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tomates : le Maroc sous pression sur ses exportations vers l’Union Européenne, une situation qui redessine les flux commerciaux et impacte les prix.
Selon les données émanant de l’observatoire des prix et des marchés du ministère de l’Agriculture, de la pêche et du développement rural de l’Andalousie, le Maroc a atteint, voire dépassé, ses contingents d’exportation pour les tomates destinées au marché de l’Union Européenne (UE) durant le mois de décembre. Ce constat met en lumière une pression accrue sur les marchés internationaux et soulève des interrogations quant à l’avenir de l’approvisionnement européen en produits frais en provenance du Royaume.
L’épuisement des quotas de tomates marocaines et ses implications
En décembre, le Maroc a expédié un volume significatif de 39,521 millions de kilos de tomates vers l’UE, représentant ainsi 91 % du contingent mensuel alloué. Pour mémoire, le quota disponible pour ce même mois s’élevait à 43,5 millions de kilos. Cette performance témoigne de la forte demande pour les produits agricoles marocains sur le continent européen. L’accord commercial entre le Maroc et l’UE, qui régit ces échanges, impose des limites quantitatives pour protéger la production des États membres. L’atteinte de ces plafonds peut avoir des répercussions importantes, tant pour les exportateurs marocains que pour les distributeurs et consommateurs européens.
La situation s’est intensifiée au fil des semaines. Sur la période englobant les semaines 52 et 53 de 2015, ainsi que la première semaine de 2016, le volume de tomates marocaines exportées vers l’UE a atteint 28,49 millions de kilos. Ce chiffre accuse une diminution notable de 22 % par rapport à la même période de l’année précédente. Cette baisse, bien que concernant des volumes spécifiques, peut être interprétée comme un signal des tensions qui s’exercent sur la capacité d’approvisionnement, potentiellement due à des aléas climatiques, une augmentation des coûts de production ou une réorientation des exportations vers d’autres marchés.
Concurrence accrue et défis pour les producteurs de tomates
Le marché européen des tomates est particulièrement compétitif. Les producteurs marocains, forts de leurs conditions climatiques favorables et d’une main-d’œuvre souvent plus abordable, ont su s’imposer comme un fournisseur majeur. Cependant, cette position est constamment mise à l’épreuve par les réglementations européennes, les fluctuations des taux de change, mais aussi par la concurrence d’autres pays exportateurs, notamment de la région méditerranéenne. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) souligne régulièrement les défis liés à la sécurité alimentaire mondiale et à la volatilité des marchés agricoles. Les producteurs doivent naviguer dans un environnement complexe, où la gestion des coûts de production, la qualité des produits et le respect des normes sanitaires et environnementales sont primordiaux.
Les alternatives pour les producteurs
Face à l’épuisement des quotas d’exportation vers l’UE et à la pression sur les prix, les producteurs de tomates marocains explorent diverses stratégies. Certains diversifient leurs cultures, se tournant vers d’autres fruits et légumes moins soumis à des quotas restrictifs ou dont la demande est plus stable. D’autres cherchent à valoriser leurs produits sur le marché intérieur ou à développer des marchés d’exportation alternatifs, notamment en Afrique ou au Moyen-Orient. L’innovation technologique dans l’agriculture, comme l’utilisation de serres modernes pour optimiser l’usage de l’eau et de l’énergie, ou le recours à des variétés plus résistantes, est également une piste explorée pour améliorer la rentabilité et la durabilité des exploitations.
Les défis agronomiques sont également à prendre en compte. La gestion de la ressource en eau, particulièrement critique dans les régions arides et semi-arides du Maroc, représente un enjeu majeur. L’augmentation des coûts des intrants, tels que les engrais, les semences et l’énergie, pèse également sur la marge des producteurs. La recherche de solutions pour réduire la dépendance aux énergies fossiles et optimiser l’utilisation des engrais, potentiellement par des méthodes d’agriculture biologique ou raisonnée, devient ainsi une nécessité pour assurer la viabilité à long terme de la filière.
