations sur la capacité du secteur agricole à absorber cette main-d’œuvre qualifiée. La frustration est palpable parmi les lauréats qui voient leurs efforts académiques ne pas se traduire par des opportunités professionnelles concrètes.
Face à cette situation, le communiqué de l’association s’est adressé directement au ministre de l’Agriculture et de la Pêche Maritime, sollicitant une intervention pour la rectification des critères de sélection et des grades visés par le concours. Il est impératif d’instaurer un dialogue constructif entre les représentants des lauréats, l’ONSSA et le ministère pour trouver des solutions qui garantissent l’équité et la transparence dans le recrutement des cadres agricoles. L’objectif est de s’assurer que les lauréats les plus compétents et les plus motivés puissent accéder aux postes qui correspondent à leurs qualifications.
En réponse à ces critiques, le responsable des ressources humaines de l’ONSSA a justifié la démarche de l’office en se basant sur les instructions du Premier ministre relatives à l’organisation des concours dans le secteur public. Selon lui, ces concours visent à recruter les « meilleurs candidats » méritant ces postes. Bien que cette explication tente de rassurer, elle n’apaise pas la colère des lauréats, qui estiment que le système de sélection actuel ne permet pas de véritablement identifier les “meilleurs” candidats, mais plutôt ceux qui correspondent à des critères potentiellement restrictifs.
Contexte Élargi et Enjeux pour les Lauréats de l’Agriculture
La situation vécue par les lauréats des écoles d’agriculture au Maroc n’est pas isolée. À l’échelle mondiale, le secteur agricole fait face à des défis de taille qui impactent directement les perspectives professionnelles des jeunes diplômés. La pression croissante sur les marchés mondiaux, les fluctuations des prix des intrants agricoles (engrais, semences, carburant), et les conséquences du changement climatique (stress hydrique, événements météorologiques extrêmes) exigent des professionnels agricoles hautement qualifiés, capables d’innover et de s’adapter. Dans ce contexte, il est paradoxal de voir des critères de sélection qui semblent freiner l’accès des lauréats les plus aptes à ces postes cruciaux. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) souligne régulièrement l’importance d’investir dans la formation et le recrutement de jeunes talents pour relever ces défis globaux.
Les défis agronomiques actuels, tels que la gestion optimisée des ressources en eau dans un contexte de stress hydrique croissant, ou encore la maîtrise des coûts de production face à la volatilité des prix des intrants, demandent une expertise pointue. Les lauréats sortant des écoles d’agriculture sont censés être à la pointe de ces connaissances et des innovations techniques. La sélection de ces professionnels doit donc impérativement privilégier les compétences et les aptitudes à résoudre ces problèmes complexes, plutôt que de se fier uniquement à des indicateurs académiques potentiellement limitants.
La dynamique entre le “coût prix” et le “prix de vente” est également un enjeu central. Les producteurs agricoles doivent naviguer dans un environnement où les coûts de production augmentent (liés aux intrants, à l’énergie, à la main-d’œuvre), tandis que les prix de vente des produits agricoles peuvent être soumis à des pressions du marché, à des intermédiaires et à une demande fluctuante. Les lauréats recrutés par des organismes comme l’ONSSA ont un rôle à jouer pour aider les agriculteurs à optimiser leur rentabilité, à améliorer leurs pratiques et à mieux négocier leurs produits. Un processus de recrutement qui exclut une partie des compétences disponibles va à l’encontre de cet objectif de renforcement du secteur.
Quel Avenir pour les Lauréats ?
Face à cette situation, l’espoir réside dans un dialogue ouvert et une volonté de réforme. Les lauréats des écoles d’agriculture représentent une force vive pour l’avenir du secteur, et leur frustration ne doit pas être ignorée. Des plateformes comme HortiTecNews mettent en lumière les innovations et les enjeux du secteur, soulignant ainsi l’importance de disposer de professionnels qualifiés pour porter ces avancées. L’adaptation des critères de sélection est une étape nécessaire pour garantir que les compétences et le potentiel des jeunes diplômés soient pleinement valorisés, contribuant ainsi au développement durable et à la compétitivité du secteur agricole.
FAQ sur la Crise Actuelle des Lauréats
Pourquoi le concours de l’ONSSA suscite-t-il la colère des lauréats ?
Le concours de l’ONSSA est critiqué par les lauréats des écoles d’agriculture en raison des critères de sélection jugés trop restrictifs, notamment la note minimale de 14/20, qui exclut un grand nombre de diplômés. L’absence de postes dédiés à certains grades et le nombre limité de postes par rapport au nombre de diplômés annuels sont également des motifs de mécontentement.
En quoi la note de diplôme pose-t-elle problème selon les lauréats ?
Les lauréats estiment que la note moyenne du diplôme ne reflète pas toujours l’ensemble de leurs compétences, y compris les aptitudes pratiques et professionnelles. Ils préféreraient que des épreuves écrites et orales soient privilégiées, car elles garantissent, selon eux, une meilleure égalité des chances.
Quel est l’impact du nombre limité de postes sur les lauréats ?
Avec plus de 4000 lauréats sortant chaque année des écoles d’agriculture et un nombre très restreint de postes offerts par les concours, la compétition est accrue et le taux de chômage ou de sous-emploi parmi les jeunes diplômés est une préoccupation majeure.
Quelles sont les attentes des lauréats vis-à-vis du ministère de l’Agriculture ?
Les lauréats attendent du ministère de l’Agriculture qu’il intervienne pour rectifier les critères de sélection du concours de l’ONSSA et revoir la répartition des grades afin de garantir une plus grande équité et d’ouvrir davantage de perspectives professionnelles.
Pourquoi est-il important de recruter les “meilleurs” lauréats ?
Le secteur agricole est confronté à des défis complexes (changement climatique, gestion des ressources, optimisation des coûts). Recruter les meilleurs lauréats, dotés de compétences solides et d’une capacité d’innovation, est essentiel pour relever ces défis et assurer la pérennité et la compétitivité du secteur.




