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prix : La tomate européenne en surabondance entraîne une dégringolade des prix, impactant significativement le marché et les producteurs. L’arrivée de nouveaux acteurs sur un marché déjà saturé, couplée à une surproduction saisonnière lors des périodes de “changement d’origine”, a créé une pression inédite sur les tarifs, forçant les opérateurs à s’adapter à une réalité économique complexe.
Le contexte actuel : une offre excédentaire qui pèse sur les prix de la tomate
La déclaration de Philippe Puech de la société Idyl, mettant en lumière la présence de “nouveaux intervenants qui ne comprennent pas encore l’équilibre fragile de ce secteur”, souligne une problématique majeure : l’impréparation face à un marché déstabilisé. La saturation actuelle n’est pas une fatalité conjoncturelle, mais plutôt la conséquence directe d’une surproduction massive lors des périodes clés de transition d’approvisionnement, souvent appelées “changement d’origine”. Ces périodes, où les sources d’approvisionnement changent pour des raisons climatiques ou saisonnières, voient une accumulation de volumes sur le marché. Lorsque cette accumulation dépasse la demande, les conséquences sur les prix sont immédiates et souvent drastiques.
“Les prix sont très bas à l’heure actuelle, sauf pour les produits de haute qualité qui permettent une légère différenciation de la concurrence”, constate Philippe Puech. Cette observation met en évidence une tendance claire : seule une proposition de valeur distincte, axée sur la qualité supérieure, peut encore prétendre à des marges acceptables. Dans ce contexte, l’Espagne se positionne comme le principal concurrent, avec une production locale abondante et des importations qui contribuent à maintenir les prix à un niveau historiquement bas pour la saison en cours, qui a débuté en octobre et s’étendra jusqu’à la mi-mai.
Idyl, filiale du groupe Puech, est un acteur majeur de la production de tomates au Maroc depuis quatre décennies. Fort de 250 hectares dédiés à cette culture et de partenariats solides avec des exportateurs marocains, le groupe écoule une part importante de sa production en Europe. La société s’est spécialisée dans les tomates rondes, un segment très demandé, mais diversifie également son offre avec des variétés comme les tomates cerises et les tomates grappes, cherchant ainsi à répondre aux attentes variées du marché et à se démarquer de la concurrence frontale sur les produits standards. Cependant, même avec cette stratégie de diversification, la pression sur les prix reste une réalité incontournable.
Les défis agronomiques et le poids des coûts de production sur les prix
Au-delà des dynamiques de marché et de l’offre excédentaire, les producteurs de tomates font face à des défis agronomiques de plus en plus complexes. La gestion de l’eau, ressource essentielle et de plus en plus précieuse, représente un enjeu majeur. Les techniques d’irrigation, bien qu’optimisées, restent gourmandes en eau, et les périodes de stress hydrique accentuent la nécessité d’une gestion rigoureuse pour maintenir la qualité et le rendement. Parallèlement, les coûts des intrants ne cessent d’augmenter. Les engrais, les produits phytosanitaires, mais aussi l’énergie nécessaire au fonctionnement des serres et à la conservation des produits, pèsent lourdement sur la structure des coûts des exploitations. L’augmentation des prix des matières premières agricoles et des coûts de l’énergie se répercute directement sur le coût de production de la tomate, rendant encore plus difficile la marge bénéficiaire lorsque les prix de vente s’effondrent.
La recherche constante de variétés plus résistantes aux maladies et aux conditions climatiques extrêmes, tout en garantissant une qualité gustative et une bonne tenue, mobilisent les efforts des sélectionneurs et des agronomes. Ces innovations sont cruciales pour maintenir la compétitivité et s’adapter à un environnement de plus en plus contraignant. La maîtrise de ces facteurs agronomiques est donc indissociable d’une stratégie visant à maintenir une certaine rentabilité face à la volatilité des prix.