Le cas des courgettes : une dynamique différente
Il est intéressant de noter que la situation n’est pas uniforme pour tous les produits agricoles marocains exportés vers l’UE. Concernant les courgettes, les chiffres pour les semaines 52, 53 de 2015 et la semaine 1 de 2016 révèlent une dynamique différente. Le contingent de courgettes marocaines exportées vers l’UE a atteint 6,8 millions de kilos. Ce volume représente quasiment le double de celui enregistré durant la même période l’année précédente, où seulement 3,543 millions de kilos avaient été exportés. Cette croissance significative pour les courgettes suggère une demande forte et une capacité d’offre bien supérieure aux quotas initiaux, ou un changement dans la manière dont les contingents sont répartis et gérés.
Comprendre la dynamique des prix : Coût de production vs Prix de vente
La question du prix des tomates est au cœur des préoccupations. La dynamique entre le coût de production et le prix de vente est cruciale pour la rentabilité des agriculteurs. Le coût de production englobe toutes les dépenses nécessaires à la culture : achat de semences, préparation des sols, engrais, eau, énergie, main-d’œuvre, traitements phytosanitaires, emballage, et transport. Dans un contexte de hausse des coûts énergétiques et des intrants, ce coût a tendance à augmenter. À l’inverse, le prix de vente est déterminé par l’offre et la demande sur les marchés. Lorsque l’offre est abondante (ce qui est souvent le cas avec une production marocaine forte), les prix peuvent baisser. Cependant, lorsque l’offre est limitée, que ce soit par des problèmes climatiques, des quotas d’exportation, ou des difficultés logistiques, les prix tendent à s’élever.
L’épuisement rapide des quotas d’exportation vers l’UE, comme observé pour les tomates marocaines, crée une pression à la hausse sur les prix sur le marché européen, car les fournisseurs doivent composer avec des volumes restreints et une demande soutenue. Les intermédiaires et les distributeurs peuvent également jouer un rôle dans la formation des prix finaux, ajoutant leurs marges à chaque étape de la chaîne d’approvisionnement. Pour les producteurs, trouver un équilibre entre la maîtrise des coûts et l’obtention d’un prix de vente rémunérateur reste un défi constant. HortiTecNews suit de près ces évolutions pour offrir des analyses éclairées aux professionnels du secteur.
FAQ sur la crise actuelle des tomates
Pourquoi le prix de la tomate augmente-t-il ?
Le prix de la tomate peut augmenter pour plusieurs raisons : une offre réduite due à des conditions climatiques défavorables, des quotas d’exportation limités qui restreignent la quantité disponible sur un marché, une augmentation des coûts de production (énergie, engrais, main-d’œuvre), une demande accrue, ou encore des perturbations dans la chaîne d’approvisionnement et la logistique. L’épuisement des quotas d’exportation marocains vers l’UE est un facteur direct contribuant à cette hausse sur le marché européen.
Le Maroc est-il le seul fournisseur de tomates pour l’Europe ?
Non, le Maroc est l’un des principaux fournisseurs de tomates pour l’Europe, mais il n’est pas le seul. D’autres pays comme l’Espagne, les Pays-Bas, et dans une moindre mesure d’autres pays du bassin méditerranéen, contribuent également à l’approvisionnement du marché européen. La concurrence entre ces fournisseurs influence les prix et les volumes disponibles.
Que se passe-t-il lorsque les quotas d’exportation sont épuisés ?
Lorsque les quotas d’exportation sont épuisés, les produits agricoles d’un pays donné ne peuvent plus être exportés vers la zone concernée (ici, l’UE) sans payer des droits de douane plus élevés, s’ils ne sont pas suspendus. Cela peut rendre les produits moins compétitifs en termes de prix, ou limiter considérablement les volumes exportables. Les exportateurs peuvent alors se tourner vers d’autres marchés ou attendre la réouverture de nouveaux contingents.
Pour des informations plus générales sur l’agriculture et l’alimentation dans le monde, vous pouvez consulter les ressources de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture.