Comprendre la dynamique : Coût de Production vs. Prix de Vente
La relation entre le coût de production et le prix de vente est au cœur des préoccupations de tout agriculteur. Le coût de production englobe toutes les dépenses engagées pour cultiver la tomate : achat de semences, fertilisation, irrigation, protection contre les ravageurs et maladies, main-d’œuvre, énergie, amortissement du matériel et des infrastructures, ainsi que les coûts de récolte, de conditionnement et de transport. C’est la somme de ces éléments qui détermine le coût unitaire de la tomate produite. Le prix de vente, quant à lui, est fixé par le marché, influencé par l’offre, la demande, la concurrence, et la qualité du produit.
Dans une situation d’offre excédentaire, le prix de vente peut chuter en dessous du coût de production. C’est ce qu’on appelle vendre à perte. Dans ce scénario, les producteurs sont confrontés à un dilemme : continuer à produire et vendre à perte, accumulant ainsi des dettes, ou arrêter la production, ce qui peut avoir des conséquences sociales et économiques importantes, notamment en termes d’emplois. La marge bénéficiaire est la différence entre le prix de vente et le coût de production. Lorsque cette marge devient négative ou trop faible, la viabilité de l’exploitation est compromise. C’est pourquoi la recherche de différenciation, l’optimisation des coûts et l’accès à des marchés rémunérateurs sont essentiels pour les producteurs. Pour en savoir plus sur les enjeux de l’alimentation mondiale et les structures qui les régissent, consulter l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture peut apporter un éclairage précieux sur les mécanismes globaux impactant les prix.
Les alternatives pour les producteurs face à la chute des prix
Face à cette conjoncture difficile, les producteurs cherchent activement des solutions pour améliorer leur rentabilité. La diversification des cultures est une stratégie clé. Investir dans d’autres productions, moins sensibles aux mêmes cycles de surproduction ou bénéficiant de débouchés plus stables, peut permettre d’équilibrer les revenus. Le développement de circuits courts, la vente directe aux consommateurs, les marchés de producteurs, ou encore la transformation des produits (confitures, coulis, jus de tomate) peuvent offrir des marges plus intéressantes en supprimant certains intermédiaires. L’innovation variétale, comme mentionné précédemment, joue également un rôle, en favorisant des variétés plus résistantes, plus savoureuses ou possédant des caractéristiques spécifiques recherchées par les consommateurs ou les transformateurs.
La mise en place de contrats de partenariat avec des distributeurs ou des transformateurs, garantissant des prix d’achat sur une durée déterminée, peut offrir une sécurité supplémentaire. L’optimisation des processus de production, grâce à l’adoption de technologies innovantes et durables, permet également de réduire les coûts. Pour des informations spécifiques à certains marchés, il est pertinent de consulter les ministères de l’agriculture des pays concernés. Par exemple, pour la Tunisie, des informations sont disponibles via le Ministère de l’Agriculture. Pour des perspectives sur le secteur, des plateformes spécialisées comme HortiTecNews fournissent des analyses et des actualités pertinentes.
FAQ sur la crise actuelle des prix de la tomate
Pourquoi le prix de la tomate a-t-il chuté si bas ?
La chute des prix est principalement due à une surproduction massive sur le marché européen, exacerbée par l’arrivée de nouveaux acteurs et la concentration des offres lors des périodes de “changement d’origine”. L’offre dépasse ainsi largement la demande, entraînant une pression à la baisse sur les tarifs.
Quels types de tomates sont les moins touchés par cette baisse de prix ?
Les produits de haute qualité, qui se différencient par leur saveur, leur aspect ou leur mode de production, parviennent à maintenir des prix plus élevés. Les variétés moins courantes ou à forte valeur ajoutée, comme certaines tomates anciennes ou biologiques, peuvent également mieux résister à la chute générale des prix.
Comment les producteurs peuvent-ils se protéger de cette volatilité des prix ?
Les stratégies incluent la diversification des cultures, le développement de circuits de commercialisation alternatifs (vente directe, circuits courts), la transformation des produits, la recherche de contrats à long terme avec des acheteurs, et l’optimisation des coûts de production grâce à l’innovation et aux bonnes pratiques agronomiques.
Quel est l’impact de l’Espagne sur le marché européen de la tomate ?
L’Espagne est l’un des principaux concurrents sur le marché européen. Sa production importante et sa capacité d’exportation contribuent significativement à l’offre globale, influençant ainsi les prix pratiqués sur le continent.




